Publié par Abbé Alain Arbez le 26 juin 2020

Cette manière de nommer la Vierge Marie, mère de Jésus, a une histoire : elle est apparue au Moyen-Age, autour du XIème s. C’est un tournant spirituel et culturel, indiquant une posture nouvelle des hommes envers les femmes : l’« amour courtois ». La « Dame » n’est pas seulement la figure féminine idéalisée par les chevaliers, elle est l’avènement d’une respectabilité féminine pour enrayer les mœurs brutales. « Dame » vient de « domina », équivalent féminin de « dominus ». On y décèle une recherche d’équité, car contrairement aux préjugés, la culture de cette époque fut extrêmement créatrice. La Vierge mère du Christ est aussi représentée avec un immense manteau de compassion qui protège les fidèles. On retrouve ainsi à cette époque troublée la quête du Graal, mais aussi la vénération de Marie présentée comme apaisante au milieu des vicissitudes, avec une attention empreinte d’affection maternelle. « Nostre Dame Saincte Marie qui fontaine est de cortoysie… »

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A partir du Moyen Age commence une époque où des cathédrales dédiées à Notre Dame sont édifiées, sur un ou deux siècles, et avec un génie créatif que la modernité peut envier. Les sculptures, les fresques et surtout les vitraux mettent en lumière les scènes bibliques essentielles tirées de l’ancien et du nouveau testaments.

En lien direct avec la promotion de l’amour courtois, la vénération de Notre Dame a été, en Occident judéo-chrétien, le marqueur de changements civilisationnels considérables. Le Moyen Age a été déconsidéré par la pensée de gauche, on l’a chargé de toutes les tares, mais des recherches objectives sur ces périodes extraordinaires ont mis en lumière ses réalisations, grâce à des écrivains et historiens comme Régine Pernoud et Jacques Heers et bien d’autres.

A l’heure où nos sociétés voient leurs valeurs sombrer, les cathédrales restent en tant que chefs-d’œuvre le signal de jalons historiques fondateurs. Notre Dame de Paris, incendiée de manière suspecte, en est un des témoins majeurs à préserver absolument.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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