Publié par Gaia - Dreuz le 27 mai 2020

Source : Leparisien

Interpellé ce mardi matin à Limoges par la DGSI, Aurélien C, ancien militaire de 36 ans et ancien gilet jaune, est soupçonné d’un projet d’action violente contre la communauté juive. Il a été repéré sur les réseaux sociaux.

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Sa page Facebook donne un aperçu frappant des idées extrémistes qu’il partage. On y trouve pêle-mêle une photo de profil représentant un oeil surmonté du symbole des « escadrons de la mort », un portrait du terroriste survivaliste américain Timothy McVeigh, des écrits du scientifique racialiste William Luther Pierce, défenseur du « white power » ou encore… la traduction française du manifeste de Brenton Tarrant, l’auteur de l’attentat contre des mosquées à Christchurch (Nouvelle-Zélande) en mars 2019.

Selon des sources proches de l’enquête, Aurélien C., 36 ans, a été interpellé ce mardi matin à son domicile de Limoges (Haute-Vienne) par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Les enquêteurs soupçonnent cet ancien militaire reconverti dans la sécurité privée d’avoir projeté une action violente contre la communauté juive. Mais l’enquête doit encore établir si ce projet était abouti ou non.

Ce sont les écrits inquiétants postés par Aurélien C. sur les réseaux sociaux qui ont alerté le renseignement intérieur. Acquis aux thèses de l’ultra-droite, profondément antisémite et islamophobe, le suspect y glorifie les tueries de masse et s’identifie à Brenton Tarrant ou encore à Anders Breivik, le terroriste norvégien. Ce « suprémaciste » à l’américaine tient des discours sur « Le grand remplacement », une théorie complotiste et xénophobe selon laquelle un prétendu projet viserait à remplacer les populations européennes par les populations maghrébines.

Des recherches sur les réouvertures des lieux de culte

Mais ce sont surtout ses recherches sur Internet et repérages virtuels sur des synagogues de Limoges et des établissements de la communauté juive qui ont inquiété les agents. L’homme se serait intéressé notamment aux réouvertures des lieux de culte d’après le confinement. Il tenait par ailleurs des propos de plus en plus violents. Le 12 mai, le parquet national antiterroriste (Pnat) ouvre une enquête pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Lors de la perquisition à son domicile ce mardi, les enquêteurs ont saisi des engins incendiaires de type mortiers.

Né à Limoges en 1983, cet homme décrit comme solitaire et isolé y a passé toute sa jeunesse avant de s’engager en 2003 dans le 2e régiment de hussards, une unité de cavalerie de l’armée française. Trois ans plus tard, il démissionne puis devient agent de sécurité.

Selon nos informations, Aurélien C. avait été condamné à cinq mois de prison en décembre 2018 par le tribunal correctionnel de Limoges pour « détention d’armes sans autorisation », peine confirmée en appel en juin 2019.

Ancien gilet jaune

Les faits ont été commis pendant les manifestations des Gilets jaunes, mouvement auquel il appartenait. Une fois encore, l’ancien militaire s’était fait repérer par la police judiciaire alors qu’il tenait des propos belliqueux sur les réseaux sociaux et faisait part de son envie de monter manifester à Paris. « Vos monuments juifs et franc-maçons, on va les dégommer (sic), écrivait-il alors sur Facebook, ne cachant pas sa volonté de « tuer la République ». Lors de la perquisition à son domicile, les policiers avaient découvert deux armes à feu et des munitions.

« C’est un pauvre bougre, mal dans sa peau, qui a cru trouver un sens à sa vie à travers le mouvement des Gilets jaunes, nous confie l’une de ses connaissances. Il était très virulent sur la Toile, sans se rendre vraiment compte de la portée que cela pouvait avoir. Il avait été poursuivi pour organisations d’attroupement armé mais relaxé. Avant, il n’avait pas de casier judiciaire. Ses parents sont des gens qui n’ont jamais fait parler d’eux et étaient abasourdis ». Au tribunal, Aurélien C. avait lui même déclaré, selon le compte-rendu du journal Le Populaire du Centre : « Cette histoire de Gilets jaunes me monte à la tête. Sur les réseaux sociaux, je m’emporte. Entre ce que je dis et ce que je fais, il y a des années-lumière ».

Les enquêteurs de la DGSI, justement, disposent de 96 heures de garde à vue afin de faire le tri entre ce qui relève des écrits exaltés et des intentions terroristes réelles.

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