Publié par Jean-Patrick Grumberg le 18 juillet 2020

Félicitations au New York Times – grâce à lui, une organisation juive a lancé une ligne d’urgence contre l’antisémitisme dans la presse en son honneur.

« À la lumière de la démission choquante de la journaliste du New York Times Bari Weiss », ont écrit le président de l’Organisation sioniste d’Amérique ZOA Morton A. Klein et le directeur Mark Levenson, « [nous avons] mis en place une ligne d’urgence pour les journalistes du NYT ou de tout autre média afin de signaler tout antisémitisme, tout fanatisme anti-Israélien, et toute intimidation ou harcèlement dont ils sont victimes ».

Bari Weiss, qui est juive et pro-Israël, a démissionné la semaine dernière de son poste de chroniqueuse politique au New York Times, parce qu’elle a été confrontée à un environnement de travail hostile et même antisémite pendant les années où elle a travaillé pour le journal.

Pourtant pro-choix et ouvertement bisexuelle, Weiss a dit qu’après avoir été engagée, elle a été soumise à « une intimidation constante par ses collègues », et elle a accusé ses supérieurs d’être au courant du harcèlement qu’elle subissait, et de ne rien avoir fait pour l’arrêter.

« Se présenter au travail comme une centriste dans un journal américain ne devrait pas demander de courage », explique-t-elle, alors que sa judéité a été menée à rude épreuve lorsqu’elle a été traitée de nazie.

« Mes propres incursions à penser comme il ne fallait pas ont fait l’objet d’intimidations constantes de la part de collègues qui ne partagent pas mes opinions. Ils m’ont traitée de nazie et de raciste ; j’avais appris à repousser les commentaires quand on me disait que ‘j’écrivais encore sur les Juifs’, explique Weiss dans sa lettre de démission, qu’elle a rendue publique.

Elle ajoute :

« Plusieurs collègues, parce qu’ils étaient amicaux avec moi, ont été harcelés à leur tour par des collègues.

Mon travail et ma personnalité ont été ouvertement dévalorisés sur la chaîne Slack de l’entreprise, où les rédacteurs en chef interviennent régulièrement.

Certains collègues ont insisté sur le fait que je dois être expulsée si l’on veut que cette entreprise soit vraiment inclusive !

D’autres affichent des émojis de hache à côté de mon nom.

Des employés du New York Times me traitent publiquement de menteuse et de bigote sur Twitter, sans craindre que ce harcèlement soit sanctionné par des mesures appropriées : il ne l’est jamais ».

Avec la lettre de Weiss, « l’environnement de travail antisémite hostile » du New York Times est désormais « pleinement et publiquement affiché », explique ZOA.

« La décision de Bari Weiss de démissionner de son poste d’éditorialiste et de rédactrice en chef du Times met en évidence les problèmes des journalistes qui subissent l’antisémitisme, de droite et de gauche, et qui défendent Israël », ajoute Morton Klein.

Aucun journaliste ne devrait payer un prix pour exprimer ces opinions.

Il ajoute :

« A tous les journalistes : Nous sommes avec vous et nous sommes là pour vous aider.

ZOA [L’Organisation sioniste d’Amérique] a une longue et fière tradition de lutte efficace contre l’antisémitisme et de défense des droits des Juifs et de ceux qui soutiennent Israël. Nous le faisons dans les tribunaux, au Congrès, dans les médias, dans les écoles et sur les campus universitaires.

Soyez assurés que [ZOA] vous défendra de la même façon ».

La déclaration se termine par un appel aux journalistes juifs pour qu’ils signalent tout antisémitisme sur le lieu de travail dont ils ont été victimes ou témoins de la part de collègues ou d’employeurs.

Il reste à voir si le New York Times prendra tout cela au sérieux. Je vous mets sur la voie : Non.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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