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Publié par Abbé Alain Arbez le 8 août 2020

On a souvent entendu commenter cet évangile de la marche de Jésus sur les eaux exactement comme une légende de la mythologie grecque. Comme si Jésus était venu démontrer ses pouvoirs magiques à des disciples bien obligés d’applaudir la performance.

Il faut évidemment aller plus loin que les apparences, et sortir du littéralisme. Car ce texte fait suite au récit de la multiplication des pains. Et Matthieu nous présente à travers Jésus l’action du Dieu de l’Exode qui nourrit son peuple au désert et écarte les flots de la mer des roseaux pour que se réalise l’événement pascal. Une naissance à travers les eaux, comme un providentiel baptême de liberté pour Israël.

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Le psaume évoque le Dieu libérateur de la Pâque en ces termes : « Sur la mer fut ton chemin ! Tu t’es fait un chemin sur les eaux ». Le message est que la victoire pascale sur les abîmes de la mort appartient au Seigneur ressuscité et on comprend que la signification de l’épisode évangélique n’est pas un record nautique, mais une expression de foi enthousiaste en Jésus vainqueur du mal, venu donner à ses amis la force de vaincre tout ce qui tire notre humanité vers les bas fonds.

En effet, il faut se rappeler que dans la tradition biblique, les eaux de la mer représentent les forces obscures et maléfiques, le séjour d’entités malfaisantes et menaçantes, illustrées par le léviathan. Alors, avec ce style littéraire imagé, l’évangile annonce que l’expérience pascale se poursuit, elle se réactualise avec Jésus, le nouveau Moïse : la victoire libératrice du bien sur le mal est assurée pour ceux qui auront confiance en lui.

Le livre des Rois nous montre Elie, prophète persécuté, qui cherche sa voie. Elie découvre combien Dieu respecte l’homme : Dieu n’est pas présent dans les phénomènes spectaculaires, il se manifeste discrètement comme une brise légère, à peine perceptible. Et Elie est invité à ouvrir son cœur à cette présence de Dieu à la manière d’un souffle qui revitalise.

De la même façon, dans l’évangile de Matthieu, après la multiplication des pains et des poissons, Jésus ne cherche pas à arracher par la force un acte de foi aux témoins de l’événement, il les laisse libres. La foule si enthousiaste d’avoir vécu le miracle des pains multipliés voudrait s’emparer de Jésus pour le couronner roi et chasser l’occupant romain. Devant un tel malentendu, Jésus s’échappe et va sur l’autre rive du lac. C’est une prise de distance par rapport aux attentes immédiates et aux logiques de pouvoir. C’est pourquoi il va prier dans la montagne, où il retrouve dans sa relation au Père l’inspiration de son engagement.

Pour nous aussi, il est parfois nécessaire de changer notre angle de vue : ici Jésus se met en face de son destin, face à Dieu et face aux hommes. Cela veut dire que la marche de Pierre sur les eaux à la rencontre de Jésus est une manière d’annoncer aux premières communautés qu’il est parfois difficile de croire – après le départ du Maître. En refusant un pouvoir dominateur sur les âmes, Jésus sait qu’il fera appel uniquement à une adhésion et à une mise en mouvement personnelle de chaque croyant. Pierre en est ici la parfaite illustration, puisque par ce cheminement dans la confiance, il va passer de la peur à la conviction, et du doute à la foi.

Il ne faut pas non plus sous-estimer le sens allégorique de la barque, qui représente l’Eglise – en route contre vents et marées – une Eglise qui doit affronter des tempêtes terribles. Le texte de Matthieu nous précise : « Vers la fin de la nuit », comme pour évoquer l’aube d’un jour nouveau instauré par la résurrection. « Vers la fin de la nuit, Jésus VINT », c’est le même terme qui est utilisé dans les évangiles pour les apparitions pascales aux disciples. Comme à Pâques, les disciples sont bouleversés, ils croient voir un fantôme, Jésus se fait reconnaître, et il dit, « c’est moi », ou plus exactement : « Je suis », expression réservée dans la Bible pour désigner la présence du Dieu créateur et transcendant (comme au buisson ardent : je suis qui je seraieye asher aye)

La réaction de Pierre exprime d’abord une attitude de doute devant cette proximité du ressuscité. Le doute peut faire partie d’un processus de foi. Mais sa prière « Sauve-moi » lui fait franchir l’étape suivante : par son cri du cœur spontané, il devient capable de reconnaître que Jésus est vraiment présent. Si Matthieu met en valeur Pierre, c’est parce qu’il représente l’Eglise « organisée » pour laquelle il a reçu la mission de berger du troupeau. L’Eglise qui prie, c’est la barque, secouée par ses fragilités et ses hésitations et qui finalement reconnaît Jésus Fils de Dieu solidaire de sa destinée.

L’image est forte : dans le doute et la peur, Pierre a commencé à s’enfoncer dans l’eau, et c’est son appel vers Jésus qui le sauve. C’est pourtant lui – Simon devenu Pierre – que Jésus a appelé à être pêcheur d’hommes ; c’est-à-dire animateur de l’équipe apostolique qui va  tendre la main à ceux qui risquent de se noyer dans les difficultés de l’existence, et voilà que Pierre lui-même perd pied et s’enfonce…

Aussitôt Jésus étendit la main, (« main étendue » : même expression que dans l’Exode, lorsque Dieu sauve son peuple des flots menaçants) : ainsi, Jésus par sa Pâque sauve Pierre de sa détresse.

« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

Cette même question peut s’adresser à nous aujourd’hui. Sans doute nous arrive-t-il d’avoir, également, la sensation de perdre pied à certains moments de notre vie. Nous nous posons des questions et le doute nous saisit, et c’est normal. Mais nous avons ici un encouragement à rester, quoi qu’il arrive, en lien avec le Ressuscité dans ces moments de trouble. Nous connaissons autour de nous des personnes qui ont eu une éducation chrétienne et qui s’éloignent de la barque de l’Eglise, captés par l’esprit du monde. Nous les voyons peu à peu s’enfoncer dans les problèmes, perdre leurs repères, leurs points d’appui et souvent, oublier le cap de leur traversée pour prendre des directions hasardeuses avec le risque d’être noyés.  

Ce récit de Matthieu est donc bien autre chose qu’un récit mythologique ou anecdotique. C’est une vraie vision spirituelle, une perception imagée mais réaliste de l’être humain en situation. Car chacun est en proie aux difficultés de la condition humaine, c’est pourquoi beaucoup cherchent cette main tendue qui leur offre un secours. Le nom même de Jésus signifie : Dieu sauve !

C’est une belle invitation pour nous tous à reprendre conscience de nos limites dans nos habitudes de penser la foi. Nous pouvons en cas de passage à vide orienter notre prière vers le Christ comme l’appel de Pierre, « Seigneur, sauve-moi ! » Un appel qui fortifie en même temps une conviction : « Seigneur, c’est toi qui me sauves ! ».  Avec toi, je vais m’en sortir

Car si nous sommes croyants, la foi n’est pas une réalité extérieure, qui serait par convention plaquée à notre vie humaine, elle ne grandit qu’à l’intérieur de ce que nous vivons, selon notre personnalité, avec nos joies et nos peines, nos doutes et nos convictions. Mais en toutes circonstances, nous bénéficions nous aussi de la barque de l’Eglise qui nous encourage et nous apporte soutien et encouragements.

Alors rappelons-nous le message de cet évangile : quel que soit notre chemin quotidien, Jésus ne nous laissera pas submerger par l’adversité. Si nous nous tournons résolument vers lui, il nous apportera la lumière et la force nécessaire pour franchir le passage tumultueux afin de poursuivre, tels que nous sommes, notre route vers son Royaume… amen.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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