Publié par Manuel Gomez le 15 juillet 2020

Nous apprenons, sans surprise, qu’une repentance de la France pour les 132 années «d’occupation» du territoire algérien est réclamée par le nouveau président algérien.

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Bien entendu, «ces fameux crimes contre l’humanité» affirmés par le président de l’Etat français, Emmanuel Macron, sont confirmés par le nouveau président algérien, Abdelmajid Tebboune, qui affirme, par la même occasion : que le seul historien français qui, paraît-il, possède la vérité historique et sur la colonisation et sur la guerre d’Algérie, vous l’avez compris, Benjamin Stora sera «associé» à un éminent historien algérien, non encore désigné, pour réaliser cette «noble tâche», un travail mémorial de «Vérité».

Nous sommes certains que ces deux historiens s’entendront à merveille car ils partagent certainement la même idéologie sur ces deux thèmes : colonisation et crimes de guerre (uniquement du côté Français, bien entendu, et non pas de ces pacifiques et gentils «combattants» du FLN et de l’ALN.)

Et voilà, c’est reparti pour un tour de piste…

Parce que le gouvernement français s’est débarrassé de 26 crânes de «héros» du début de la conquête, au 19° siècle, l’Algérie, ou plutôt son nouveau, et provisoire gouvernement réclame une nouvelle fois des excuses, à la France du XXI° siècle, pour avoir osé coloniser, en 1830, un territoire qui n’avait même pas de nom.

Un territoire également conquis par eux, les Arabes, il y a plus de mille ans, après l’avoir «razzié» durant des siècles et «soumis» par le sang et le massacre de ces habitants, les Berbères.

Un territoire où, lors de la conquête, en 1830, ils étaient les «dhimmis» des occupants ottomans.

Un territoire qui ne vivait que de rapines et d’esclavage et que nos armées ont conquis pour mettre fin à la piraterie ottomane en Méditerranée.

La conquête a été une longue bataille au cours de laquelle les Arabes et les Français se sont massacrés mutuellement.

Un territoire que nous avons construit avec l’aide des occupants, les Algériens, en 132 années, malgré les épidémies, les deuils, la douleur et le dur labeur quotidien, et que nous vous avons remis en 1962, clefs en main, après vous avoir vaincu sur le terrain et qui était, à l’époque, l’un des plus florissants du bassin méditerranéen.

Alors, messieurs les dirigeants provisoires de l’Algérie, si vous n’avez pas la reconnaissance de l’esprit ayez au moins la reconnaissance du ventre car vous n’existez, depuis plus de soixante ans, que grâce à ce que nous vous avons laissé : vous savez, les magnifiques immeubles haussmanniens, les hôpitaux, les routes, les ports, les aéroports, le chemin de fer, et, surtout, le pétrole (qui vous nourrit, fort heureusement, car pour vous il n’existe pas d’autre source de revenus !) toutes ces infrastructures que l’on vous a offertes et dans lesquelles vous vivez depuis votre indépendance. Ces infrastructures que, selon votre historien Stora, «se sont édifiées sur les massacres de votre peuple».

Ce ne sont pas des excuses, que vous devez exiger de la France, qui vous a colonisé, qui vous a construit, mais des remerciements car, sans la France, vous n’existeriez même pas !

D’ailleurs, la question peut se poser : sans la France, est-ce que vous existez ?

Vous, les dirigeants successifs de l’Algérie, vous ne l’avez toujours pas compris, mais une grande partie de votre jeunesse l’a parfaitement compris puisque, c’est vous qui l’affirmez, près de 7 millions ont fui votre Algérie pour venir vivre dans le pays qui les a, soi-disant, colonisés, qui les a exploités, massacrés et, selon certains même, organisés un génocide, mais qui vous aide toujours à vivre.

Ce n’est pas parce que le Président actuel de la France a prononcé une phrase écœurante «Les crimes contre l’humanité de la colonisation». Ce n’est pas parce que de pseudos historiens, hélas Français, débitent des tas d’âneries et font preuve d’une inégalable stupidité, que vous devez vous imaginer avoir le droit de réclamer des excuses.

Des excuses, ce sont les vôtres que nous n’attendons pas car nous ne nous faisons pas d’illusions, pour tous les enlèvements, les assassinats, les massacres, les disparus, que votre «barbarie», seule subsistance de votre passé «barbare» nous a fait choisir la «valise» plutôt que le «cercueil».

Non, Abdelmajid Tebboune, l’Algérie et la France ne sont pas «incontournables» l’une de l’autre, du fait de leur histoire commune. Vous souhaitez que ces deux historiens accomplissent leur travail dans la «Vérité», mais laquelle ? Vous reconnaissez vous-même que Benjamin Stora «est sincère et connaît l’Algérie et son histoire, de la période d’occupation jusqu’à aujourd’hui», car, dites-vous, «le peuple algérien évoque d’autres épisodes de la période coloniale qu’il souhaite voir abordés». Et, sur ce point, nous sommes en total accord : «des épisodes de la période coloniale qui soulignent vos crimes, nous en avons une très longue liste à votre disposition.»

Pourquoi ne pas confier ce «travail mémoriel» à ce journaliste si objectif, auteur de ce remarquable article publié en 2017 par le quotidien algérien « Le Matin DZ », qui mérite d’être rediffusé largement auprès de ceux, y compris le président de la République Emmanuel Macron, qui ont osé affirmer que « La colonisation avait été un crime contre l’humanité ». Ils pourront ainsi constater, si crime il y a eu, qui en sont les responsables.

**Nous devînmes pauvres, par inadvertance, un jour d’été particulièrement chaud où l’on commémorait le cinquante-cinquième anniversaire de l’indépendance, la fin d’une dont personne ne se rappelait plus si elle avait été gagnée ou perdue, et que le président nous apprit que les caisses de l’État étaient vides.

Ce jour-là, on revint sur terre : nous voilà pauvres pour longtemps. Au 55e anniversaire de l’indépendance, nous apprîmes que notre pain, nous l’achetions auprès de l’ancienne puissance colonisatrice. Celle-là, à qui le président algérien, expert en matière de diversion, vient d’exiger la repentance pour les crimes coloniaux. Toujours utile de sortir la carte de la mémoire et du patriotisme, quand on veut noyer le poisson dans l’eau. Bouteflika sait que les peuples sont incorrigibles : ils succombent au premier serment venu. Il suffit de poser la main sur le Livre ou de parler d’une voix étranglée par l’émotion. C’est gagné. Ça marche à tous les coups. Ainsi se gouvernent les hommes.

Il convient de savoir faire semblant. Simuler est le seul lien qui unit la base et le sommet. Simuler le bonheur, la démocratie, la sérénité, l’amour de la patrie, la piété… Ou, comme sait si bien le faire le président, invoquer Dieu, le Coran, les martyrs, la nation en danger…

Ce 55e anniversaire de l’indépendance, Bouteflika a préféré parler de « crise économique grave », d’appeler le peuple à la « résistance » et d’exiger des dirigeants français qu’ils se repentent de leurs actes de colonisateurs. Oui, mais cela ne résout pas la question, la seule question qui n’a jamais rencontré de réponse : comment est-on passé d’exportateur de céréales à importateur de pain ?

En 1962, la part des hydrocarbures dans les ventes à l’étranger n’était que de 53 pour cent. Cela veut dire ce que cela veut dire : 47 pour cent de nos recettes provenaient de produits hors hydrocarbures. Aujourd’hui, ce taux est passé à 3 pour cent. L’Algérie ne produit plus rien, n’exporte plus rien. Et ce n’est ni la faute de Bigeard ni celle de Massu. C’est la responsabilité des « libérateurs » qui ont pris le pouvoir en 1962, et dont notre président est un échantillon fort représentatif.

Aucune vision, aucune stratégie, rien que l’exercice absolu du pouvoir. La gouvernance ? Plus tard. Après 19 ans de règne, Bouteflika n’aura pas diminué d’un seul dinar la facture alimentaire du pays, bien que les caisses de l’Etat n’ont cessé de déborder de dollars. Huit mille milliards de dollars plus exactement, de quoi devenir un pays quasi-développé, capable, en tout cas, de se passer de pétrole.

A l’échelle des crimes historiques, condamner 40 millions d’Algériens à la précarité est-il plus pardonnable que le crime de les avoir colonisés ?

Aucun président n’a bénéficié d’une si généreuse manne financière. Ce 5 juillet, un président digne de ce nom aurait annoncé à son peuple la fin de la dépendance pétrolière, la fin du chômage et des incertitudes. Au lieu de cela, il leur apprend qu’ils seront plus pauvres et sans aucune politique de rechange.

Parce qu’il n’a pas diversifié l’économie nationale malgré un afflux financier sans précédent, Bouteflika a laissé une Algérie à l’agonie : dès cet automne, les subventions seront supprimées, nous connaîtrons le temps des licenciements de fonctionnaires, des produits de première nécessité inaccessibles, de même que l’électricité, le temps du retour à la bougie et au charbon de bois, de la réduction des budgets santé et de l’éducation. Mais aussi de l’incertitude sur les versements des retraites et des prestations sociales.

Vous attendez repentance des dirigeants français pour les crimes du passé.

Et vous, M. Bouteflika, qui vous pardonnera les crimes d’aujourd’hui et de demain ?»

En ce qui concerne les 132 ans de colonisation française en Algérie, monsieur le Président de la République, peut-être que les colons, les Pieds Noirs, ces Français d’Algérie, n’étaient pas des criminels comme vous avez osé l’affirmer, à la lecture de cet article publié sur un important quotidien algérien.

Peut-être auriez-vous intérêt à rechercher vos informations sur l’Algérie et la colonisation et à vous instruire auprès d’autres sources que celles – d’une part – de soi-disant historiens comme Benjamin Stora, et des représentants des musulmans de France, et vous rapprochez de ce que pensent et écrivent avec courage ces Algériens qui vivent l’après-colonisation, dirigée par des exploiteurs bien plus criminels que, paraît-il, ne l’étaient les « colons ».

On peut être très intelligent, sortir de l’ENA, et même devenir Président de la République, tout en ignorant certains épisodes de l’histoire de la France et de ses colonies.

Selon M. Tebboune : «Son pays n’attend pas nécessairement une «compensation matérielle» pour la période coloniale mais, éventuellement, une compensation pour les essais nucléaires français sur le territoire algérien».

M. Tebboune, nous attendons, nous, depuis plus d’un demi-siècle, votre repentance et des compensations matérielles pour tout ce que nous vous avons laissé «gratuitement», et non pas de gré mais de force, devant l’obligation de quitter «notre pays» à cause de vos actes de barbarie et vos crimes commis après le «cessez le feu» des «Accords d’Evian», le 18 juin 1962 (Date historique n’est-ce pas !)

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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