Publié par Abbé Alain Arbez le 12 août 2020

Les rencontres entre croyants de diverses appartenances religieuses peuvent parfois produire de l’illusion. Mais elles peuvent également favoriser de meilleures connaissances réciproques et créer des liens interpersonnels constructifs.

Mais pour que la démarche « interreligieuse » des chrétiens ait du sens et aboutissent utilement, encore faut-il être au clair avec l’histoire de sa propre foi avant de s’aventurer sur des terrains piégés, comme c’est le cas dans un pseudo-dialogue avec des musulmans.

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Première étape, l’œcuménisme interchrétien, célébré lors du 500ème anniversaire de la Réforme, qui nous rappelle les temps d’une Eglise apostolique indivise. Vécu à différents niveaux dans nos Eglises respectives, l’engagement oecuménique n’est pas matière à option, c’est une dimension vitale pour chaque baptisé, comme l’a rappelé le Concile Vatican II. Le monde attend un message chrétien cohérent. Les Eglises du Proche Orient donnent un spectacle affligeant, et celles de l’Occident montrent une dérive qui est celle de la mondanisation.

Depuis l’initiative inspirée du pape Jean XXIII réactivant les fondamentaux du christianisme, à Rome le dicastère pour l’œcuménisme est simultanément celui des relations avec le judaïsme. Ce n’est pas un hasard, car sans la tradition biblique du premier Testament, les convictions chrétiennes n’auraient ni enracinement ni pertinence.

Or l’œcuménisme interchrétien ne peut progresser que grâce à cet approfondissement permanent des origines judaïques communes aux dénominations chrétiennes. Les Eglises ne sont pas là pour s’annoncer elles-mêmes, mais pour poser des signes du Royaume de Dieu. Ainsi, pour comprendre l’eucharistie, il faut retrouver le sens originel de ce que Jésus a voulu signifier à travers son rituel juif de la Pâque, un mémorial actualisé appelé « zakhor ».

Le partage des approches aujourd’hui très documentées de la Parole de Dieu permettra aux chrétiens de préciser d’où l’on vient pour définir où l’on va. C’est d’ailleurs exactement ce à quoi encourageait le dernier document du Magistère catholique de fin 2015 « les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables ! ». L’expérience d’Israël n’est pas périmée, ni disqualifiée par la tradition de l’Eglise. Il est donc recommandé aux catholiques de se nourrir des lectures juives du texte biblique pour revivifier l’interprétation chrétienne, et sortir de l’instrumentalisation abusive du Premier Testament.

A partir d’une démarche œcuménique de retour aux sources, le dialogue interreligieux doit urgemment se doter de critères qui évitent aux chrétiens les égarements ou les confusions. Car comment dialoguer valablement avec des membres de l’islam, du bouddhisme, ou des nouveaux mouvements religieux, sans que ce soit à partir de convictions spirituelles clarifiées et issues de la matrice judéo-chrétienne ? 

Les catholiques, les orthodoxes et les protestants trouveront, dans ce retour œcuménique aux sources, de quoi éclairer d’une même voix leurs échanges interreligieux avec les religions non bibliques, et ils témoigneront ainsi – dans un respect critique- de la Révélation providentielle qui a été depuis Abraham, celle de valeurs fondatrices offertes à tous, dans ce monde confus et tourmenté qui est le nôtre aujourd’hui.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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