Publié par Magali Marc le 18 août 2020


Les Nord-Coréens n’ont plus le droit de garder des chiens de compagnies qui étaient devenus des symboles du luxe et d’élégance à l’occidentale. La Corée du Nord fait face à une pénurie alimentaire suffisamment grave pour amener le dictateur Kim Jong-un à confisquer les chiens et à les vendre dans les restaurants nord-coréens où leur viande est demeurée un mets délicat.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit cet article de Julian Ryall, paru dans le Daily Mail et repris par le National Post, le 17 août.

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Les Nord-Coréens ont reçu l’ordre de livrer leurs chiens de compagnie

Les Nord-Coréens ont reçu l’ordre de livrer leurs chiens de compagnie afin d’approvisionner en viande les restaurants, car le pays fait face à une grave pénurie alimentaire.

Le dictateur Kim Jong-un a annoncé en juillet que la possession d’un animal de compagnie était désormais interdite par la loi. Les autorités ont identifié les foyers de Pyongyang qui possèdent des chiens de compagnie et les confisquent. Certains de ces chiens sont envoyés dans des zoos publics ou vendus à des restaurants qui servent de la viande de chien.

Kim Jong-un a déclaré que les chiens de compagnie sont un symbole de la « décadence » capitaliste et a ordonné que les chiens de Pyongyang soient saisis. Les propriétaires des chiens craignent que leurs animaux de compagnie bien-aimés soient utilisés pour résoudre la pénurie alimentaire de la nation.

Le dictateur Kim a annoncé en juillet que la possession d’un animal de compagnie était désormais interdite par la loi, dénonçant le fait d’avoir un chien à la maison comme étant « un geste corrompu de l’idéologie bourgeoise ».

Les autorités ont identifié des foyers possédant des chiens de compagnie et les forcent à les abandonner ou les confisquent de force et les abattent, a déclaré une source au journal sud-coréen Chosun Ilbo.

Certains de ces chiens sont envoyés dans des zoos gérés par l’État, d’autres sont vendus à des restaurants servant de la viande de chien.

Un récent rapport des Nations unies a déclaré que jusqu’à 60 % des 25,5 millions d’habitants de la Corée du Nord sont confrontés à une « pénurie alimentaire généralisée », aggravée par les sanctions internationales imposées au régime à cause de son programme de missiles nucléaires.

La viande de chien a longtemps été considérée comme un mets apprécié dans la péninsule coréenne, bien que la tradition de manger des chiens disparaît progressivement en Corée du Sud. Pourtant, on estime qu’un million de chiens y sont élevés dans des fermes pour être consommés chaque année.

Le meilleur ami de l’homme demeure un aliment de base sur les menus en Corée du Nord. Cependant, seuls un certain nombre de restaurants sont spécialisés dans la viande de chien à Pyongyang.

La viande de chien est la plus populaire pendant les mois d’été chauds et humides, car on pense qu’elle fournit énergie et endurance.

Souvent servie dans une soupe épicée ou un ragoût de légumes, elle est également connue pour augmenter la température du corps pendant les froids mois d’hiver.

Le Chosun Ilbo a rapporté que les propriétaires d’animaux de compagnie « maudissent Kim Jong-un en privé » – mais ils ne peuvent pas faire grand-chose, car refuser de se conformer aux ordres pourrait être interprété comme un acte de défi à l’égard d’un dirigeant qui aime être appelé la Dignité Suprême.

L’interdiction des animaux de compagnie aura également surpris de nombreux habitants de Pyongyang de la classe moyenne, qui ont commencé à adopter des chiens de compagnie après que le régime ait tenté de redorer son image à l’approche du Festival mondial de la jeunesse et des étudiants de 1989.

Illustrant le développement économique et la vie élégante, les familles riches se montraient en train de promener leurs animaux de compagnie, lesquels ont même fait des apparitions dans des feuilletons télévisés de l’État.

En octobre 2018, Kim lui-même a offert une paire de chiens de chasse indigènes « pungsan » à Moon Jae-in, le président sud-coréen, comme symbole de la détente entre les deux nations.

Les « chiots de la paix » l’ont échappé belle puisque leur départ pour le Sud a coïncidé avec une demande faite aux Nord-Coréens ordinaires de payer une taxe sur la fourrure de chien, qui sera transformée en manteaux, pour marquer la fondation du Parti des travailleurs.

Le pays est confronté à une pénurie alimentaire, aggravée par la décision de fermer la frontière avec la Chine en raison du coronavirus. Pékin est traditionnellement le principal soutien de Pyongyang et la source d’une grande partie de la nourriture nécessaire pour nourrir le peuple de Kim.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Sources :






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