Publié par Eduardo Mackenzie le 11 juillet 2020

La BBC de Londres vient de publier un reportage en espagnol sur l’arrivée de 45 conseillers militaires américains en Colombie (1). Malheureusement, cet article n’est pas un modèle d’équilibre journalistique.

Il omet les points essentiels de la question et se limite à servir de caisse de résonance aux allégations du groupe de sénateurs communistes qui s’opposent à l’arrivée de ces conseillers, non pas à cause de ce qu’ils feraient en Colombie mais à cause de ce qu’ils sont : des soldats d’un pays démocratique avec lequel la Colombie a des accords de coopération diplomatique, militaire, antidrogue et économique parfaitement clairs.

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L’agitation marxiste veut détruire ces liens et priver la Colombie de son allié américain, précisément au moment où la dictature de Maduro, soutenue par Cuba, menace la Colombie de toute sorte de représailles –depuis des attaques aériennes jusqu’à l’organisation de groupes violents sur le territoire–.  À ces circonstances s’ajoutent l’augmentation à des niveaux très élevés des cultures illicites et leurs enchaînements de terreur dans de grandes régions du pays.

Le journaliste de la BBC, Boris Miranda, utilise à tort les formules « contingent militaire » et « brigade » que la propagande marxiste utilise dans ce débat pour impressionner l’opinion. Une brigade est composée de deux ou plusieurs régiments ou bataillons et d’autres unités plus petites. Une brigade peut compter entre 3 000 et 5 000 soldats. Faites la comparaison.

La BBC ne conteste pas l’autre grande confusion de langage créée par l’opposition. Elle affirme qu’il y a un « transit de troupes étrangères » sur le territoire colombien. La Constitution colombienne exige un permis du Sénat pour que le gouvernement approuve ce « transit ». En utilisant cette figure, les politiciens anti-américains ont réussi à obtenir d’un juge du Cundinamarca l’ordre au chef de l’Etat de suspendre le travail de cette délégation militaire.  Le président Ivan Duque a rejeté une telle ingérence du pouvoir judiciaire dans une affaire relevant du pouvoir exécutif et a réitéré qu’il s’agit d’une activité de conseil étranger qui ne nécessite pas d’autorisation du Sénat.

L’article de la BBC ne dit rien des menaces que la dictature vénézuélienne fait peser sur la Colombie, qui annonce la possibilité d’envoyer ses avions de chasse pour bombarder des points clés de l’économie et de la défense colombienne. Et il omet toute référence aux violents désordres urbains en Colombie encouragés par le chavisme local et régional. Il est évident que ces agents subversifs sont perturbés par la présence de ce petit groupe de militaires américains.

M. Miranda agit comme s’il ne savait pas qu’en Colombie, la connotation du mot « opposition » est particulière. Au Royaume-Uni, il n’y a pas d’opposants armés. En Colombie, il y en a. Miranda évite cette distinction. En Colombie, il y a des parlementaires de l’opposition, mais il y a aussi des « opposants » en armes, qui utilisent l’extrême violence contre le gouvernement et contre la société. Le fait de parler de « sénateurs de l’opposition » ne crée-t-il pas un paysage politique irréaliste ? Cherche-t-il à légitimer ce qui vient de ce secteur, sans se demander quel rôle jouent aussi les violents ?  Ivan Cepeda est un sénateur qui, avec le soutien des pseudo-sénateurs des Farc, décrit l’arrivée des conseillers comme une « présence envahissante et hostile sur notre territoire ». Cette forme de propagande insulte la réalité et abuse du public de la BBC. 

Les guérillas marxistes combattent non seulement tout ce qui entrave leurs plans mais aussi tout ce qui peut aider la démocratie dans la lutte contre le trafic de drogue et dans des questions telles que l’amélioration du renseignement et de la logistique. Les forces armées colombiennes, en général, et le renseignement militaire, en particulier, font l’objet, surtout en ce moment, de campagnes de diffamation sophistiquées qui cherchent à saper ces organismes. Les promoteurs de cette campagne sont les mêmes qui veulent expulser les conseillers américains. Voilà ce qu’il faudrait dire à l’opinion publique britannique.   

Tandis que cela se passe, 94 membres démocrates du Congrès américain demandent à Ivan Duque d’accroître ses efforts pour démanteler les réseaux de trafic de drogue, réprimer les auteurs d’assassinats de « leaders sociaux » (dont certains sont des  démobilisés des Farc) et « appliquer les accords » de 2016 avec les Farc. Mais Duque a déjà « appliqué »  ces accords. Ceux qui ne « mettent pas en œuvre » ces accords sont les Farc, qui se sont partiellement transformés en parti politique (une autre partie a poursuivi la guerre) : ils n’ont pas indemnisé leurs victimes, ils n’ont pas contribué à l’éradication du trafic de drogue, ils n’ont pas retiré leurs mines antipersonnel, ils n’ont pas libéré leurs otages ni les enfants qu’ils avaient recrutés, ils n’ont pas rendu leurs armes, leurs terres et leurs autres biens. Les membres (« dissidents ») des Farc participent à l’assassinat de leaders sociaux. Les démocrates du Congrès américain ne dénoncent rien de tout cela. En fait, ils n’exigent rien aux Farc. Pourquoi cette partialité flagrante ? Pourquoi ne leur demandent-ils pas d’accepter la présence de conseillers militaires américains dans la lutte contre le trafic de drogue en Colombie ? Voilà ce qu’il faudrait dire à l’opinion publique britannique. 

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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(1).- https://www.bbc.com/mundo/noticias-america-latina-53285420

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