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Publié par Gaia - Dreuz le 13 septembre 2020

Source : Lepoint

À la barre mercredi, le journaliste Fabrice Nicolino, blessé le 7 janvier, a dénoncé ceux qui ont « préparé le terrain » aux attentats contre « Charlie Hebdo ».

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Et le procès devint directement politique. Et les journalistes présents, nombreux, consciencieux, alignés sur les bancs des salles 2.02, 2.03, 2.04, furent directement apostrophés. Ce mercredi, lorsque le journaliste Fabrice Nicolino vient témoigner, il refuse la chaise qui lui est proposée. Il boite, il s’aide d’une béquille, mais il reste debout, les mains aux hanches. Sur l’attentat contre Charlie Hebdo, il ne livre que quelques mots. « Qu’est-ce que je peux vous dire ? »

Trente ans plus tôt, le 29 mars 1985, il avait été victime d’un premier attentat islamiste, au cinéma Rivoli Beaubourg où il avait entraîné deux amis pour un festival du film juif. Paradoxalement, dit-il, cet épisode l’a peut-être sauvé : le 7 janvier 2015, quand tous ses amis se soulèvent de leur siège en voyant entrer les terroristes, exposant leur poitrine et leur visage, lui se jette aussitôt en arrière, essayant de tirer une table sur lui. Il reçoit trois balles, une dans chaque jambe, une dans l’épaule. Il y a ensuite les hôpitaux, les opérations, la brume de la morphine, plus tard un changement de prénom, un déménagement – toutes choses sur lesquelles il ne s’étend pas.

« La liberté, ça ne se discute pas, ça se défend »

Fabrice Nicolino raconte en revanche très précisément ce que le journal est devenu. « Quand on arrive à Charlie aujourd’hui, à Paris, en 2020, il y a une porte métallique, bardée de badges et de caméras. La porte s’ouvre, il y a un premier sas qui conduit à une deuxième porte métallique, qui conduit à une cour pavée, à droite de laquelle il y a un système de contrôle à rayons X. On arrive à une troisième porte, à l’épreuve des balles, un sas, une quatrième porte. Là, on arrive à l’entrée de Charlie, elle est bourrée de flics évidemment, puis il y a un ascenseur, on arrive à une cinquième porte très épaisse, on la tire, on a parfois du mal à l’ouvrir, puis une sixième porte, aussi épaisse que la première, avec un vigile. On entre, on est maintenant à Charlie. On arrive, on s’assoit, et là on doit rigoler parce que Charlie est un journal rigolo. »

Et puis, Fabrice Nicolino explose mais de la même voix lente et précise – et en essayant, dit-il, de « rester poli ». Il s’adresse aux journalistes, donc, qui suivent aujourd’hui le procès, mais ne se sont pas intéressés à ce que Charlie vivait ces dernières années, à la façon dont la liberté de la presse était entravée dans le Paris de 2020. Il s’adresse « aux grands esprits qui défendent la liberté à Pétaouchnok ou en Biélorussie », mais ne regardent pas ce qu’ils ont sous les yeux. Il s’adresse aux intellectuels qui baissent les bras. Aux « gens épouvantables qui nous attaquent et qui ruinent notre réputation, à ceux qui ne comprennent pas que la liberté, ça ne se discute pas, ça se défend. Je les vomis, tous. »

Et Edwy Plenel au premier chef, « Plenel, la conscience morale de cette société », qui s’était fâché en 2017 d’un dessin de Coco – elle avait imaginé « les fameuses moustaches de Plenel qui s’entortillaient, lui bouchaient les yeux, les oreilles et l’empêchaient de voir que Tariq Ramadan était un petit salaud. » « Plenel ose écrire que Charlie mène une guerre aux musulmans. Il faut savoir ce qu’on écrit, si vraiment Charlie mène une guerre alors tout est permis en retour ! Comment un homme comme lui a pu mener une infamie pareille ? » La France est « malade », dit-il, de cette génération d’intellectuels biberonnés au stalinisme, qui se sont menti à eux-mêmes sur la nature de cette idéologie-là, qui aujourd’hui « refusent leur responsabilité et nous regardent crever dans notre coin sans broncher ».

« Chacun à sa mesure a joué un rôle détestable »

Avant cela, il y a eu 2013, la petite musique qui montait alors dans Paris et qui accusait Charlie d’être raciste et islamophobe, le « réseau dense des gens qui ont conchié Charlie et qui ont refusé de voir l’évidence de ce nouveau totalitarisme qu’était le terrorisme islamiste, qui ont préféré nous calomnier ». « Les attentats de 2015 ont poussé sur un substrat, chacun à sa mesure a joué un rôle détestable. Quand vous attaquez de cette façon des gens comme moi et mes amis de Charlie, vous donnez quitus à ce qui va suivre. Ça, jamais on ne le leur pardonnera. »

Aujourd’hui, dit encore Fabrice Nicolino, cinq ans plus tard, la situation est pire encore. « En apparence, ce tribunal en est une preuve, on prend ça au sérieux. Mais où sont les combattants de la liberté ? Les journalistes français s’en foutent. » Il répète, encore : « L’indignation ne suffit pas. Nom de Dieu, il faut se battre. »

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