Publié par Jean-Patrick Grumberg le 28 juin 2020

Il est rare que l’ONU fasse ce pourquoi elle a été créée, et il faut mentionner cette déclaration assez extraordinaire de 50 experts indépendants* des Nations unies (1). Il faut aussi mentionner que les médias ont été plus que discrets et n’en ont pas beaucoup parlé.

S’adressant aux dirigeants communistes, « Les experts de l’ONU appellent la communauté internationale à agir collectivement et résolument pour que la Chine respecte les droits de l’homme et se conforme à ses obligations internationales ».

Silence média, pourquoi ?

Le 26 juin, dans un silence assourdissant des principaux médias mondiaux et des agences de presse, les experts de l’Agence des droits de l’homme des Nations unies ont exhorté le gouvernement chinois à respecter ses obligations juridiques internationales, et ont affirmé qu’il est temps d’accorder une attention renouvelée aux droits de l’homme, en particulier compte tenu des récentes mesures prises à Hong Kong et contre les minorités dans les régions autonomes du Xinjiang et du Tibet.

50 experts « préoccupés »

1 Après avoir « communiqué à plusieurs reprises » leurs préoccupations à la Chine, les experts ont dénoncé :

  • La répression des manifestations et de la défense de l’obligation de défendre la démocratie dans la Région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong.
  • L’impunité pour l’usage excessif de la force par la police ;
  • L’utilisation d’agents chimiques contre les manifestants ;
  • Le harcèlement sexuel et l’agression de femmes manifestantes dans les postes de police ;
  • Ainsi que le harcèlement des travailleurs de la santé.

2 Les experts ont également fait part de leurs « graves préoccupations » sur des questions allant de la répression collective de communautés spécifiques –

« en particulier les minorités religieuses et ethniques, au Xinjiang et au Tibet » – à la détention d’avocats et aux poursuites – en plus des disparitions – de défenseurs des droits de l’homme dans tout le pays.

3 En outre, ils ont exprimé leur inquiétude face aux allégations de travail forcé dans les secteurs de l’économie, ainsi qu’aux interférences arbitraires avec le droit à la vie privée, les lois sur la cybersécurité qui autorisent la censure et les lois contre le terrorisme et la sédition, applicables à Hong Kong.

4 Les experts indépendants ont également exprimé leur inquiétude pour les journalistes, le personnel médical et les personnes qui s’expriment sur COVID-19 en ligne en Chine, qui auraient fait l’objet de représailles de la part des autorités, notamment en étant accusés de « diffusion de fausses informations » ou de « perturbation de l’ordre public ».

Violation » des obligations légales

Plus récemment, disent les experts, et sans consultation significative avec la population de Hong Kong, la Chine a rédigé une loi de sécurité nationale qui porterait atteinte au droit à un procès équitable et ouvrirait la porte à une « forte augmentation des détentions arbitraires », sapant le cadre de gouvernance « un pays, deux systèmes » qui a été introduit à la fin de la domination britannique ; permettant au gouvernement chinois d’établir des « agences » à Hong Kong « en cas de besoin ».

Si elle est adoptée, la loi « violerait les obligations juridiques internationales de la Chine et imposerait de sévères restrictions aux droits civils et politiques dans la région autonome », selon les experts indépendants.

« Le projet de loi priverait le peuple de Hong Kong … de l’autonomie et des droits fondamentaux qui lui sont garantis par la déclaration conjointe sino-britannique de 1984 », ont-ils soutenu.

Les experts ont exhorté la Chine à « retirer le projet de loi sur la sécurité nationale pour Hong Kong ».

Surveillance

Enfin, les experts ont exhorté la Chine à laisser les observateurs des droits civils et politiques mener des missions indépendantes « dans un environnement de confidentialité, de respect des défenseurs des droits de l’homme et de prévention des représailles » et ont encouragé le Conseil des droits de l’homme des Nations unies (CDH) à surveiller de toute urgence les pratiques chinoises en matière de droits de l’homme.

Conclusion

Je suis choqué que les grands médias aient décider d’occulter cette information. Elle est trop importante pour subir le sort de toutes ces informations qui ne parviennent jamais jusqu’aux oreilles des citoyens.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26006&LangID=E

Voici les noms des 50 courageux experts qui ont dénoncé la Chine communiste :

* The experts: Ms. Agnès Callamard, Special Rapporteur on extrajudicial, summary or arbitrary executions; Mr. David Kaye, Special Rapporteur on the promotion and protection of the right to freedom of expression; Ms. Mary Lawlor, Special Rapporteur on the situation of human rights defenders; Ms. Fionnuala D. Ní Aoláin, Special Rapporteur on the promotion and protection of human rights and fundamental freedoms while countering terrorism; Mr. Ahmed Shaheed, Special Rapporteur on freedom of religion or belief; Mr. Fernand de Varennes, Special Rapporteur on minority issues; Mr. Clément Nyaletsossi Voule,Special Rapporteur on the rights of peaceful assembly and association; Surya Deva, Elżbieta Karska, Githu Muigai (Chair), Dante Pesce, Anita Ramasastry (Vice-chair), Working Group on Business and Human Rights; Ms. E. Tendayi Achiume, Special Rapporteur on Contemporary Forms of Racism; Mr. Balakrishnan Rajagopal, Special Rapporteur on adequate housing as a component of the right to an adequate standard of living, and on the right to non-discrimination in this context; Ms. Leigh Toomey (Chair-Rapporteur), Ms. Elina Steinerte (Vice-Chair), Mr. José Guevara Bermúdez, Mr. Seong-Phil Hong, Mr. Sètondji Adjovi, Working Group on Arbitrary Detention; Mr. Diego García-Sayán, Special Rapporteur on the Independence of Judges and Lawyers; Mr. Michael Lynk, Special Rapporteur on the situation of human rights in the Palestinian Territory occupied since 1967; Mr. Michael Fakhri, Special Rapporteur on the right to food; Mr. Tomoya Obokata, Special Rapporteur on contemporary forms of slavery, including its causes and consequences; Mr. Nils Melzer, Special Rapporteur on torture and other cruel, inhuman or degrading treatment or punishment; Mr. Baskut Tuncak, Special Rapporteur on the implications for human rights of the environmentally sound management and disposal of hazardous substances and wastes;Mr. Léo Heller, Special Rapporteur on the human rights to water and sanitation; Mr. Livingstone Sewanyana, Independent Expert on the promotion of a democratic and equitable international order, Ms. Karima Bennoune, Special Rapporteur in the field of cultural rights; Ms. Kombou Boly Barry, Special Rapporteur on the right to education; Ms. Claudia Mahler, Independent Expert on the enjoyment of all human rights by older persons; Ms. Maria Grazia Giammarinaro, Special Rapporteur on trafficking in persons especially women and children; Mr. Dainius Pūras, Special Rapporteur on the right to physical and mental health; Members of the Working Group on Enforced or Involuntary Disappearances: Mr. Luciano Hazan (Chair), Mr. Tae-Ung Baik (Vice Chair), Mr. Bernard Duhaime, Ms. Houria Es-Slami, and Mr. Henrikas Mickevičius; Ms. Mama Fatima Singhateh, Special Rapporteur on sale and sexual exploitation of childrenThe Working Group on the use of mercenaries as a means of violating human rights and impeding the exercise of the right of peoples to self-determination: Mr. Chris Kwaja (Chair), Ms. Jelena Aparac, Ms. Lilian Bobea, Ms. Sorcha MacLeod and Mr. Saeed Mokbil; Mr. Olivier De Schutter, Special Rapporteur on extreme poverty and human rights; The Working Group on discrimination against women and girls: Ms. Elizabeth Broderick (Chair),Ms. Alda Facio, Ms. Meskerem Geset Techane, Ms. Ivana Radačić, andMs. Melissa Upreti (Vice Chair); Mr. Joe Cannataci, Special Rapporteur on the right to privacy.

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