Publié par Christian Larnet le 23 août 2020

Le maire d’un village, qui a été nommé par le gouvernement égyptien vient de décréter qu’une famille chrétienne doit vendre sa maison et quitter son village, un incident sans précédent pour ce village.

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L’affaire concerne un jeune chrétien qui a accidentellement renversé et tué une jeune fille musulmane dans les rues étroites du village de Hawarat al-Maqta. Malgré le fait que de tels accidents sont très fréquents sur les routes chaotiques et quasi anarchiques d’Égypte, malgré le fait que même le père de la jeune fille ait reconnu qu’il s’agissait d’un accident et n’accuse pas la jeunesse chrétienne, et malgré le fait que ces sessions soient informelles et destinées à trouver la solution la plus équitable avant que les tribunaux ne soient impliqués, le maire Hanni Snofar du gouvernorat du Fayoum, qui a été invité à la session, a ordonné non seulement l’expulsion du jeune homme, mais aussi de toute sa famille, qui doit vendre sa maison dès que possible et essentiellement s’exiler.

Cela s’est produit lors d’une « séance de réconciliation » traditionnelle. En Égypte, les autorités locales et les parties impliquées dans un conflit se rencontrent souvent en dehors des salles d’audience afin de résoudre les problèmes et de rétablir la paix avant d’impliquer la loi.

Selon le rapport du 15 août :

Ce n’était qu’une banale séance de réconciliation, mais elle s’est transformée en un tribunal anti-chrétien où le maire a ordonné la vente de la maison de la famille chrétienne et son expulsion.

De quel droit le maire juge-t-il et émet-il des décrets d’expulsion obligatoires à une famille, la forçant à vendre sa maison et lui créer d’autres problèmes ? N’avons-nous plus de magistrats pour statuer sur de tels cas ?

Il va sans dire que si la jeune fille musulmane avait été accidentellement tuée par un jeune musulman, personne ne serait obligé de vendre sa maison et de déménager.

Les séances de réconciliation sont régulièrement utilisées contre les chrétiens d’Égypte, notamment lorsqu’ils sont attaqués, en faisant pression sur eux pour qu’ils abandonnent les charges contre leurs persécuteurs.

Cette pratique est si courante qu’un livre y a été entièrement consacré en 2009.

Voici une critique du livre, qui est intitulé Traditional Reconciliation Sessions and Copts, qui explique que le coupable sort toujours triomphant et la victime écrasée :

En une centaine de pages, le livre examine comment l’appareil de sécurité en Égypte choisit de « réconcilier » les coupables et les victimes dans des crimes où les églises sont brûlées ; les biens et les maisons des Coptes sont pillés, et les Coptes eux-mêmes agressés, battus et parfois assassinés ; et cependant, les moines ne sont pas épargnés.

Même s’il va de soi que de tels cas devraient être examinés par des tribunaux où les coupables seraient condamnés à des peines équitables, cela n’est presque jamais autorisé.

Et même dans les rares cas qui ont pu être portés devant les tribunaux, les coupables n’ont jamais été condamnés à des peines équitables, car la police ne fournit pas toujours les preuves incriminantes à leur encontre.

Le scénario grotesque des séances de réconciliation a donc sans aucun doute dominé la scène des attaques contre les coptes, même si ces séances se sont avérées n’être rien d’autre qu’un recul sévère des droits civils.

Politiquement parlant, l’objectif des autorités – à travers les séances de réconciliation – est d’assurer une façade rose aux « relations amicales traditionnelles entre musulmans et coptes », ce qui implique qu’ils vivent heureux pour toujours.

Mais le résultat est déchirant : les seuls gagnants de ces séances sont les fauteurs de troubles et les fanatiques qui ont provoqué les attentats et qui, le plus souvent, échappent à la punition et sortent vainqueurs. Quant aux victimes coptes, elles sont laissées à elles-mêmes pour panser leurs plaies.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Christian Larnet pour Dreuz.info.

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