Publié par Dreuz Info le 23 septembre 2020

Lors d’un débat sur le mode exquis, affable et équilibré « Tous contre le Pr. Samuel Furfari » sur RTL le dimanche 20 septembre 2020, le charmant Jean-Pascal van Ypersele, candidat malheureux à la présidence du GIEC, a contesté que le GIEC avait reconnu, dans son troisième rapport, l’impossibilité de prévoir le climat à long terme.

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Poursuivant le débat sur Twitter — technique typique de ceux qui ont perdu l’argument en direct — le charmant van Ypersele émet juste après le débat télévisé ces deux tweets :

Pourrait-on inviter Monsieur van Ypersele à se relire attentivement avant de publier ?

Reprenons (lentement) :

1. Dans son troisième rapport (« AR3 ») le GIEC écrit : « In sum, a strategy must recognise what is possible. In climate research and modelling, we should recognise that we are dealing with a coupled non-linear chaotic system, and therefore that the long-term prediction of future climate states is not possible. The most we can expect to achieve is the prediction of the probability distribution of the system’s future possible states by the generation of ensembles of model solutions. This reduces climate change to the discernment of significant differences in the statistics of such ensembles. »

En français (ma traduction au départ de l’original en anglais) : « En somme, une stratégie doit reconnaître ce qui est possible. Dans la recherche et la modélisation du climat, nous devons reconnaître que nous avons affaire à un système chaotique non linéaire couplé, et donc que la prédiction à long terme des états climatiques futurs n’est pas possible. Le mieux que nous puissions espérer est la prédiction de la distribution de probabilité des futurs états possibles du système par la génération d’ensembles de solutions modélisées. Cela réduit le changement climatique au discernement de différences significatives dans les statistiques de ces ensembles. 

2. Selon van Ypersele, ce que le GIEC soutient dans ce passage est (1) que la météo est imprévisible à long terme, mais (2) que le climat quant à lui est bel et bien prévisible à long terme. Le libellé du tweet de van Ypersele est limpide : « Le texte du GIEC parle correctement de l’impossibilité de prévoir à long terme un état précis du système climatique à un moment donné (ex: la météo du 21 juillet 2100). Le GIEC explique ensuite que cela n’empêche pas de prévoir la distribution probable de ces états, càd le climat ».

3. Problème : le GIEC ne parle pas de la météo dans le passage en question, seulement de « future climate states ». Mais peut-être le GIEC vise-t-il la météo par l’expression de « future climate states » ? La réponse à cette question figure sur la même page 774 du rapport du GIEC, qui stipule : « Climate states are defined in terms of averages and statistical quantities applying over a period typically of decades ». En français (ma traduction de l’original en anglais) : « Les états climatiques sont définis en termes de moyennes et de quantités statistiques s’appliquant sur une période généralement de plusieurs décennies. »

4. Il apparaît ainsi nettement que, contrairement aux allégations du candidat malheureux, l’expression « climate states » dans le passage évoqué par le Pr. Furfari de l’AR3 ne vise expressément pas la météo, mais des moyennes et quantités statistiques appliquées sur des périodes de plusieurs décennies, c’est-à-dire… le climat ! La négation parfaite de la notion de « la météo du 21 juillet 2100 » (© van Ypersele).

En conclusion, contrairement aux allégations du fantaisiste van Ypersele, le GIEC reconnaît bel et bien, et littéralement, dans son AR3 l’impossibilité de prévoir le climat à long terme. La seule voie offerte, toujours par le GIEC et dans le même rapport, est la construction de modèles informatiques permettant de discerner la possibilité, sur le mode de distributions probabilistes, de certains « scénarios » climatiques. Une ambition problématique par elle-même, car portant sur des systèmes chaotiques, mais infiniment plus humble et modeste que les envolées lyriques et hybristiques de Monsieur van Ypersele sur le mode de Madame Soleil.

À titre personnel, nous avions été fort peiné par l’échec de van Ypersele à la présidence du GIEC. Mais comment ne pas comprendre que le GIEC ait refusé de mettre à sa tête un amateur qui n’est pas capable de lire les rapports du GIEC avec rigueur et lucidité ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Drieu Godefridi pour Dreuz.info.

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