Publié par Gilles William Goldnadel le 3 juin 2020

L’avocat et chroniqueur s’inquiète des violences aux États-Unis suite à la mort de George Floyd, qui sont le signe selon lui d’une intensification des tensions inter-ethniques en Amérique.

Commençons par le commencement: la mort de George Floyd constitue une inexcusable abomination. Les images diffusées à l’infini de sa souffrance sont insupportables. Le passé violent autant qu’impuni du policier autorise, sans certitude légale absolue, à ne pas exclure la circonstance aggravante de racisme dans le cadre d’une faute pénale qui devra être sanctionnée avec une extrême sévérité.

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Ayant écrit ce qui relève presque de la banalité, il me faut à présent passer à ce que je n’ai vu écrit nulle part ou presque et qui relève malheureusement, dans ce contexte idéologique névrotique, d’une forme de témérité. La police américaine est violente, à l’image de la société américaine.

La célèbre et courageuse journaliste afro-américaine Candace Owens rappelait il y a quelques jours que 55 % de blancs mouraient sous les coups des policiers contre 27 % de noirs.

En 2018, 2925 noirs étaient tués et 2600 de leurs meurtriers étaient noirs.

Au regard de répartition proportionnelle des populations, le compte équitable n’y est pas, mais il relativise la polémique.

Encore faut-il évidemment ajouter qu’il arrive tout de même que les policiers américains se trouvent en légitime défense…

Et puisque nous en sommes au chapitre de la comptabilité morbide et raciale, la même journaliste révélait le 9 mai qu’en 2018, 2925 noirs étaient tués et que 2600 de leurs meurtriers étaient noirs. Mme Owens précisait également que «les hommes noirs tuaient deux fois plus les blancs que les hommes blancs tuaient des noirs».

Puisqu’on doit apparemment sombrer dans ce racialisme permanent et obsessionnel, pourquoi donc les chiffres que je viens de livrer relèveraient-il de l’indicible?

Avançons donc plus avant dans ce système pervers et sélectif, et souvenons-nous par exemple de la mort de Tony Timpa. Comme le pauvre George Floyd, il a été étouffé à mort par des flics très rigolards en dépit de ses supplications: «Vous êtes en train de me tuer». Exactement la même abomination. Mais dans ce dernier cas, ni violences, ni pillages. Ni foule médiatique déchaînée. C’est que Tony était blanc.

Beaucoup ici en France auraient aimé faire porter le chapeau à Donald Trump

Il faut également évoquer cet anti-trumpisme primaire qui fait que dans les premières heures du chaos, beaucoup ici en France auraient aimé lui faire porter le chapeau. Difficile quand on sait que l’appareil d’État du Minnesota est démocrate et que le mouvement Black Lives Matters est une réaction à la violence policière déplorée sous Obama.

Puis-je également, sans offenser le courant médiatique principal, faire observer que les mêmes, il y a quelques jours, taxaient d’extrême-droitistes dangereux ceux qui, en Amérique, au nom de la liberté, refusaient tout confinement? À croire que le virus, malin mais compatissant, respecterait une sainte trêve en permettant les rassemblements en nombre.

La même licence aura été accordée aux milliers d’étrangers sans papiers qui ont défilé sans entraves samedi dans les rues de Paris dans un silence médiatique impeccable.

Ainsi , en France, lorsque des Français sont massacrés par centaines par le fanatisme ou le racisme, parfois antisémite, de l’islamisme, s’ensuivent des marches blanches forcément «dignes et silencieuses».

À quoi sert une généralisation abusive sauf à déclencher la guerre des races ?

Point de colères noires avec violences et pillages obligatoires. Je voudrais enfin écrire les lignes qui viennent pour faire réfléchir.

Je n’aurais pas la stupidité de vouloir ignorer, au-delà de sa violence, un courant raciste dans la police américaine. Mais à quoi sert une généralisation abusive sauf à déclencher la guerre des races?

Ici en France, par un mimétisme stupide, une artiste a évoqué les massacres que la police française commettrait à raison de la couleur de peau. Si on se regarde les choses rationnellement, imagine-t-on la réaction encolérée de certains policiers français qui, pour ne pas être racistes, ne sont pas tous des pianistes distingués? Sartre, dans ses Réflexions sur la question juive, a écrit des lignes pénétrantes sur la propension de l’être injustement caricaturé à vouloir parfois ressembler à sa caricature.

Le racialisme pervers gagne chaque jour un peu plus, par mimétisme, la société française. Montre-moi de quelle couleur de peau tu es, et je te dirai si je te hais. La différence raciale devient obsessionnelle. Et le racisme, très équitablement partagé sur la planète, serait pourtant la propriété monopolistique du blanc. Déjà, sur la radio d’État, la racialisation devient un outil d’investigation journalistique.

C’est ainsi que le 27 mai, le rédacteur en chef numérique de France Inter écrivait tranquillement: «Nous avons demandé à neuf personnes racisées de réagir aux propos de Camélia Jordana». Et à la suite, les photos et réactions de neuf personnes noires ou maghrébines.

Je voudrais , pour conclure, écrire que je ne me fais aucune illusion sur la portée d’un raisonnement qui s’adresse à la raison. Le racialisme sélectif s’adresse aux bas instincts alimentés par cette rage idéologique que suit la foule médiatique déchaînée avec un plaisir hystérique. La race est de retour, via l’antiracisme sélectif gauchisant qui est au XXIe siècle ce que le racisme droitisant était au XIXe siècle. La guerre des races est avancée.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

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