Publié par Manuel Gomez le 2 août 2020

Je suis absolument persuadé que l’Histoire, qui lui sera contée par Benjamin Stora, conviendra bien mieux aux futures relations entre « ces partenaires essentiels » que seraient l’Algérie et la France ! 

« Les attentats du F.L.N. sont devenus quotidiens, surtout depuis que les truands de la Casbah ont été lancés dans l’action.  Les assassins, les souteneurs, les voleurs, sont tous mobilisés. Ils acceptent, contre la promesse de postes importants, après la victoire.  Dans le cas contraire c’est l’exécution immédiate. 

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L’un des plus célèbres, parmi ces hors-la-loi, est Rafai Abdelkader, dit Bud Abbott (alors qu’il ressemblait comme deux gouttes d’eau à Lou Costello).  Il est éliminé d’une balle dans la nuque, par Ali-la-Pointe, à la fin d’un repas « entre amis », parce qu’il refusait de collaborer avec le FLN. Egalement victime de sa neutralité provisoire, Hacène le Bonois, ennemi public n° 2, après le précédent. 

Devenu le bras droit de Yacef Saadi, proxénète bien connu des services de police, que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans sa jeunesse, puisqu’il habitait près de chez moi, rue Scipion l’Africain (il deviendra préfet d’Alger après l’indépendance) et interlocuteur privilégié de Germaine Tillon, Ali-la-Pointe sème la terreur parmi les siens, avant de s’attaquer aux européens; mais il rallie à Yacef Saadi, les frères Hammache, les frères Hoya, Ali-Yeux-bleux, Hezzik dit Al Capone, Hadad Abderrazak, Bouziri Said et Hocine Bellatrèche, ex-champion d’Algérie de boxe, reconverti dans le racket.   

Tous se sont ralliés davantage par peur que conviction.  Ils peuvent, à présent, donner libre cours à leurs instincts violents, aidés techniquement par des communistes d’origine française: le docteur Chaulet et son épouse Claudine, le papetier Gallice, le couple Gauteron, le professeur Mandouze, Evelyne Lavalette, le trio d’Alger Républicain : Henri Alleg (qui fera un « tabac » grâce aux tortures auxquelles il fut soumis, pour lui faire avouer où se cachaient les tueurs de la Casbah), André Moine et André Ruiz, et les fabricants et poseurs de bombes, Timsit, Maillot, Laban, Raymonde Peschard, Fernand Yveton et Danièle Minne, ainsi que de nombreux prêtres confondant aide humanitaire et homosexualité. 

En métropole, les intellectuels de gauche, les hommes à la mode du quartier Latin et de Montparnasse, ont pris fait et cause pour ces « pauvres » arabes, qui réclament leur liberté et sont torturés par l’armée française.  Ces intellectuels de gauche tous unanimes pour crier à l’horreur quand le sang est versé… à la condition que ce ne soit pas du sang français.  Alors il faut se mobiliser pour les aider, même contre la France, même contre l’armée française, je dirais surtout contre la France et son armée.  N’a-t-on pas trouvé des ordres rédigés de la main même de Jacques Duclos déclarant : « Le Parti communiste doit concourir à la défaite de l’armée française partout où elle se bat. » 

Ainsi, grâce à ces intellectuels « français », qui collectent des fonds, transportent des explosifs et des armes, posent des bombes, d’autres Français sont assassinés sur l’autre rive de la Méditerranée, des dizaines d’enfants et de femmes. Les « nôtres », bien évidemment, mais également les « vôtres », mères de France. 

Ces « intellectuels » de gauche se mobilisent à nouveau lorsque certains d’entre eux seront pris la main dans le sac (il fallait au moins ça pour les arrêter ou alors la Police avait l’ordre de fermer pudiquement les yeux), car ils veulent bien « passer » des explosifs, des armes, de l’argent, mais en toute impunité, sans qu’il soit porté atteinte à leur liberté et, encore moins, à leur vie, car, alors, ce n’est plus du jeu.   

Eux qui dénoncent dans leur presse ou dans leur manifeste, les tortures et les exécutions, quand elles sont l’œuvre des Français, qui se révoltent quand les autorités rétablissent, un peu brutalement, l’ordre à « Charonne », qui auront l’audace de manifester dans la rue lorsqu’une petite fille de six ans aura, hélas, un oeil crevé, par une explosion, dans le 16° arrondissement de Paris, mais qui se montreront étrangement « aphones » lorsque, entre le 21 août et le 27 septembre 1958, les terroristes du FLN feront quatre-vingt-deux morts et cent quatre-vingt-huit blessés à Paris et en Île de France, dont de nombreux policiers. Et ils auraient souhaité que ces derniers accueillent avec des fleurs les Arabes de « Charonne ». 

Grâce à ces « patriotes » français, des bombes explosent un peu partout dans Alger. Timsit préparait les explosifs qu’il confiait aux « filles » du FLN.  L’aspirant Maillot, sur ordre de l’instituteur communiste Laban, déserte de son unité, dans la forêt de Baïnem, emportant dans un GMC les armes de tout un bataillon : cent vingt PM « Sten » cent quarante revolvers et quatre-vingt-cinq fusils.  

Henri-François Maillot avait été comptable à Alger-Républicain avant de rejoindre le « Maquis rouge » dans l’Ouarsenis.   

Raymonde Peschart plaça elle-même des bombes, notamment dans un réverbère, près d’un arrêt de bus de ramassage scolaire, à Diar-es-Saada, près du centre-ville.  Danièle Minne déposa sa machine infernale dans les toilettes de la « Cafeteria », où se réunissaient les jeunes étudiants de son âge : deux tués et seize blessés, dont huit seront amputés. 

Fernand Yveton sera guillotiné, Laban et Maillot abattus au cours d’un engagement dans l’Ouarsenis.  Les bombes de Timsit exploseront également au Milk-Bar et à l’Otomatic, bilan six morts et cinquante-six blessés, dont de très nombreux enfants venus, avec leurs parents, manger des glaces ou boire un « Orangina », vous savez cette fameuse petite bouteille ronde, née en 1936 à Boufarik, et qu’il faut, aujourd’hui, secouer pour en mélanger la pulpe.  Sur les terrasses de nos brasseries, elle se secouait toute seule, grâce aux bombes du FLN. 

Bombe aussi, rue Sadi-Carnot également, à l’arrêt d’un bus de ramassage scolaire, objectif stratégique important, car c’étaient des enfants qui étaient massacrés entraînant des représailles sanglantes et incontrôlées, motivées par la haine. Là, c’est une bombe préparée par Timsit qui tue dix-huit « exploiteurs » colonialistes de 8 à 12 ans, qui rentraient sagement chez eux, après l’école.               

Dans la capitale les bombes qui font le plus de mal, celles du casino de la Corniche, du boulevard de Provence et du stade municipal (douze morts et quarante-cinq blessés). 

Certaines poseuses de ces bombes (d’origine française) sont venues vivre en France et ont bénéficié d’une confortable retraite (de fonctionnaire, comme Danièle Minne) d’autres (d’origine algérienne, Zohra Drif) sont reçues avec tous les honneurs par nos notables, notamment à Marseille, il y a quelques années » 

Lorsque Timsit le traître fut arrêté, et TORTURE, il désigna la cache où se situait son atelier de fabrication de bombes, en plein cœur de la Casbah. Ainsi de nombreuses vies innocentes furent sauvées par l’action des « paras » du général Massu. 

Cinq responsables de l’état-major du F.L.N. : Ben Bella, Boudiaf, Khider, Ait Ahmed et Lacheraf. sont appréhendés  alors qu’ils se rendaient de Rabat à Tunis, le 22 octobre 56, à bord d’un DC 3 d’Air-Maroc, pour assister à une conférence au sommet destinée à proposer, avec l’accord de Bourguiba et de Mohamed V, une solution nord-africaine, et non plus algérienne, sous forme de fédération des trois pays d’Afrique du Nord associés à la France par une alliance étroite.   

Leur arrestation posait désormais un problème grave à messieurs Guy Mollet, Savary et Pineau : avec qui allaient-ils pouvoir discuter à présent ? Ils n’ont pas eu l’idée de profiter de leur position de force, vis-à-vis, du F.L.N., pour exiger la cessation des combats comme préalable à toute discussion.  Sans doute par peur de heurter les autres gouvernements ont-ils repoussé cette tentation, dans l’éventualité qu’elle réussisse. 

En tous les cas le sort des nouveaux prisonniers, comme d’ailleurs le sort de tous les ennemis de la France, fut le même : villégiature dans l’un de nos beaux châteaux, où ils garderont pour notre pays, qui les traite avec tous les honneurs qui ne sont pas dus à leur rang, une haine éternelle.   

L’avenir nous prouvera qu’il vaut mieux faire partie des ennemis de la France que de ses amis. 

Lorsque nous analysons cette collaboration volontaire de milliers de combattants arabes, et la facilité avec laquelle l’armée française pouvait se « rallier » une partie de l’ALN, force-nous est de constater que si nous avons échoué dans notre guerre d’Algérie, nous le devons essentiellement au manque de volonté évident de nos gouvernants de vouloir l’emporter sur le terrain. 

Sans doute avons nous fait une erreur de jugement de vouloir, quel que fut le prix, garder l’Algérie dans le giron de la France.  Peut-être étions-nous trop patriotes pour les Français, sans doute aurions-nous fait preuve de plus de maturité politique en entamant plus tôt des négociations avec les responsables F.L.N., pour notre propre compte ? Comme cela sera tenté plus tard, trop tard ! 

Mais comment pouvions-nous douter de tout ce qu’affirmaient les hommes politiques et les généraux et officiers de l’armée française, par exemple, Michel Debré, au Sénat le 29 mai 1956 : « Supposons la défaite française en Algérie, je veux dire que l’Algérie cesse d’être française, ce qui signifie qu’elle tombe dans l’orbite du panarabisme : le déferlement de ce mouvement racial est immédiat dans l’ensemble de l’Afrique, et ses conséquences, en Europe comme en Amérique, sont inimaginables. La perte de l’Algérie ce serait la fin des principes fondamentaux qui font la gloire de la République française. La perte de l’Algérie, c’est la France communisée ! » 

N’a-t-il pas orchestré l’attentat au « Bazooka » visant le général Salan, qu’il considérait comme opposé à l’Algérie Française, et dont fut victime son aide de camp, le commandant Fournier. 

Plus tard il sollicitera François Mitterrand afin qu’il intervienne pour que soient effacées toutes relations entre lui et l’exécution malheureuse, et non prévue, qui avait coûté la vie au commandant Fournier.  

« Lorsque les institutions sont menacées, l’insurrection devient un devoir. » : ce sont les propres déclarations de ce Premier ministre mais il les aura oubliées lorsque les plus prestigieux généraux de l’armée française s’insurgèrent justement contre la menace des institutions, par l’Etat Français, en 1961. 

Le 13 mai 1958, c’est le jour ou Pierre Pflimlin doit être investi comme chef du gouvernement.  

A Alger une manifestation monstre se déroule à la mémoire de trois militaires du contingent fusillés par les fellaghas en Tunisie. 

Sous la conduite de Pierre Lagaillarde la foule donne l’assaut au bâtiment du Gouvernement général. 

Sur l’incitation de Léon Delbecque un comité de salut public est nommé et la présidence en est confiée au général Massu, l’idole des Algérois à l’époque. Ne venait-il de gagner « la bataille d’Alger » ! Le FLN était à genoux, totalement KO. 

A Paris les députés n’apprécient pas mais investissent comme il se doit Pierre Pflimlin. Toujours en fonction à la présidence du conseil Félix Gaillard confie les pleins pouvoirs civils et militaires au général Raoul Salan ; 

Celui-ci entérine le comité de salut public et confirme Massu dans sa présidence. 

Je ne m’étendrai pas sur les différents événements ui ont marqué ce 13 mai 1958. 

Le jour même, de sa retraite campagnarde de Colombey, de Gaulle affirme qu’il se tient « prêt à assumer les pouvoirs de la République ». 

C’est donc l’explosion de joie, l’allégresse générale en Algérie. Nous avions gagné, nous nous imaginions, nous les français d’Algérie, avoir porté le général de Gaulle à la tête de la France.  Il était venu, il nous avait compris, il avait dit les mots magiques : « Vive l’Algérie française ».   

Tous ces politiques responsables étaient très certainement de bonne foi, ils croyaient à l’Algérie française, ils luttaient pour elle.  De Gaulle n’avait-il pas, à ses côtés, un homme comme ce Michel Debré, qui était à mille pour cent pour nous, dont les éditoriaux, dans son « Courrier de la Colère », nous enflammaient.  N’avait-il pas écrit :  

« Que les Algériens sachent surtout que l’abandon de la souveraineté française en Algérie est un acte illégitime, c’est-à-dire qu’il met ceux qui le commettent, et qui s’en rendent complices, hors-la-loi ».   

 Cet homme pouvait-il être contre nous ? Non, bien sûr, il s’élèverait le premier contre celui qui oserait porter atteinte à l’intégrité du territoire français, à la République. 

 Comment aurait-on pu penser un seul instant que le chef de l’Etat, et tous les ministres, députés, sénateurs, qui l’entouraient, auraient mis un tel point d’honneur à bafouer la constitution qui venait de naître, déjà dans son article premier : « La République est Une et Indivisible ». Comment pouvait-on imaginer que, dans un pareil cas, personne ne s’élèverait pour interdire que trois départements français : l’Algérie, l’Oranie et le Constantinois, partie intégrante de cette République, en soient ainsi amputés ? 

N’est-ce pas De Gaulle qui déclarait officiellement : « Et pour qui me prennent-ils, tous ceux qui s’imaginent que je pourrais conférer avec les chefs de la rébellion tant que les meurtriers continuent. » (16 septembre 1959), et une année plus tard : « Je ne livrerai pas l’Algérie au FLN, à cette clique de gens qui n’existent pas et qui sont incapables de se gouverner. »  

Durant toute cette période les émissaires de de Gaulle rencontraient constamment les représentants de ce FLN, qu’il nommait « cette clique ». 

Stratégiquement de Gaulle s’emploie à se débarrasser l’un après l’autre des généraux pro-Algérie Française. Vanuxem quitte le Constantinois pour l’Allemagne, ensuite Jouhaud lâche l’Algérie pour un poste de chef d’état-major de l’armée de l’air à Paris, et enfin le général Salan est également écarté.  

Mais le détonateur voulu et attendu par de Gaulle c’est le général Massu, c’est le « dernier verrou ». Son rappel inattendu en métropole et l’assassinat des trois soldats français en Tunisie conduisent directement à l’affaire des barricades du boulevard Lafferrière, au ras-le-bol de toute une population prête, dorénavant, à tous les extrêmes. 

Ce jour-là, de janvier 1960, le sang a coulé. Quatorze gendarmes et six insurgés ont été tués et on dénombre plus d’une centaine de blessés. Qui a tiré ? Et qui a ordonné la charge des gendarmes ? Comme toujours en pareille occasion on ne saura jamais la vérité sur la première interrogation, en revanche la charge a bien été ordonnée directement de l’Elysée, par le général Crépin et Paul Delouvrier, délégué du gouvernement à Alger, et par-dessus la tête du général en chef, Challe. 

Le Colonel Dufour, commandant du prestigieux 1er Régiment étranger de parachutistes, cerne la place forte des Facultés. Ordre lui a été donné d’investir la position. Dufour est un fervent partisan de l’Algérie française. Sa femme est algéroise et nombre de ses légionnaires reposent sur cette terre. Il lui est impossible de faire tirer sur des Français dont il partage les convictions. Dès lors il entreprend de longues négociations et après un premier sursis de quarante-huit heures, suivi d’un second, il obtient enfin des autorités que les « insurgés » fassent une sortie dans l’honneur. On leur présentera les armes et ils seront immédiatement pris en charge par le 2ème Etranger parachutiste, pour constituer le commando « Alcazar ».  

 Au cours de ce procès dit « Des barricades », des témoins, le capitaine de La Bourdonnaye, le colonel Godard, le commandant Allaire, viendront affirmer avoir vu deux FM en batterie sur le Forum tirer « dans le tas », mais si dans le tas il y avait des manifestants il y avait également des gendarmes et apparemment ce sont eux qui ont encaissé l’essentiel de ces tirs. 

Les barricades d’Alger furent une parenthèse importante dans l’histoire de l’Algérie française certes, mais les conséquences furent encore plus importantes pour son devenir, car la principale sanction (en plus de l’incarcération des principaux meneurs) fut la dissolution immédiate des Unités Territoriales (réservistes français d’Algérie participant par roulement au maintien de l’ordre en liaison avec le 5ème bureau – action psychologique). Il s’agissait donc de réservistes Pieds-Noirs armés sous le commandement du commandant Sapin-Lignières et du capitaine Marcel Ronda et ce sont eux qui ont lancé le mouvement le 24 janvier en occupant les facultés et en dressant les premières barricades. Or ces hommes armés, au nombre de deux cent cinquante mille, c’étaient les nôtres et ils auraient été un apport considérable lors du « putsch » des généraux, quelques mois plus tard, en devenant un puissant bras armé pour la défense de nos intérêts. 

Une autre conséquence qui suivit les « barricades » fut la prise de conscience dans quelques régiments qu’on les envoyait se battre contre les fellaghas sans aucun objectif véritable, qu’ils allaient au combat pour rien. Le 12 novembre 1960 une patrouille du légendaire 1er REP tombe dans une embuscade tendue dans les Aurès, bilan onze tués et douze blessés, dont six graves. 

Moins de deux mois plus tard, en janvier 1961, alors qu’ils reçoivent l’ordre de rejoindre de nouveau les Aurès, les officiers et les légionnaires de ce 1er REP refusent d’obéir et « se mettent en grève ». Ils n’acceptent plus de mourir alors que l’indépendance de l’Algérie est décidée par le tout récent référendum métropolitain. 

C’est la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale que des militaires de carrière décident une grève qu’ils baptisent « grève de la mort ». 

Les sanctions tombent immédiatement. Les soldats sont mis aux arrêts et les officiers mutés en métropole, notamment le lieutenant Degueldre qui, affecté au 4ème REP, refuse de le rejoindre et entre ainsi en clandestinité. 

Le 1er REP sera immédiatement dissous. 

La hiérarchie militaire et le chef de l’Etat avaient sans doute oublié cette menace de Marcus Flavinius, centurion à la 2ème cohorte de la légion Augusta, écrite en Numidie 20 siècles plus tôt, c’est ainsi que s’appelait l’Algérie à l’époque romaine « Si nous devions laisser nos os blanchis en vain sur les pistes du désert, alors que l’on prenne garde à la colère des légions !»  

Le 22 avril 1961, avait lieu le putsch des généraux. 

Pourquoi une telle rébellion des plus prestigieux généraux de l’Armée Française ? 

Le 8 janvier 1961 le référendum sur l’autodétermination voulu par de Gaulle est voté par les Français de métropole uniquement. L’Algérie ne participe pas à ce vote. Soixante-quinze pour cent de OUI, c’est l’annonce de l’abandon de l’Algérie par la France. 

Pendant ce temps-là Georges Pompidou rencontre en Suisse, sur l’ordre du chef de l’état, des représentants du FLN afin d’entamer des négociations et le 11 avril de Gaulle annonce : « L’Algérie sera un état souverain. » 

Il est très important de noter que le général Salan est absent d’Alger ce 22 avril, puisqu’il n’arrive que le lendemain 23. Il n’est donc pas présent au « démarrage » et prend le « train en marche ». Il affirmera plus tard, lors de son procès, que dès son arrivée il sentait que le « putsch » n’irait pas loin. De nombreux officiers l’avaient prévenu que les tractations secrètes menées par le colonel Alain de Boissieu lui portaient un coup mortel. 

Les quatre généraux les plus prestigieux de l’armée française sont en première ligne : Challe, Salan, Jouhaud et Zeller, suivis par sept autres, dont le général Gardy responsable de toute l’Oranie, et par plusieurs dizaines d’officiers supérieurs qui se rebellent. (Nombreux sont les hommes politiques en métropole favorables à cette révolte). 

Ils estiment que contrairement au général de Gaulle il y va de leur honneur de respecter la parole donnée de conserver l’Algérie à la France. Cette parole qui avait été donnée par de Gaulle lui-même. 

Pour nous, Français d’Algérie, ce putsch était annonciateur de futurs lendemains chantants pour notre terre. 

Une partie de l’armée a suivi ses chefs ainsi que la majorité des Français d’Algérie. Or dans cette majorité la proportion de la population de gauche (communiste et socialiste) était la plus importante, notamment à Bab-el-Oued.  

Et je ne suis pas le seul à le dire. Jean Morin, inspecteur général de l’éducation nationale, le confirmait également : C’était une population un peu plus marquée à gauche que leurs concitoyens métropolitains ». 

Ces quatre généraux que de Gaulle traitera de « quarteron factieux » ont toujours refusé qu’il y ait affrontement entre leurs soldats et l’armée française composée d’appelés du contingent. La preuve en est apportée par la démission immédiate du général Challe, devant l’intransigeance de de Gaulle, quand il a supposé que cet affrontement paraissait inévitable.  

Ces officiers ont porté haut et fier l’honneur et le drapeau de l’Armée Française face à une métropole aseptisée par toutes les forces de gauche et chloroformée par la presque totalité des médias (Presse et TV), comme elle l’est encore aujourd’hui face à d’autres sujets « tabous », mais de Gaulle s’est permis de les insulter en les traitants de factieux alors qu’il avait été, lui, le de Gaulle de 1940, le plus illustre des factieux. 

Rarement un putsch n’aura réuni autant d’ingrédients lui permettant de réussir, rarement les protagonistes n’auront eu autant d’atouts en mains pour mener à bien cette opération : les meilleurs officiers, l’armée de métier, les armes, l’argent et le soutien quasi total de toute la population des français d’Algérie.  

C’est à ce moment qu’un bouleversement inattendu aurait pu se produire, dans la suite des événements qui secouaient l’Algérie : Il fallait remobiliser immédiatement les Unités Territoriales, armés les 250.000 « Pieds Noirs », renvoyer en métropole tous les « appelés » et poursuivre la guerre avec l’armée professionnelle, la Légion Etrangère et les U.T. 

En quelques semaines l’ALN était défaite et rejetée au-delà des frontières et le FLN mis en sommeil, sans doute, pour quelques années. 

Entamer des négociations directes avec les mouvements indépendantistes dirigés par des élites rénovatrices, tels Ferhat Abbas et Abderahmane Farès, pour envisager la fondation d’un Etat autonome, en partenariat avec la France, mais avec la contribution de tous les européens à une Algérie nouvelle, comme d’ailleurs cela fut « essayer » quelques semaines avant l’indépendance, sans succès car trop tardivement, alors que les dés étaient jetés. 

Les responsables de l’Armée Nationale de Libération, Ben Bella, Boumediène, Bengheda, Bendjedid, et autres « militaires combattants » prenaient la direction de cette Algérie qui devenait indépendante.  

Pour eux il ne s’agissait pas d’une guerre uniquement contre la France, mais surtout une guerre de religion, une guerre voulue par l’Islam : il ne fallait pas qu’un seul « chrétien » ne reste sur le sol algérien (en ce qui concerne les juifs, ils n’en restaient plus, ils avaient rejoint la France ou Israël, en grande majorité.) 

Ce furent donc les enlèvements, les massacres, les assassinats, et la seule option, pour les chrétiens (et même pour ceux qui ne l’étaient pas) : « La valise ou le cercueil ». 

Je n’ai pas cité une seule fois « l’OAS » et les « Barbouzes », ce fut une affaire strictement « franco-française », qui n’aurait pas dû concerner les Algériens. 

Mais suis prêt à en débattre si cela s’avérait nécessaire, car nous sommes peu nombreux, hélas ! A pouvoir en parler aujourd’hui ! 

En conclusion de ma réponse à vos propos, monsieur le Président de l’Algérie, et pour en terminer sur une note plus légère qui, je l’espère, vous fera sourire, voici une historiette que j’ai écrite en 1965 : 

 « Sur la place des Martyrs de la résistance (ex-place du Gouvernement), Julien Thouret, grand reporter à la station périphérique Europe 1, débute son reportage. 

– Nous sommes entourés par une foule immense et colorée, sous un brûlant soleil d’été. Je vais interviewer ce monsieur qui se dirige vers nous. « Pardon, monsieur, que pensez-vous de l’Algérie indépendante ? 

– Vous êtes qui, vous ? 

– Julien Thouret d’Europe 1, « Europe ouahad ». 

– Ah bon ! et qu’est-ce que vous voulez savoir ? 

– Ce que vous pensez de la nouvelle Algérie indépendante ? 

– Ah bon ! et on vous écoute dans toute l’Europe  

– Euh… oui ! presque toute l’Europe. 

– On vous entend en France, en Allemagne, en Italie ? 

– Oui, bien sûr. 

– Et en Espagne, en Angleterre, en Suisse ? 

– Bien sûr, voyons. 

– Egalement aux Pays-Bas et, peut-être en Amérique ? 

– C’est possible. 

– Alors  passez-moi  le  micro : « Au  secours…  au  secours… au secours ». 

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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