Publié par Jean-Patrick Grumberg le 25 juillet 2020

L’application Parler.com, une réplique de Twitter – liberté d’expression en plus – n’est pas la plateforme libre rêvée, développée par des conservateurs pour les conservateurs, mais une astucieuse opération marketing.

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Parler est un réseau social qui prétend être « un média social non biaisé, de libre expression, axé sur la protection des droits des utilisateurs ».

Qui peut imaginer une plus belle promesse, si l’on veut détourner les utilisateurs de Twitter ? Chapeau bas au marketing du nouveau réseau social : il a découvert l’argument ultime pour concurrencer le leader, lequel ne peut même pas se défendre, puisque la critique est bien réelle et que Twitter ne se cache même plus de sa censure. Mais la solution semble illusoire.

Les promesses de liberté d’expression et de protection des droits des utilisateurs ne résistent pas à l’analyse – à condition de regarder sous le capot et de mettre les mains dans le cambouis : autrement dit, faire un honnête travail de journaliste, ce que j’ai fait.

Parler a surtout accueilli des partisans du président Donald Trump frustrés de la censure de Twitter, qui cherchaient une alternative, avaient investi Gab et Telegram, et l’ont enfin trouvée avec Parler à son démarrage, ce qui lui a conféré son image.

  • D’une part, Parler a des liens avec un cabinet de lobbying qui a donné 320 000 dollars à Hillary Clinton pour son élection, et qui a fait du lobbying pour le compte des GAFA, les grandes entreprises technologiques de la Silicon Valley dont Parler dit vouloir se démarquer en matière de censure. 
  • Parler a été créé par John Matze et Jared Thomson en 2018. En 2020, le commentateur politique Républicain Don Bongino a acquis des parts de la compagnie (16).
  • Entre mai et juin 2019, le nombre d’utilisateurs est passé de 100 000 à 200 000. Le doublement est dû à des abonnés d’Arabie saoudite qui auraient été massivement suspendus et censurés par Twitter, rapportait Reuters l’an dernier (1).
  • Un an plus tard, fin juin 2020, le réseau social comptait 1,5 million d’abonnés.

Ce qu’il faut savoir de John Matze

John Matze

« Si vous pouvez le dire dans la rue à New York, vous pouvez le dire sur Parler », résume John Matze, le fondateur de Parler, qui vit à Las Vegas.

Le 3 juillet dernier, interviewé sur CNBC, il déclarait ne pas vouloir que l’application soit l’écho des conservateurs, et précisait qu’il n’aime ni le parti Démocrate ni le parti Républicain (6).

« L’entreprise n’a jamais eu l’intention d’être un truc pro-Trump », a déclaré Matze à CNBC. « Une grande partie du public est pro-Trump. Je m’en moque. Je ne les juge de toute façon pas. »

https://www.cnbc.com/2020/06/27/parler-ceo-wants-liberal-to-join-the-pro-trump-crowd-on-the-app.html

En revanche, il veut vraiment que les gauchistes rejoignent sa plateforme. Il est même tellement déterminé à faire entrer des gauchistes, qu’il a créé une « prime » de 20 000 dollars pour tout expert ouvertement de gauche, qui compte 50 000 abonnés sur Twitter ou Facebook, et qui ouvrira un compte sur Parler (8).

John Matze, l’un des fondateurs, est la face humaine de Parler. Il se décrit comme libertaire, c’est-à-dire défenseur des idées libérales classiques : immense respect pout les droits individuels, respect de la vie privée, respect de la liberté de penser, respect de la liberté d’expression… Des choses rassurantes, et qui donnent envie de rejoindre l’application.

D’ailleurs la campagne Trump a annoncé publiquement (2) qu’elle pourrait quitter Facebook et Twitter et recentrer ses efforts sur Parler.

Parler et le respect de la vie privée

John Matze, vous l’avez entendu dans l’extrait des interviews, se présente comme un champion du respect de la vie privée et de la liberté d’expression.

Côté respect de la vie privée, ça cadre très mal avec l’obligation de donner son numéro de téléphone, son email, présenter un selfie, une photo de son permis de conduire, et notre numéro de sécurité sociale pour s’inscrire à toutes les fonctions de l’application.

Nilay Patel, éditeur en chef de The Verge, s’est inquiété de l’obligation de fournir son numéro de sécurité sociale (c’est comme dérouler toute sa vie à un étranger, y compris son patrimoine, son emploi, ses éventuelles condamnations pénales ou civiles, ses problèmes bancaires et j’en passe), et a déclaré :

Je n’ai jamais vu un plus grand clignotant rouge contre la protection de la vie privée que cette clause de Parler.

https://twitter.com/reckless/status/1276230578141044736?s=20

Matze lui-même déclare qu’il connaît l’âge des trolls de gauche, comme il les appelle, qui sont inscrits sur Parler (12). Et s’il connaît leur âge, c’est que leur vie privée n’est pas protégée.

Matze explique (12) que la présentation des selfies et des permis de conduire ou des passeports (un ensemble d’exigences très inhabituelles pour prouver son identité et s’inscrire à un compte en ligne) lui permet de connaître l’identité des utilisateurs.

Et concernant l’absence de modération qui a fait l’attrait de l’application, Matze explique, en parlant des trolls :

« Ils essaient d’inciter les gens à vivre une mauvaise expérience et à partir [de Parler].

« Nous avons une grande armée de volontaires pour nous aider à régler ce problème. C’est traité dans les 48 heures ».

Pas de modération hein ?!

Enfin, la politique de confidentialité indique (13) que Parler « peut recueillir… des informations telles que votre nom, votre adresse électronique, votre nom d’utilisateur et votre photo de profil ».

Respect de la vie privée hein ?!

Dans son interview à CNBC, M. Matze a défendu la politique de Parler sur l’exigence de fournir son numéro de téléphone et son permis de conduire, en disant que les gens disent des « choses terribles » en ligne parce qu’ils peuvent rester anonymes.

« Sur Parler, les gens se font vérifier, les gens ont des numéros de téléphone liés à leurs comptes. Les gens savent qu’ils agissent et se comportent comme ils le feraient sur une place publique », a-t-il déclaré.

https://www.nbcnews.com/tech/tech-news/conservatives-flock-free-speech-social-media-app-which-has-started-n1232844

Vous appelez ça « respect de la vie privée ? »

Liberté d’expression

« Les conditions de service » sur lesquelles vous devez donner votre accord fournissent les lignes directrices sur la manière dont l’entreprise gère ses relations avec les utilisateurs.

En considérant que la marque de fabrique de Parler est la liberté d’expression et le respect des droits, on s’attendrait à ce que les « règles de la communauté » de Parler soient aussi libres que l’air, et respectueuses de la liberté.

Malheureusement, ce n’est pas le cas.

1
Concernant la liberté d’expression, c’est déjà compliqué. L’application n’autorise pas (7) :

  • Le partage de fausses rumeurs,
  • le langage violent (ce que le site décrit comme des « mots de combat ») envers les autres (11).
  • le chantage et la pornographie,
  • Les spams (ou ce qu’il considère comme spam « multiples posts de contenu répétitif qui n’offrent que peu ou pas de valeur »).
  • Il demande d’éviter les répétitions dans la section des commentaires des messages et explique que le spam s’applique plus fortement aux commentaires qu’aux messages. (10).
  • Il reconnaît qu’il peut supprimer des posts qu’il trouve offensifs, par exemple l’emploi du mot « nègre » en anglais (nigger) (9),
  • et qu’il peut retirer des posts de manière rétroactive en réponse à des plaintes (comme sur Twitter : des groupes s’organisent pour dénoncer un post qui leur déplaît, et votre post est censuré).
  • L’application interdit « d’utiliser un langage ou des images qui visent à tirer profit des autres sur Parler ».
  • Il demande « d’éviter les termes/visuels qui sollicitent des annonces sur les postes d’autres personnes ».
  • Parler interdit les « rumeurs sur d’autres utilisateurs ou des personnes, si vous savez que ces rumeurs sont fausses » (10). Et bien que Parler assimile cela à de la diffamation, les normes juridiques en matière de diffamation sont bien plus exigeantes.
  • Est interdite : « Toute insulte directe et très personnelle dans l’intention d’agiter et de contrarier le destinataire. » (Bien entendu, l’intention est une notion subjective, laissée à l’interprétation de Parler).
  • Parler interdit la glorification de la maltraitance des animaux, le doxxing, la promotion du trafic humain ou sexuel, la corruption ou la sollicitation criminelle, la vente ou la promotion de substances interdites par la loi sur les substances contrôlées, l’usurpation de l’identité d’une personne ou d’une société réelle, l’obscénité, la publication d’images d' »organes sexuels ou excréteurs », les publicités non sollicitées, la création de comptes par des organisations terroristes.

L’application interdit les comptes d’organisations terroristes. Même si peu seront choqués, y compris moi, avouons que cela s’écarte sensiblement de la doctrine libertaire.

Dans un post daté du 30 juin (15), Matze a déclaré que le fait de poster des photos de matières fécales chaque fois que vous êtes en désaccord avec quelqu’un… de menacer de tuer des gens… ou de spammer à répétition les gens avec « va te faire foutre » dans chaque commentaire ne sera pas toléré sur Parler.

Respect de la liberté d’expression hein ?!

Là où ça se complique…

2 Voici quelques-unes des conditions les plus préoccupantes que Parler vous fait accepter, suivies de mes explications et commentaires.

  • Point 9 : « Parler peut retirer tout contenu et mettre fin à votre accès aux services à tout moment et pour toute raison ou sans raison…

    Parler est libre de retirer le contenu et de mettre fin à votre accès aux services même si vous avez suivi les directives de la communauté.
  • Point 12 : « Vous acceptez de régler tout litige que vous pourriez avoir avec Parler par l’intermédiaire d’un arbitrage. »
  • Point 13 : « Vous acceptez de ne pas participer à un procès en action collective (class action) contre Parler. »
  • Point 14 : « Vous acceptez de défendre et indemniser Parler… contre toutes les réclamations, actions, dommages, obligations, pertes, responsabilités, coûts ou dettes, et dépenses (y compris, mais sans s’y limiter, tous les honoraires d’avocats) découlant de ou liés à votre accès et votre utilisation des services.

    Parler aura le droit de mener sa propre défense, à vos frais, dans toute action ou procédure couverte par cette indemnité ».
  • Le point 17 dit que Parler peut modifier toutes ses conditions à tout moment sans en informer les utilisateurs.
  • Certains services nécessitent de fournir notre numéro de sécurité sociale pour être utilisés (point 6).
  • Parler demande notre numéro de téléphone pour s’inscrire. Si vous donnez accès à votre carnet d’adresses, Parler conservera toutes ses informations et les utilisera comme bon lui semble.
  • Tout le contenu affiché sur Parler n’est visible qu’une fois connecté.
  • Vous devez présenter à Parler une photo de votre permis de conduire et un selfie pour entrer directement en contact avec les autres utilisateurs.
  • La pornographie est interdite : mais pas seulement les images. Les descriptions écrites que Parler trouvera obscènes ou explicites seront censurées.

3 Certains de ces points sont très inhabituels, voire carrément effrayants. Le point 14, sur votre responsabilité personnelle pour vos propos est particulièrement remarquable car il va très loin. Tous les utilisateurs devraient être explicitement informés des risques qu’ils prennent lorsqu’ils s’expriment sur Parler. Certes, leur liberté d’expression est respectée, mais ce point ne devrait pas se trouver dans un contrat de service que personne ne lit.

  • Le point 9 et dans une moindre mesure le point 17, ne ressemblent pas du tout à la promesse d’une application qui respecte vos droits. En fait, c’est bien pire que Twitter !

    Car en langage clair, il est écrit : « nous pouvons faire ce que nous voulons avec ce que vous écrivez ».

    Lorsqu’il est écrit que « Parler peut retirer tout contenu, mettre fin à votre accès, pour toute raison, ou sans raison … même si vous avez suivi les directives de la communauté, cela va totalement à l’encontre de la promesse explicitement énoncée par Parler de servir de plateforme pour la liberté d’expression.
  • Le point le plus scandaleux est le point 14. Il dit que Parler peut littéralement vous envoyer une facture pour ses frais, s’il juge qu’ils sont causés par vos posts.

    Le point 14 rend les utilisateurs responsables des dommages si Parler est poursuivi en justice en raison du poste d’un utilisateur. En bref, l’entreprise peut facturer les utilisateurs si ces derniers lui causent des ennuis juridiques.

    Parler peut non seulement vous facturer des frais de justice, mais vous devez également accepter de rembourser les « pertes » ou les « dommages » éventuels que Parler subirait !

    Et le pire, c’est que Parler peut vous demander de l’indemniser si vos posts lui font perdre des revenus (« Vous acceptez … d’indemniser Parler… contre toutes … pertes … découlant de … votre accès et votre utilisation). Qu’est-ce que ça veut dire ?

    Parler, comme les autres réseaux sociaux, gagne de l’argent grâce à la publicité, la mise en relation entre les entreprises et les influenceurs, et il prévoit également de vendre des publicités à l’avenir.

    Mais les Sleeping Giants et autre Media Matters de George Soros font pression sur les entreprises pour qu’elles retirent leurs publicités des sites internet et des réseaux sociaux qui tiennent des propos qu’ils n’aiment pas. Par exemple en ce moment, plus de 1000 entreprises boycottent Facebook.

    Si cela se produit avec Parler, et que Parler décide que c’est à cause de vos posts, n’importe quel avocat de la Silicon Valley expliquera à un juge que leur perte de revenus publicitaires leur « perte », est liée à votre « accès aux services » – à vos posts.

4 Résultats, si vos messages contre le réchauffement climatique suscitent « l’indignation des entreprises soucieuses de l’environnement », et qu’elles décident de cesser de diffuser leurs publicités sur Parler, le point 14 permet à Parler de vous poursuivre en justice et de vous demander de l’indemniser.

Et là, toute l’histoire devient carrément un film d’horreur.

5 En donnant une photo de notre permis de conduire (aux Etats-Unis, il fait effet de carte d’identité) et notre numéro de sécurité sociale, toute notre vie est immédiatement exposée aux avocats de Parler, qui peuvent savoir en quelques minutes si l’on possède une maison, des biens, un patrimoine, où on travaille, et ainsi voir quel utilisateur serait « rentable » en cas de demandes d’indemnisation – bonjour le respect de la vie privée.

En ce qui me concerne, vous ne me verrez pas sur Parler, et Parler ne verra ni mon numéro de sécurité sociale, ni ma driver licence.

A qui appartient Parler ?

  • Parler est basé à Henderson, dans le Nevada, au 209 S Stephanie St, B135, et a entre 11 et 50 employés selon LinkedIn (5) – apparemment 30 selon plusieurs sites.
  • Sur la page de la licence d’exploitation de Parler LLC, une société nommée « NDMascendant LLC » est mentionnée en tant que gérant avec John Matze.
  • Le titulaire de NDMascendant LLC est Greenberg Traurig.
  • Parler a également une licence d’exploitation distincte pour le Nevada, qui a expiré, sur laquelle figurait également le nom de Greenberg Traurig.

Qui est Greenberg Traurig ?

  • Greenberg Traurig (GT) est un grand cabinet d’avocats et de lobbying. Il représente des grandes entreprises telles que des grands médias, des grandes entreprises de technologie, des géants des télécommunications, etc.
  • GT a réalisé plus de 8 millions de dollars de revenus annuels de lobbying (3).
  • L’entreprise semble avoir une culture Démocrate, car de nombreux cadres et salaries de Greenberg Traurig ont fait des dons politiques à Hillary Clinton (320 000 dollars) et au parti Démocrate (191 000 dollars), de loin les plus grands bénéficiaires (4).
  • Le président Donald Trump semble avoir reçu zéro don de Greenberg Traurig lors de cette élection.

Conclusion

Je vous ai épargné les obligations légales que Parler devra obligatoirement respecter lorsqu’il recevra des injonctions de retirer du contenu pour se conformer aux lois des pays où sont basés les utilisateurs, et la modération et la censure qu’il sera contraint d’appliquer. Et je n’ai pas besoin de vous dire ce qui se passera lorsque votre pays réclamera à Parler votre identité : il l’a sous la main, contrairement à Twitter – que je ne défends pas car il panique une censure inéquitable contre les conservateurs – où vous pouvez rester anonyme.

Tout cela pour vous dire que l’idée que Parler adopte en quelque sorte une approche différente d’un site comme Twitter n’est pas réaliste. L’attitude de « laisser-faire » de Matze à l’égard de la liberté d’expression est surtout un vœu pieux que son règlement intérieur dégomme, et un beau coup de génie marketing.

Le 13 juillet, Parler avait 3 millions d’abonnés (14).

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. https://www.reuters.com/article/us-twitter-saudi-politics-idUSKCN1TE32S
  2. https://www.wsj.com/articles/trump-campaign-weighs-alternatives-to-big-social-platforms-11593003602
  3. https://www.opensecrets.org/lobby/firmsum.php?id=D000000344&year=2018
  4. https://www.opensecrets.org/orgs/summary.php?id=d000000344
  5. https://www.linkedin.com/company/parlerllc/about/?src=aff-lilpar&veh=aff_src.aff-lilpar_c.partners_pkw.29332_plc.FlexOffers.com%2C%20LLC_pcrid.449670_learning&trk=aff_src.aff-lilpar_c.partners_pkw.29332_plc.FlexOffers.com%2C%20LLC_pcrid.449670_learning&clickid=1yuRD5UF4xyOWD1wUx0Mo34BUkiWwCSxMUcf1Q0&irgwc=1
  6. https://www.cnet.com/news/parler-everything-you-need-to-know-about-the-twitter-alternative-for-conservatives/
  7. https://legal.parler.com/documents/guidelines.pdf
  8. https://www.cnbc.com/2020/06/27/parler-ceo-wants-liberal-to-join-the-pro-trump-crowd-on-the-app.html
  9. https://fortune.com/2020/06/29/what-is-parler-app-social-media-conservatives-who-owns-free-echo-facebook-twitter-verified-faq/
  10. https://www.techdirt.com/articles/20200625/16303844790/just-like-every-other-platform-parler-will-take-down-content-face-impossible-content-moderation-choices.shtml
  11. https://www.law.cornell.edu/wex/fighting_words
  12. https://www.forbes.com/sites/abrambrown/2020/06/27/parlers-founder-explains-why-he-built-trumps-new-favorite-social-media-app/#1cbc0e505016
  13. https://legal.parler.com/documents/privacypolicy.pdf
  14. https://www.competitionpolicyinternational.com/ceo-of-parler-agrees-to-testify-at-house-judiciary-committee/
  15. https://www.theguardian.com/technology/2020/jul/01/parler-conservative-twitter-new-free-speech-social-network
  16. https://bongino.com/dan-bongino-announces-partnership-with-parler/

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