Publié par Jean-Patrick Grumberg le 13 juillet 2020

«Le président Donald Trump a ordonné la commutation de la peine injuste de Roger Stone», a annoncé la Maison-Blanche dans un communiqué.

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L’ami et conseiller de longue date du président a été « victime du faux dossier russe », ajoute le communiqué, concernant la peine de 7 ans de prison infligée à Roger Stone pour avoir menti dans une affaire qui s’est avérée être elle-même un mensonge.

Le dossier russe où Trump était accusé de collusion avec la Russie pour se faire élire en 2016 s’est terminé après trois ans d’enquête, par la conclusion qu’il n’y avait pas d’affaire, pas de crime, pas de faute, pas de collusion, et que tout avait été fabriqué par l’administration Obama – dont aucun des coupables n’a été envoyé en prison – et la longue liste des irrégularités et malversations a depuis été largement documentée.

Roger Stone : 7 ans de prison parce qu’il est l’ami du président

Roger Stone a été reconnu coupable en novembre 2019 d’avoir menti devant le Congrès, et il a été lourdement condamné à 7 ans de prison.

Son crime ? Il a dit qu’il n’était pas en contact direct avec Wikileaks, mais qu’il avait entendu parler dans la presse du piratage des emails du conseiller d’Hillary Clinton, John Podesta – ce qui est vrai.

Sauf que Roger Stone, un beau parleur flamboyant, avait à l’époque crâné dans un tweet, et pour se faire mousser et se donner de l’importance, il avait dit avoir été au courant du piratage du parti Démocrate par Wikileaks avant tout le monde. 7 ans pour ce mensonge, un mensonge sans conséquence, juste un mensonge.

James Comey : renvoyé du FBI pour conspiration, fautes lourdes et mensonges, jamais condamné

Par comparaison, l’ex-directeur du FBI James Comey, a lui aussi menti devant le Congrès dans le même dossier russe. Il a menti au président américain en lui cachant qu’il enquêtait sur lui lorsqu’il l’a rencontré au tout début de la présidence en février 2017 ; il a caché au Congrès qu’il savait que le faux dossier Steele composé de ragots non vérifiés avait été payé par Hillary Clinton ; il a caché qu’il savait que ce dossier n’était pas crédible ; il a caché que tout en sachant que le dossier n’était pas crédible et qu’il a été commandé et payé par Clinton, il a été utilisé par le FBI dans son enquête contre Donald Trump candidat, puis Donald Trump président. Il a surtout signé des faux documents, retiré les preuves de l’innocence, et l’implication d’un candidat Démocrate, pour réclamer devant la Cour secrète FISA la mise sur écoute et sous surveillance de collaborateurs de la campagne Trump, et ce à trois reprises.

Les mensonges de Comey sont seulement infiniment graves – ils ont permis une enquête qui a duré trois ans alors qu’il savait dès le départ que Trump n’avait commis aucun crime ou délit et n’avait pas colludé avec la Russie ; ils ont servi à chercher à faire destituer un président régulièrement élu ; et ils ont permis de donner à croire à des millions d’Américains, jusqu’à aujourd’hui encore, que le président a été illégalement élu avec l’aide de Poutine.

Les mensonges de Comey sont réels, ils cachent des fautes graves.

Comey a même reconnu – non, il s’est vanté – d’être l’auteur des fuites à la presse de documents confidentiels et top secret qui ont servi de base aux calomnies de la presse contre le président.

Et pour tout cela, il n’a pas même fait l’objet d’une enquête, encore moins d’une inculpation, et certainement pas d’une peine de prison, même avec sursis : rien, strictement rien. Parlez de double standard. Et même le président des Etats-Unis n’y peut rien, ce qui n’empêche absolument pas les Démocrates et les médias d’accuser Trump d’être un dictateur et un autocrate.

« Abus de pouvoir » du président Trump

La réaction des médias et des Démocrates à la commutation de la peine de Roger Stone a été immédiate. Sur Bloomberg, on parle déjà d’un abus de pouvoir qui justifie une nouvelle mesure d’impeachment. Songez-y, impeachment à 4 mois de l’élection !

Tous parlent de flagrant abus de pouvoir.

Le dernier abus de pouvoir de Trump est si flagrant que les Républicains devraient le punir pour leur propre préservation, écrit Politico.

Leur argument ? La Constitution a prévu une réponse au danger d’un abus de la grâce par le président : elle n’est pas autorisée pour protéger ses co-conspirateurs. Aucun président ne peut gracier des co-conspirateurs.

Les médias oublient un petit détail : oh pas grand-chose, juste que Roger Stone a été reconnu coupable dans une affaire qui s’est terminée par la conclusion qu’il n’y avait pas d’affaire ! Trois ans d’enquête ont permis de voir que ni Trump ni personne dans son équipe n’avait conspiré avec les Russes pour le faire élire.

Roger Stone a été reconnu coupable d’avoir menti sur sa participation à un crime qui n’a pas été commis.

Alors le président l’a gracié.

Je ne serais pas surpris que la décision du président soit attaquée par un juge fédéral, et qu’elle termine devant la Cour suprême.

En commuant la peine d’emprisonnement de Roger Stone, le président Donald Trump a rendu visible son mépris de l’État de droit. La clémence accordée à un copain condamné pour avoir entravé une enquête sur des malversations présidentielles constitue un abus de pouvoir flagrant, disent les commentateurs de CNN, qui savent pertinemment que l’enquête a conclu qu’il n’y a eu aucune malversation présidentielle.

Grave abus de pouvoir

Si l’on parle d’abus de pouvoir et d’abus du droit de gracier, s’il s’agit d’un « mépris de l’Etat de droit », cela veut dire que, pour les journalistes,

  • Bill Clinton a usé 61 fois de son droit de gracier,
  • George W Bush l’a utilisé 11 fois,
  • Obama s’en est servi 1 715 fois, c’est parfaitement légitime,
  • Mais Trump, lui, en a abusé 11 fois. Il doit être destitué.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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