Publié par Dreuz Info le 19 septembre 2020

A deux mois de l’élection présidentielle américaine, qui devra départager Donald Trump et Joe Biden, il reste difficile de dire si une victoire de l’un ou l’autre aurait des effets importants sur l’économie européenne.

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La croissance européenne affectée de façon majeure par les changements d’administration aux Etats-Unis ? À moyen et long-terme, il n’y a pas vraiment d’effet, car ce qui fait la croissance, c’est la quantité de travail, la quantité de capital et la productivité globale des facteurs (PGF dans le modèle de Solow). Ce sont des choix nationaux.

Qui serait le meilleur candidat pour les intérêts économiques européens ?

Personne ne sait ce que fera exactement Joe Biden s’il est élu. Personne ne sait, et lui-même ne le sait pas, ce que fera Trump.

Une fois encore, il ne faut pas rechercher les causes de notre faible croissance ailleurs qu’en nous-mêmes. Ce qui fait l’essentiel de la croissance dans nos pays ce sont des politiques économiques nationales, l’UE n’étant que marginale, comme l’attestent les différences fortes en son sein et dans la zone euro.

Que l’on s’appelle Trump ou Biden, l’économie a une forme importante d’autonomie aux Etats-Unis, contrairement à un pays très centralisé comme la France. De plus, le Président américain doit composer avec une administration et une élite qui poussent dans un certain sens – ce qui n’est pas le cas en France malgré la tentative permanente des Présidents de se défausser sur le soi-disant «Etat profond». Ceux qui pensent que Trump a inventé la conflictualité avec la Chine et qu’en conséquence, si Trump part, ce conflit se terminera, font fausse route. Ce sont les mêmes qui ont reproché à Trump son désintérêt pour l’OTAN et qui ont applaudi quand Obama se tournait, de manière certes moins brutale – vers l’Asie (thème du «pivot»). Les élites politiques, y compris démocrates, sont convaincues que la Chine sera au XXIe siècle, d’une manière différente mais pas nécessairement moins dangereuse- ce que l’URSS l’été au XXe.

L’euro va-t-il sortir gagnant d’une fluctuation trop importante du dollar ?

La vraie question, me semble-t-il, est de savoir s’il y a des signes tangibles d’affaiblissement structurels du dollar américain qui permettraient à l’euro de s’affirmer de la manière dont ses concepteurs l’on souhaité, comme alternative crédible au dollar. Pour l’instant, la réponse me semble NON. La crise du Covid l’a encore montré : en cas de difficultés graves, on revient toujours vers le dollar. Ceci changera quand un autre pays/ un autre ensemble sera capable d’offrir la stabilité politique/ le dynamisme économique/ la capacité militaire de mettre fin à toute guerre si nécessaire partout sur la planète. Un beau rêve d’Europe… si loin de l’Amérique.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Mathieu Cazal pour Dreuz.info.

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