Publié par Eber Haddad le 21 septembre 2020

Pour répondre aux questions de ceux qui ne comprennent pas très bien tout le tapage fait autour de Ruth Bader Ginsburg, la juge à la Cour Suprême des États-Unis qui vient de mourir à l’âge de 87 ans, et de son remplacement qui va très certainement créer un grand chamboulement, peut-être même des troubles graves ces prochaines semaines, et pourquoi ça va forcément interférer dans les élections présidentielles, voici une brève explication :

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La Cour Suprême est l’une des trois branches du gouvernement avec l’Exécutif (le Président) et le Législatif (le Congrès = Sénat + Chambre des Représentants équivalents des Députés en Europe). La Cour Suprême représente le Judiciaire. Elle reste un recours et un arbitrage quand il n’y a pas d’accords entre l’exécutif et le législatif ou entre les états et le gouvernement fédéral. Elle peut également, dans certains cas, être activée par des particuliers pour des procès dont les résultats feraient jurisprudence, mais c’est assez rare. C’est le cas notamment de « Roe vs Wade » en 1973 qui a fait jurisprudence concernant l’avortement, l’a rendu légal au niveau fédéral et a marqué le début de la politisation de cette vénérable institution. Avant « Roe vs Wade », elle n’était pas aussi politisée qu’elle l’est à présent.

Comme il y a neuf juges nommés à vie, inamovibles, après qu’ils aient été choisis par le Président en exercice et confirmés par le Sénat, il y a forcément une majorité qui se dégage de cinq contre quatre. Il est donc venu à l’idée des politiciens, principalement de gauche, d’en faire un contre-pouvoir, un instrument partisan et il est très important maintenant d’y avoir la majorité d’autant plus qu’elle reste stable pendant des années et n’est pas sujette aux élections.

Ruth Bader Ginsburg était Démocrate, nommée par Bill Clinton, radicalement ancrée à gauche, donc fortement anti Trump, et était malade, atteinte depuis plusieurs années d’un cancer du pancréas. En fait elle aurait déjà dû démissionner depuis trois ou quatre ans au moins puisqu’elle n’était plus capable d’assumer ses fonctions comme l’ont fait pour raisons de santé beaucoup de juges avant elles, à l’instar du grand Thurgood Marshall, premier juge noir de cette institution. Les médias, très discrets à ce sujet, ne l’ont pas relevé alors que si elle avait été conservatrice, il y aurait eu une forte pression médiatique pour la pousser à le faire. Inamovible, elle a décidé de se maintenir malgré ses absences fréquentes et a tenu dans l’espoir que son ou sa remplaçant(e) ne soit pas nommé(e) par Trump. Elle a raté de quelques semaines sa sortie.

Constitutionnellement, Trump a tout à fait le droit de nommer la personne qui va la remplacer, et ce jusqu’aux élections. Le Sénat a suffisamment de majorité Républicaine, semble-t-il, malgré la défection de trois sénateurs républicains pour des raisons électorales, pour pouvoir voter en faveur de la personne nommée par le Président Trump. Traditionnellement, il y a encore quelques années, il ne suffisait pas d’avoir la majorité simple pour être confirmé par le Sénat, il était entendu qu’il devait y avoir une partie de l’opposition votant également dans le même sens mais les Démocrates ont aboli cette tradition en faisant le forcing pour une de leur nomination fortement controversée, se passant ainsi de cette tradition. Cela a fini par se retourner contre eux. Les prochaines semaines vont être très agitées, voire même violentes, à Washington et peut-être ailleurs dans le pays. Gageons que les Démocrates vont tout faire pour perturber le processus y compris avec des coups bas et des mensonges comme ceux utilisés contre la précédente nomination, il y a un peu plus d’un an, de Brett Kavanaugh victime d’une chasse aux sorcières digne du maccarthysme le plus abject. Cela va fortement mobiliser et galvaniser les partisans des deux camps pour les élections présidentielles.

D’où l’importance de cette nomination et le retentissement qu’a eu le décès.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Eber Haddad

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