Publié par Gaia - Dreuz le 30 septembre 2020

Source : Huffingtonpost

Dans « Les silencieux », Eric Delbecque dévoile ces mécanismes insidieux des salafistes qui utilisent notre permissivité pour diffuser une idéologie d’exclusion préparatoire au passage à l’acte.

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“Les salafistes renouvellent le genre totalitaire”. Ainsi s’achève le prologue de l’essai d’Eric Delbecque, Les Silencieux, comme si, en sourdine, une nouvelle grille de lecture du monde aux diverses diphtongues, plus ou moins sonores, s’insinuait sur le territoire pour avoir raison des valeurs humanistes individualistes en se servant justement d’elles pour les vaincre. L’expert en sécurité pointe du doigt avec acuité un monde des idées qui n’a rien d’innocent avec des impacts tangibles sur le terrain: non, le salafisme quiétiste n’aspire pas à la quiétude, ni politique ni intellectuelle, il est une antichambre du djihadisme.

Il s’agit donc d’expliquer le modus operandi salafiste visant sa propre diffusion transnationale ainsi que les mécanismes insidieux permettant le passage du discours théorique d’exclusion et de diabolisation à l’acte violent. Bien évidemment, cette compréhension, si elle est la base de toute lutte efficace n’en est pas moins lucide: le risque 0 est inatteignable, mais ce constat ne doit pas pour autant nous pousser à faire l’économie de l’analyse de cette nouvelle tendance totalitaire. Se voiler la face, reviendrait, de fait et sans mauvais jeu de mot, à ne pas réaliser que le but commun entre le salafisme, le djihadisme, et le frérisme, qui nous paraît pourtant plus conciliant du simple fait qu’il est cravaté, réside in fine dans la volonté d’établir des théocraties totalitaires. Il faut donc ouvrir l’œil, et le bon, pour prendre toute la mesure de la référence gauchetienne que l’auteur affectionne: l’islamisme est une autre sorte de “religion politique”, à cette différence près qu’au lieu de créer ses normes absolues sans référence au sacré tel que le faisaient les grandes idéologies meurtrières du XXe siècle, elle se donne l’autorité de l’authenticité religieuse pour finalement, fonctionner comme une idéologie politique.

l ne faut pas donner de dérogation à ceux qu’on jugerait moins dangereux parce qu’ils ne s’en tiendraient qu’aux mots.

Alors comment contenir les radicalisations? Les risques d’attentats? Et bien en commençant par ne pas laisser ces idées s’“imprégner” dans les sociétés. Ne pas laisser ce discours avoir cours, être en libre accès, profitant de nos législations perçues comme permissives, qui ouvriraient grand les portes au cheval de Troie. Ne plus se résoudre aux réactions passionnées post-attentats qui tentent d’endiguer le problème une fois qu’il a eu lieu et venir, en définitive, prévenir le Mal à la source. Tarir, en quelque sorte, les eaux du geyser idéologique avant qu’elles ne servent au bain de nos esprits qui bien vite voudront passer à l’acte? Notre faiblesse d’ailleurs ne consiste pas seulement à laisser le discours idéologique se diffuser sous couvert de tolérance et sur fond de compromis géopolitiques, elle se tricote également dans le “chaos de la polémique” qui défigure le paysage intellectuel, et ne freine pas le courant idéologique dans sa course.

Pour “réinventer la sécurité”, réenchanter les valeurs, sauvegarder la République, il faut donc en premier lieu voir clair, mobiliser la nation, les institutions, la société civile. Lutter contre l’islamisme, cette “caricature de l’islam” pour reprendre l’expression d’Eric Delbecque, il faut avant tout bien le nommer, le désigner, pour que le silence ne profite plus aux discours détonants. Il ne faut pas donner de dérogation à ceux qu’on jugerait moins dangereux parce qu’ils ne s’en tiendraient qu’aux mots. Ne l’oublions pas, les violences les plus massivement infligées sont nées d’idées perverties dans d’implacables structures idéologiques et toute entreprise visant à retirer toute culpabilité aux mouvances qui n’entendent s’en tenir aux seules idées n’a d’autre perspective que de tromper notre vigilance: penser que les salafismes quiétistes et politiques se murent dans le verbe et n’ont donc rien de comparable avec le salafisme djihadiste, voilà le fantasme, voilà l’illusion, voilà qui donne du temps, et “les Silencieux progressent”.

L’ouvrage aux formules franches, à la cohérence documentée et aux émouvants hommages aux morts et aux rescapés de la folie meurtrière islamiste tire une sonnette d’alarme qui trouve la résonance claire d’un solide mariage entre la compréhension doctrinale et l’enquête de terrain.

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