Publié par Mireille Vallette le 2 juin 2020

Offrir de multiples formations aux enseignants des mosquées, leur faire place dans les institutions profanes, ignorer leur conservatisme, telles sont quelques-unes des orientations du CSIS.

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Un dossier fait le point.

C’est une réalité probablement unique en Europe: la plus grande opération d’islamisation de Suisse est financée par les pouvoirs publics. Elle est conduite par le Centre suisse islam et société (CSIS) situé à l’université de Fribourg et spécialisé dans les formations continues.

J’ai voulu mieux connaitre les pratiques de ce centre. Je me suis plongée dans ses activités et professions de foi. J’ai réalisé à partir de ces lectures un dossier illustré que je vous invite à consulter et que nous distribuons largement. L’arme du savoir aide à résister… si tant est qu’on ait envie de savoir.

Le CSIS propose au personnel des mosquées des formations qui les rendent plus efficaces dans leur transmission religieuse. Une étude du Centre de 2016 synthétise les formations que ces bénévoles souhaitent. Entre autres:

«…communication institutionnelle et médiatique, cours de pédagogie, de didactique des langues ou de l’enseignement religieux, gestion de conflits ou management associatif…»

Le CSIS s’est mis à l’œuvre sans attendre. Le personnel des mosquées étant parait-il démuni, ces formations sont gratuites pour lui.

Le Centre collabore étroitement avec ces associations islamiques (appelées aussi mosquées ou centres) qu’il porte aux nues. Il ne voit en leur sein aucun signe de radicalisme. Il ne dit pas un mot de l’empreinte inquiétante et maintes fois démontrée des wahhabites, de l’islam turc (dont il décrit complaisamment les formations), et surtout des Frères musulmans qui sont présents et invités dans tant de ces associations. Pas un mot non plus des pratiques sexistes de la plupart d’entre elles.

Les médias, Saïda Keller Messahli, « Qatar Papers » et mon dernier livre font d’éloquentes démonstrations du caractère wahhabites ou frériste ou de très nombreuse mosquées, notamment les plus importantes des cantons de Neuchâtel, Fribourg, Vaud et Genève.

Est-ce le rôle de l’Etat laïque, qui subventionne déjà -avec les cantons- d’innombrables ressources d’intégration, de financer des formations spécifiques aux croyants musulmans telles que l’apprentissage de l’arabe, la sexualité en islam ou l’enseignement de la religion islamique? D’aller jusqu’à souhaiter la professionnalisation des «travailleurs sociaux» de ces mosquées qui pourraient alors rejoindre le secteur public?

Le CSIS justifie toutes ses initiatives par deux mots magiques prévention de la radicalisation et intégration. Les religions chrétienne ou juive ne présentant aucun danger, il ne vient à l’idée de personne de les rétribuer. Au contraire, elles sont sanctionnées: il est interdit de citer spécifiquement l’islam dans la prévention de la radicalisation. Les autres religions, les «idéologies» font partie de ce qu’on appelle désormais «l’extrémisme violent».
En revanche, de formidables bénéfices dus au terrorisme, comme le démontre brillamment Alexandre del Valle dans «La stratégie de l’intimidation», sont offerts aux musulmans. Tout ce qui accroît leur bien-être est censé être un rempart contre la radicalisation. C’est pourquoi le CSIS et les services publics en général financent tant de prestations.

Dans les synthèses des 26 ateliers qu’il a organisés –les «CSIS Papers»-, les musulmans en formation sont régulièrement invités à creuser la «perspective théologique» des sujets traités. Des versets et des hadiths sont fréquemment cités. Le Centre s’adresse à des croyants et pratiquants.

Le CSIS, qui a créé un enseignement d’islam à l’université, ne cache pas qu’il cherche à faire essaimer dans tous les secteurs et institutions profanes fréquentés par un nombre respectable de musulmans, ses «experts» bien formés. Ils y porteront selon leur bon plaisir leur religion en étendard… dont pour les femmes le foulard. Parallèlement, le CSIS explique par des séminaires aux professionnels (policiers, travailleurs sociaux, enseignants, etc.) ce qu’il faut accepter de l’islam.

L’aumônerie en point de mire

Le Centre cherche toutes sortes de financements publics pour rendre plus efficaces ces imams, enseignants, animatrices pour enfants et pour femmes, etc. dans la transmission de leur religion. Par exemple en les engageant comme intervenants dans ses formations (ne sont-ils pas les meilleurs spécialistes de leurs mœurs et convictions?) ou en travaillant à leur concocter le statut extraordinairement prometteur d’aumônier -ou d’aumônière- dans les institutions publiques. Les cantons sont invités à créer ces emplois… Un rêve pour tous ces adeptes d’Allah qui rêvent de consacrer leur vie à l’islam.

L’aumônerie concerne les prisons et les hôpitaux, mais aussi «les centres fédéraux de requérants d’asile (…) les établissements médico-sociaux, les centres d’animation socioculturelle pour les adolescents et jeunes adultes, ainsi que les écoles.»

Le Centre partage le plus petit dénominateur commun des mouvements intégristes et extrémistes d’Occident: la promotion des exigences divines telles que le foulard dans l’administration, l’économie et les écoles, le burkini, le halal, les prières dans l’entreprise, etc. Le colloque 2020 traitera de «l’islam en classe».

Le CSIS est tout étonné de l’aversion que ces exigences suscitent dans la population:

«(…) chaque thème en rapport avec le domaine de la «visibilité» a tendance à être vu comme un problème: minaret, voile à l’école, voile intégral, mais aussi enseignement de la natation à l’école ou refus de poignée de mains entre hommes et femmes.»

Dans cette affolante conjoncture où terrorisme, persécution des chrétiens, augmentation du littéralime, persistance de législations islamiques discriminantes, formation de quartiers islamisés en Europe, émeutes et embuscades, le CSIS attribue à ses fidèles le seul statut qu’ils apprécient: victime. Plus les actes odieux commis au nom de l’islam se multiplient, plus les musulmans sont priés -et ils ne s’en font pas prier!- de s’en considérer comme les principales victimes. Et plus ils sont nombreux à détester leur pays d’accueil et l’Occident. Cette hostilité, voire cette paranoïa, se répand dans l’ensemble de la population musulmane, croyante ou non. Le CSIS et ses nombreux partenaires y contribuent.

Critiquer ces mœurs bigotes et les textes qui les légitiment, s’élever contre cette visibilité qui désécularise notre société, voir dans les textes «saints» certaines inspirations du terrorisme et en tout cas des inégalités régnant dans tous les pays musulmans, c’est être porteurs de vils préjugés. Et le Centre fait de la lutte contre ces préjugés l’un de ses objectifs majeurs.

Hansjörg Schmid, directeur du CSIS, ne manque pas une occasion dans les médias de défendre ses protégés et d’appeler à financer ses activités. (Il reçoit déjà la manne d’un nombre impressionnant de services publics). Il s’exprime par exemple dans La Liberté du 11 février 2020 à propos de l’affaire Abu Ramadan, un imam aux prêches venimeux: si les communautés engagent des imams haineux, c’est qu’elles «manquent de ressources»«Il faudrait plutôt motiver les imams à se former et soutenir le financement des formations continues.»

Le CSIS regrette que la parole soit trop souvent donnée à Saïda Keller-Messahli et à son «Forum pour un islam progressiste», et pas assez aux grandes faitières musulmanes… qui elles n’ont hélas pas grand-chose de progressiste.

Les imams «médiateurs» ou «bâtisseurs de ponts», de même que les autres membres du personnel des mosquées se révèlent en fait très conservateurs. J’en relève de nombreux exemples dans mon dossier, tirés des productions du CSIS. Celui-ci est lui-même très conservateur à l’occasion, comme lorsqu’il explique comment le droit suisse peut être utilisé pour défavoriser une fille dans l’héritage. Je soulève aussi quelques paradoxes et pose des questions qui dans une démocratie devraient logiquement être débattues par le politique.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Mireille Vallette pour Dreuz.info.

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