Publié par Abbé Alain Arbez le 30 mai 2020

« Que le nom de Jésus soit votre salutation, nous vous souhaitons tout le bien possible, et que le Saint Esprit soit votre ultime récompense ! » Nicolas de Flue a atteint l’âge de cinquante ans lorsqu’il décide de prendre des distances avec sa vie familiale pour se consacrer à la méditation et à la prière. Le lecteur passionné des Saintes Ecritures qu’il est a peut-être trouvé sa manière de rejoindre la vocation d’Abraham : Abraham ! quitte ton pays, ta famille, et va vers l’avenir que je te ferai découvrir…

Se séparer de sa famille implique des conséquences. Avec Jésus, quitter les liens familiaux, c’est aller vers l’inconnu, mais c’est aussi – s’il s’agit d’un choix spirituellement mûri – entrer dans une nouvelle famille, celle des artisans de paix annonciateurs du Royaume de Dieu. Rappelons cette réplique cinglante de Jésus lorsque des proches parents viennent parmi la foule exiger qu’il se présente à eux ; il leur dit : « qui est ma mère, mes frères, mes sœurs ? ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique ! »

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Qui est Nicolas ?

C’est dans cet esprit que Nicolas de Flue fait des choix de vie surprenants à une époque troublée de l’histoire suisse. Né en 1417, à Sachseln, Nicolas est un paysan ne sachant ni lire ni écrire, mais d’une intelligence et d’un sens des réalités extraordinaires. Instruction et intelligence ne sont pas forcément synonymes. Marié et père de 10 enfants, originaire d’Obwald, il est élu conseiller et juge en raison de ses qualités de discernement et de son charisme pour la conciliation. Autour de lui, la situation de l’époque est très mouvementée, la guerre civile est sur le point d’éclater, la société et l’Eglise sont minées par la corruption, et c’est pourquoi toute sa recherche personnelle de l’essentiel s’organise autour du désir d’unir et de réconcilier.

Pour Nicolas, Dieu est la paix, mais la réalisation de la paix commence en chaque être humain. C’est son message au Conseil bernois : « la paix est pleinement en Dieu, car Dieu est la paix ! ». On peut constater qu’il prend très au sérieux l’appel de Jésus à être artisan de paix et il va donc vouer le reste de ses jours à la réalisation concrète de ce projet. Quittant sa famille avec l’accord de sa femme Dorothée et de ses enfants, Nicolas se retire en ermite, après des visions mystiques, comme celle où il voit l’effondrement de toute une région comme conséquence des injustices et des dévoiements des hommes de son temps. Il vit dans la prière, avec pour seul abri sa cabane du Ranft, dans le détachement des biens terrestres, mais avec une écoute attentive de l’actualité. Nicolas dit qu’il offre en oraison tout ce qui lui est rapporté de la vie du monde, et ce qu’il reçoit intérieurement de la prière, il le redonne à ceux qui viennent à lui. C’est ainsi que Nicolas est très consulté, y compris par des personnages importants qui l’apprécient pour sa droiture et sa sagesse.

En 1481, après la victoire sur la Bourgogne, les cantons suisses n’arrivent pas à se mettre d’accord ; et à cause de cette faiblesse, les länder allemands se préparent activement à les envahir pour les annexer. Nicolas, frère Klaus, intervient en médiateur en prodiguant des conseils de sagesse. Le conflit interne se désamorce parmi les confédérés, et face à ce renforcement, la guerre n’éclate pas. A cette annonce d’un accord de paix historique à Stans, la joie est immense et les cloches de tout le pays se font entendre à travers les vallées et les montagnes comme une jubilation. Nicolas l’exprime lui-même en disant : « la sagesse est le plus aimable des biens, car elle permet de tout entreprendre pour améliorer le cours des choses… » Et il ajoute : « Il n’y a pas de paix sans justice. La paix est en Dieu, c’est un don. Soyez dans une écoute active les uns envers les autres ».

En ce 15ème siècle, Nicolas a vécu juste avant le mouvement de la Réforme. Mais ses idées coïncident avec le désir de ramener la vie de l’Eglise à l’essentiel, dans une période d’affaiblissement de la foi et de pratiques corrompues. Ainsi certains de ses biographes sont des réformés, qui se retrouveront dans le témoignage de Nicolas mettant Dieu au centre de toutes réalités humaines. Zwingli, curé de Zürich, une fois passé à la Réforme le cite en exemple. Et en 1947, lors de sa canonisation, le théologien protestant Karl Barth affirme : « le frère Nicolas demeure également notre saint ! ».

Le rayonnement de Nicolas de Flue a vraiment forgé l’esprit d’unité et de paix au sein d’un pays helvétique composé de régions et de cultures différentes. Le pape Jean Paul II l’a bien mis en valeur lors de son pèlerinage au Ranft : « Frère Nicolas a donné des conseils à ses concitoyens :  ne cherchez pas à repousser trop loin vos frontières, et pas d’ingérence dans les affaires des étrangers… »

Le pape insistait alors sur les principes éthiques toujours agissants pour la société suisse, par exemple savoir tendre une main secourable, et être, partout où c’est possible, médiateurs et facilitateurs de paix.  Saint Nicolas de Flue, selon Federer, était « trop grand pour être seulement un Suisse. Il appartient au monde entier ! »

En effet sur les 5 continents, il y a aujourd’hui des centaines d’églises et d’écoles qui se sont mises sous son patronage afin de diffuser sa vision des relations humaines enracinées dans la paix de Dieu.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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