Publié par Piotr Stammers le 2 juillet 2020

La France se retire d’une opération de sécurité maritime de l’OTAN en Méditerranée.

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Le ministère des Affaires étrangères a décidé de suspendre sa coopération jusqu’à ce qu’elle obtienne une réponse à ses préoccupations concernant le comportement de son collègue turc, selon un responsable français de la défense.

« Nous avons décidé de retirer temporairement nos moyens de l’opération Sea Guardian » jusqu’à ce que les préoccupations de la France soient prises en compte, a déclaré le fonctionnaire, qui a demandé à ne pas être nommé, aux journalistes.

Cette décision fait suite à une escalade des tensions avec la Turquie sur le conflit en Libye dans lequel les observateurs se demandent pourquoi la France est venue s’embourber.

L’ambassadeur de France auprès de l’OTAN Muriel Domenach a envoyé mardi une lettre au secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg pour lui notifier la décision de se retirer de l’opération Sea Guardian, destinée à contrôler un embargo sur les armes à destination de la Libye.

Elle y indique qu’un rapport de l’OTAN concernant un incident entre un navire français et un navire turc à la mi-juin « n’a pas établi les faits », selon un responsable du ministère français de la défense. Le rapport est classifié et n’a pas été rendu public.

La France, qui a reçu peu de soutien public de la part des alliés de l’OTAN dans son conflit croissant avec la Turquie, conditionne son retour à l’opération Sea Guardian à quatre demandes :

  1. Que les alliés de l’OTAN réaffirment leur engagement à l’embargo sur les armes ;
  2. Qu’ils interdisent l’utilisation des indicatifs d’appel de l’OTAN lorsque les navires sont en opération nationale ;
  3. Qu’ils améliorent la coordination entre Sea Guardian et l’opération IRINI de l’UE (qui est également destinée à faire respecter l’embargo sur la Libye) ; et
  4. Qu’ils mettent en place un mécanisme pour désamorcer le conflit et éviter les incidents entre les alliés.

Les dirigeants politiques de l’alliance se sont efforcés de maintenir une démonstration d’unité ces dernières années.

Ils ont peu apprécié que le président américain Donald Trump révèle au monde qu’ils ne versent pas leur part de dépenses militaires, et les critiques du président français Emmanuel Macron concernant le manque de coordination et les actions unilatérales turques n’a pas arrangé les choses.

« C’est un geste politique très clair qui met en lumière l’ambiguïté fondamentale d’une opération de lutte contre la contrebande qui inclut les contrebandiers », a déclaré le fonctionnaire français en référence à la Turquie. « Ce que nous demandons, c’est une clarification des règles de comportement. »

  • La Turquie bloque la coordination OTAN-UE dans l’application de l’embargo en Méditerranée et est accusée d’utiliser l’indicatif d’appel de l’OTAN alors que ses navires escortent des cargaisons transportant de grandes quantités d’armes vers le gouvernement reconnu par l’ONU et dirigé par le Premier ministre Fayez al-Sarraj, en violation d’un embargo sur les armes de l’ONU.
  • Le 10 juin, la frégate française Le Courbet, opérant sous le commandement de l’OTAN, a tenté de s’enquérir de la destination prévue d’un cargo battant pavillon tanzanien, le Cirkin, mais en a été empêchée par trois navires de la marine turque qui escortaient le Cirkin, selon des responsables français.
  • Le Cirkin était soupçonné par le Commandement maritime de l’OTAN de transporter des armes vers la Libye.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Piotr Stammers pour Dreuz.info.

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