Publié par Jean-Patrick Grumberg le 8 août 2020

Letitia James, une semaine avant son élection au poste de procureur général de New York à l’automne 2018, a déclaré dans un entretien avec Ebony que la NRA, la National Rifle Association était une « organisation terroriste », et qu’elle allait « la faire tomber ».

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Avance rapide jusqu’au 4 août 2020. Celle qui doit son élection au financement de sa campagne par l’Open Society de George Soros, dit qu’elle va faire une annonce explosive d’ici deux jours. L’annonce : elle veut faire dissoudre le puissant lobby après une enquête pour corruption et détournement du statut d’association sans but lucratif (501c).

La procureure générale de New York a de fait pris des mesures jeudi 6 août pour dissoudre la National Rifle Association, à la suite d’une enquête de 18 mois où elle dit avoir réuni des preuves que le puissant groupe de défense des droits des armes à feu est « truffé de fraudes et d’abus ».

Letitia James affirme dans son action en justice déposée jeudi qu’elle a trouvé des fautes financières de plusieurs millions de dollars qui a contribué à une perte de plus de 64 millions de dollars sur une période de trois ans.

Corrompue ? Comme la fondation Clinton ?

« L’influence de la NRA a été si puissante que l’organisation est restée incontrôlée pendant des décennies pendant que les cadres supérieurs se mettaient des millions dans leurs poches », a déclaré M. James dans un communiqué.

https://ag.ny.gov/press-release/2020/attorney-general-james-files-lawsuit-dissolve-nra

Le procès allègue que les cadres supérieurs de la NRA ont utilisé des fonds venant de dons à des fins personnelles, ont attribué des contrats à des amis et à des membres de la famille et ont fourni des contrats à d’anciens employés pour s’assurer de leur loyauté. Si les faits sont avérés – et nous ne le saurons qu’à l’issue du procès – c’est à peu de choses près ce qui est reproché à la fondation Clinton, à la différence qu’elle n’a jamais été poursuivie en justice du fait de la lâcheté des Républicains.

Dans sa plainte, James énumère des dizaines d’exemples de malversations financières présumées :

  • Utilisation de fonds de la NRA pour des vacances, des jets privés et des repas coûteux.
  • Elle affirme que les dirigeants de l’organisation caritative « ont institué une culture d’auto-détournement, de mauvaise gestion et de surveillance négligente » qui a contribué au « gaspillage et à la perte de millions d’actifs ».
  • Le procès vise à dissoudre la NRA dans son intégralité, et demande à la cour d’ordonner au président Wayne LaPierre et aux autres cadres, actuels et anciens, de rembourser les profits illégaux.
  • Elle vise également à écarter LaPierre et le conseiller général John Frazer de la direction de l’organisation, et à empêcher les quatre personnes nommées de siéger au conseil d’administration d’une quelconque organisation caritative à New York.

Le salaire, les primes, les autres rémunérations en espèces et en nature et les autres avantages accordés aux défendeurs individuels étaient excessifs et constituent un gaspillage des actifs caritatifs de la NRA, ainsi qu’une activité illégale et non autorisée », peut-on lire dans la plainte.

https://ag.ny.gov/sites/default/files/final_nra_summons_complaint_08.06.20.pdf

Les faits reprochés ont été rapportés par des membres du personnel de Phillips, qui ont agi en tant que lanceurs d’alerte en 2018, selon la plainte de James.

Une opération hautement politique en cette année électorale

Chercher à dissoudre la NRA est la sanction la plus agressive que James aurait pu demander contre l’organisation à but non lucratif, sur laquelle James a compétence parce qu’elle est enregistrée à New York. James dispose d’un large éventail d’autorités relatives aux organisations à but non lucratif de l’État, y compris le pouvoir de forcer les organisations à cesser leurs activités ou à se dissoudre.

Les dirigeants Démocrates ont compris que l’enthousiasme électoral n’est pas du côté de « Sleepy Joe », le surnom qui lui va comme un gant que lui a donné le président Trump. Alors ils font feu de tout bois pour doper leur base et l’inciter à voter – d’où les pressions pour le vote par correspondance, qui permet, pensent-ils, de compenser en partie l’apathie des électeurs, dont la motivation est si faible que beaucoup ne se déplaceront pas.

Et quoi de mieux, pour mettre l’eau à la bouche des électeurs Démocrates, qu’un avant-goût du mal qu’ils feront aux Républicains s’ils remportent la présidentielle et les deux chambres du Sénat !

Si d’un côté les Républicains se servent de cette affaire pour mettre en garde leurs électeurs de ce qui va leur arriver à coup sûr si Joe Biden est élu, en symétrie, les Démocrates voient cela comme une façon de donner l’eau à la bouche aux électeurs qui risquent de vouloir s’abstenir.

  • En réaction, le président Trump a conseillé à la NRA de déplacer leur siège social au Texas, où ils ne seront pas harcelés par l’appareil judiciaire au service de la politique.
  • Peu après les commentaires de M. Trump, le procureur général du Texas, Ken Paxton, et le lieutenant gouverneur Dan Patrick ont lancé des invitations ouvertes à la National Rifle Association à déménager.

Harcèlement judiciaire

Ce que la gauche ne parvient pas à obtenir dans les urnes, elle l’obtient par des voies détournées. La constitution protège le droit des citoyens à posséder une arme ? Qu’à cela ne tienne, nous allons asphyxier le lobby des armes.

La NRA croule déjà sous les procès destinés à la saigner, et sa situation financière est désastreuse. Un enregistrement secret obtenu par la NPR (1) au début de l’année a révélé que M. LaPierre avait déclaré aux participants d’une réunion du conseil d’administration de la NRA que les batailles juridiques de 2018 et 2019 avaient coûté 100 millions de dollars au groupe. « C’est énorme », a déclaré M. LaPierre.

Le bureau du procureur général de Washington D.C. a également poursuivi la NRA jeudi sur la base d’allégations similaires.

Contre-attaque

La NRA est une force majeure en politique depuis des décennies.

  • La présidente nationale de la NRA, Carolyn Meadows, a qualifié les allégations de « vendetta politique », destinée à entraver « la voix principale de l’opposition à l’agenda de la gauche » à l’approche des élections de 2020.
  • M. LaPierre a qualifié les poursuites d' »affront à la démocratie et à la liberté … visant à démanteler et à détruire la NRA », qui, a-t-il insisté, « est bien gouvernée, financièrement solvable et engagée dans la bonne gouvernance ».
  • L’avocat de la NRA, William Brewer, basé à Dallas, a déclaré :

« Nous allons défendre agressivement cette organisation et ses membres. …

Les transactions en question ont été examinées, vérifiées et approuvées – et chaque dollar dépensé par la NRA l’a été dans le cadre de sa mission de défense de la liberté constitutionnelle. Fin de l’histoire ».

« Vous auriez pu régler votre montre sur cet événement, a ajouté Carolyn Meadows. Il était certain que l’enquête allait atteindre son crescendo alors que nous entrons dans le cycle électoral de 2020.

C’est une tentative transparente de marquer des points politiques et d’attaquer la voix principale de l’opposition à l’agenda de la gauche. Il s’agit d’une prise de pouvoir par un opportuniste politique – un geste désespéré qui s’inscrit dans une vendetta politique de haut niveau. Nos membres ne seront pas intimidés dans leur défense de la liberté politique et constitutionnelle ».

Meadows a ajouté que la NRA « ne reculera pas devant ce combat – nous l’affronterons et nous gagnerons. »

La NRA dépose plainte contre la procureure

Jeudi – le jour même où James a introduit son action en justice pour démanteler le groupe pro-armes à feu, la National Rifle Association a entamé des poursuites judiciaires contre la procureure générale de New York, Letitia James.

Dans sa contre-attaque, la NRA affirme que les poursuites dont ils sont la cible visant à démanteler leur organisation sont une « attaque préméditée » délibérément programmée pour contrecarrer les chances de réélection de Trump.

« Il ne fait aucun doute que les actions de James contre la NRA sont motivées et causées en grande partie par son hostilité à l’égard de la défense politique de la NRA », affirme la poursuite devant la Cour fédérale d’Albany.

James a fait une promesse de campagne d’enquêter sur la légitimité de la NRA en tant qu’organisation à but non lucratif et a porté ce flambeau après son élection parce qu’elle est en désaccord avec sa politique, dit la plainte.

James a « calomnié » le groupe « sans la moindre preuve, ni la moindre conviction sincère, et dit que la NRA violait la loi sur les associations à but non lucratif de New York, ou toute autre loi ».

En supposant que l’issue du procès soit négatif pour la NRA, ce n’est pas le droit de posséder une arme qui sera retiré aux citoyens américains, mais leur représentation à Washington et dans la protection de ces droits, constamment attaqués par les Démocrates. Ainsi, pendant le confinement dû au coronavirus, la NRA a poursuivi en justice le gouverneur de New York qui a fait fermer les armuriers comme n’étant pas des commerces de première nécessité.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. https://www.npr.org/2020/04/21/839999178/secret-recording-reveals-nras-legal-troubles-have-cost-the-organization-100-mill

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