Publié par Jean-Patrick Grumberg le 27 mai 2020

Le laboratoire de Wuhan a été autorisé par Michel Barnier en 2004 (1) – malgré les avertissements des services de renseignement français selon lesquels la mauvaise réputation de la Chine en matière de biosécurité pourrait entraîner une fuite catastrophique.

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La construction du laboratoire chinois de Wuhan à l’origine de la pandémie de coronavirus a été approuvée par Michel Barnier, malgré les avertissements des services de renseignement français.

M. Barnier était le ministre français des Affaires étrangères lorsqu’il a donné le feu vert au lancement des travaux de l’Institut de virologie de Wuhan en 2004, dans le cadre d’un accord commun avec les Chinois.

Cette décision a été prise malgré la forte opposition des conseillers diplomatiques et de sécurité français, qui ont fait valoir que la réputation de la Chine en matière de biosécurité pouvait conduire à une fuite catastrophique.

Ils ont également averti que Paris pourrait perdre le contrôle du projet, et ont même suggéré que Pékin pourrait exploiter la technologie pour fabriquer des armes de guerre biologique.

  • Onze ans plus tard, alors que le laboratoire s’apprêtait à ouvrir, les architectes français du projet se sont plaints d’avoir été, comme ils le craignaient, évincés par le gouvernement communiste chinois.
  • Dans le cadre de l’accord, jusqu’à 50 scientifiques français devaient se rendre à Wuhan pour aider les Chinois à gérer correctement le laboratoire – mais ils n’y sont jamais allés.
  • Selon Le Figaro, un diplomate connaissant bien l’affaire a déclaré :

« Nous connaissions les risques encourus et pensions que les Chinois contrôleraient tout et nous éjecteraient rapidement du projet.

La question de la biosécurité était une importante source d’inquiétude au sein des agences, y compris la DGSE », a déclaré la source.

https://www.dailymail.co.uk/news/article-8351113/Wuhan-virus-lab-signed-Michel-Barnier-2004-despite-French-intelligence-warnings.html

Une source des services de sécurité impliqués dans l’affaire à l’époque a déclaré : « Les laboratoires chinois n’inspiraient pas beaucoup de confiance, mais le gouvernement avait ses propres raisons de progresser dans ce domaine ».

Le rôle de M. Barnier dans la création de l’institut de Wuhan a été révélé dans le cadre d’une enquête menée par le Mail on Sunday (2) sur les connexions françaises au laboratoire.

Jacques Chirac, le président français à l’époque de l’accord, a insisté pour que l’institut de Wuhan soit créé après l’épidémie de SRAS de 2003, qui a touché 26 pays et a entraîné plus de 8 000 cas et 774 décès. M. Chirac, ainsi que son premier ministre pro-Pékin Jean-Pierre Raffarin, ont promis des fonds et une expertise française en échange d’une part des droits d’auteur sur les découvertes du laboratoire.

Le laboratoire de Wuhan, une bombe atomique bactériologique

Selon un rapport publié dans Le Figaro (3), des institutions telles que la Direction générale de la sécurité extérieure, l’équivalent français du MI6, ont exprimé à plusieurs reprises leurs préoccupations quant à l’absence de contrôle international sur les laboratoires chinois et aux problèmes de « transparence ».

  • Une source a déclaré au journal : « Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’un laboratoire P4 [de haute sécurité biologique] est comme une usine de retraitement nucléaire. C’est une bombe atomique bactériologique. »
  • Les responsables de la sécurité nationale redoutent que le P4 puisse se transformer en arsenal biologique.
  • Des experts français s’inquiètent, comme le rappelle l’un des acteurs de l’époque, «de la difficulté d’apprentissage» des Chinois, de leur «opacité» et des «résistances» qu’ils opposent au projet de coopération bilatérale voulu par les Français.
  • D’autres font valoir que contrairement aux sites nucléaires ou chimiques, il n’existe pas de contrôle international pour ce type de matériel sanitaire sensible. Hors les virus qui sont testés sont extrêmement dangereux – les combinaisons, les sas de décontamination, etc. doivent être suivis à la lettre.

Nous pensions qu’en fournissant cette technologie de pointe à un pays dont le programme énergétique est sans fin, nous risquions d’exposer la France en retour, dit une source, alors que les hommes politiques ont arbitré en faveur du projet, contre l’avis des spécialistes.

Les craintes des services de renseignement français ont été confirmées

En 2015, la Chine a mis en œuvre une nouvelle politique de technologies « à double usage », qui permettait à ses forces armées d’utiliser n’importe quelle technologie civile à des fins militaires. C’était la fin.

L’institut de Wuhan est devenu opérationnel en janvier 2018, et a coïncidé avec la visite à Pékin de l’actuel président français Emmanuel Macron et de M. Raffarin, qui a été nommé « envoyé spécial en Chine ».

«Les choses ont beaucoup traîné mais Paris a fini par donner son feu vert. À l’époque, nous étions engagés dans d’autres projets avec les Chinois, comme un centre de retraitement de déchets radioactifs, des contrats de vente d’Airbus. Contrairement aux États-Unis, la France, qui n’est qu’une puissance moyenne, n’a pas les moyens d’arrêter un projet car elle ne peut assumer les rétorsions économiques qui s’en suivraient», affirme un spécialiste.

Il poursuit: «Nous sommes vulnérables. Les Chinois cherchent à s’approprier notre technologie. Et nous allons parfois plus loin que nous le devrions de peur d’être victime d’un chantage».

Les autorités, poursuit un diplomate, «ont pêché par innocence. Elles ont cru qu’on pouvait faire confiance aux Chinois».

Le dossier, ajoute-t-il, «a toujours été compliqué. On se donnait des assurances sur le papier mais on n’était pas sûrs de pouvoir les faire respecter».

https://www.lefigaro.fr/international/comment-le-laboratoire-p4-de-wuhan-exporte-par-la-france-a-echappe-a-tout-controle-20200420

Conclusion

Les Chinois sont sans doute coupables dans cette affaire. Mais le gouvernement Chirac a une part de responsabilité très importante : il a tranché en faveur du projet contre l’avis des spécialistes et des services de sécurité nationale.

Contrairement au «contrat» qui avait été passé entre Paris et Pékin, les Chinois de Wuhan travaillaient désormais sans le contrôle des chercheurs français. Ainsi, rapporte Le Figaro citant un article publié dans les médias d’Etat chinois le 16 février,

« Des chercheurs jetaient les matériaux de laboratoire dans les égouts, après expérimentation et sans leur avoir fait subir le traitement spécifique destiné aux rejets biologiques.

Un certain nombre de chercheurs, pour arrondir leurs fins de mois, vendaient des animaux de laboratoire ayant subi des expérimentations sur les marchés de Wuhan.

https://www.lefigaro.fr/international/comment-le-laboratoire-p4-de-wuhan-exporte-par-la-france-a-echappe-a-tout-controle-20200420

En janvier 2018, des membres de l’ambassade américaine à Pékin, après avoir visité le laboratoire de Wuhan, ont tiré la sonnette d’alarme et alerté l’Administration américaine sur l’insuffisance des mesures de sécurité.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. https://www.franceculture.fr/sciences/le-laboratoire-p4-de-wuhan-une-histoire-francaise
  2. https://www.dailymail.co.uk/news/article-8351113/Wuhan-virus-lab-signed-Michel-Barnier-2004-despite-French-intelligence-warnings.html
  3. https://www.lefigaro.fr/international/comment-le-laboratoire-p4-de-wuhan-exporte-par-la-france-a-echappe-a-tout-controle-20200420

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