Publié par Gaia - Dreuz le 13 septembre 2020

Source : Sud-ouest

Navid Afkari, 27 ans, n’est plus. L’Iran a annoncé samedi avoir exécuté le lutteur qui avait été condamné à mort pour le meurtre d’un fonctionnaire lors d’ »émeutes » en 2018, selon le site internet de la télévision d’Etat.

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La sentence du « qesas », c’est-à-dire la « loi du talion », une peine de « rétribution », a été exécutée ce matin dans une prison de Chiraz, a indiqué à la télévision étatique le procureur général de la province de Fars, Kazem Mousavi.La peine capitale a été appliquée « face à l’insistance de la famille de la victime », a-t-il ajouté.

Mais selon l’avocat de Navid Afkari, Me Hassan Younessi, une rencontre avec la famille de la victime devait avoir lieu dimanche pour « demander pardon » et ainsi éviter l’application de la peine capitale. »Etiez-vous si pressés que vous avez refusé à Navid son droit à une dernière visite », s’est insurgé Me Younessi sur Twitter.

Trump avait demandé la grâce de Navid Afkari

L’organisation de défense des droits humains Amnesty international s’était alarmée vendredi de l’ »exécution secrète imminente » de Navid Afkari, affirmant que lui et ses deux frères, condamnés à de lourdes peines de prison dans la même affaire, étaient les « dernières victimes du système judiciaire iranien déficient ».

Selon l’Autorité judiciaire, Navid Afkari avait été reconnu coupable d’ »homicide volontaire » sur un fonctionnaire de la régie publique de l’eau à Chiraz, poignardé le 2 août 2018.

Comme plusieurs autres villes d’Iran, Chiraz avait été le théâtre ce jour-là de manifestations hostiles au pouvoir et dénonçant la situation économique et sociale du pays.

Le verdict avait fait polémique et les soutiens avaient afflué en Iran comme à l’étranger après la publication d’informations à l’étranger affirmant que Navid Afkari, 27 ans, avait été condamné sur la base d’aveux extorqués sous la torture. L’agence de l’Autorité judiciaire Mizan online avait démenti début septembre ces accusations.

Le président américain Donald Trump avait appelé l’Iran à « épargner » la vie d’une « grande star de la lutte (…) qui n’a fait que participer à une manifestation antigouvernement ».

Avec au moins 251 exécutions en 2019, l’Iran est, après la Chine, le pays qui a le plus recours à la peine capitale selon le dernier rapport mondial sur la peine de mort publié par Amnesty International. Ce nombre a néanmoins « diminué de moitié » par rapport à 2018, selon Amnesty.

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