Publié par Albert Soued le 12 octobre 2020

La Turquie comme l’Iran sont dans une situation économique et financière désastreuse, aggravée par la pandémie du coronavirus. Leur régime autoritaire est détesté par une population qui n’ose s’exprimer librement qu’en prenant des risques. Et leurs dirigeants affichent clairement des velléités hégémoniques.

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Turquie 

Arrivé au pouvoir en 2002, en tant que 1er ministre de la Turquie, Recep Tayyep Erdogan a annoncé : « La Turquie est musulmane à 99% et c’est avant tout notre religion qui nous relie les uns aux autres » et puis « Les amis, sachez que, pendant six siècles, nous avons dominé trois continents et sept mers. Nous les dominerons de nouveau… Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles sont nos casques. Les mosquées sont nos casernes, les croyants nos soldats » – En 18 ans, la république laïque d’Ataturk a été remplacée progressivement par une autocratie islamique avec un président à vie qui cherche à étendre son influence partout où il trouve une faille.

Du Mali au Caucasela Turquie avance ses pions au Moyen Orient et en Afriquecherchant à reconstituer un califat sous son emprise. 

– En Syrie et en Irak, la Turquie cherche à neutraliser sinon à éliminer la volonté d’autonomie de ses Kurdes, occupant des territoires kurdes syriens et bombardant le Kurdistan irakien. En Irak, l’objectif principal d’Erdogan est aussi le nettoyage ethnique des groupes kurdes, yézidis et chrétiens. En Syrie, la Turquie aide les rebelles sunnites d’Idlib et d’autres terroristes de l’ex-Etat islamique qui constituent des soutiens dans un futur empire «ottoman». 

Bien que la Turquie commence à acheter de l’armement russe, notamment le système de missiles antiaériens S-400 capables d’abattre les avions américins F-35, les intérêts turcs et russes restent conflictuels en Syrie. La Turquie cherche à renverser Bashar el Assad pour le remplacer par un Frère musulman; la Russie veut le garder au pouvoir et combattre les jihadistes Sunnites, et sauvegrader ses bases en Syrie. 

– La Turquie et la Libye ont récemment signé un accord en Méditerranée, qui prévoit la création d’une zone économique exclusive (ZEE), et un accès aux vastes réserves pétrolières et gazières qui s’étendent entre Chypre et la Libye. La Turquie pourrait être en mesure d’arrêter et inspecter tout navire traversant la zone désignée. Pour la Grèce, Chypre et l’Egypte, comme pour Israël, qui dépendent de la mer pour le commerce, cet accord est inacceptable. En réponse, lors d’une visite d’une base militaire, le président égyptien a laissé entendre que l’Égypte pourrait intervenir militairement.

– Du côté de la Grèce, ce pays est opposé au forage turc dans plus de 20 sites de la mer Méditerranée qu’elle revendique comme son propre territoire. Un affrontement a eu lieu entre un navire de la marine grecque et une escorte militaire turque. Le ministre grec de la Défense a souligné « l’état de préparation du pays au conflit militaire avec la Turquie ».

– En Libye, l’Égypte et la Turquie pourraient entrer en guerre, du fait de l’ingérence turque dans la guerre civile libyenne en cours. Le maréchal Khalifa Haftar, à la tête de l’Armée Nationale Libyenne, soutenu par le Parlement de Tobrouk (Est), contrôle 70 % du pays ainsi que les principaux puits de pétrole.  Son rival, Fayez al-Sarraj, affilié aux Frères Musulmans, soutenu par le Parlement illégal de Tripoli, mais reconnu par l’ONU et maintenu au pouvoir grâce à l’argent du Qatar, au soutien turc et aux milices islamistes, ne contrôle quant à lui que 10 % du territoire libyen.  

L’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Russie, la France et d’autres pays soutiennent le général Khalifa Haftar. La Turquie et le Qatar soutiennent le gouvernement de l’Accord national (GNA) à Tripoli. Ce dernier est une confédération de divers groupes, dont certains sont liés aux Frères musulmans. La Turquie a intensifié son intervention militaire en Libye en envoyant des navires au large des côtes, des avions remplis d’armes, des drones et des mercenaires.  

En Libye, l’offensive du maréchal Haftar sur Tripoli a été un échec, mais a accru l’implication directe de plusieurs pays étrangers dans la guerre. Des Russes, des Soudanais et des Tchadiens ont renforcé les rangs de l’armée nationale libyenne (ANL) de Haftar. Des mercenaires turcs et des milliers de supplétifs syriens ont été envoyés par la Turquie pour épauler les milices fidèles au gouvernement d’union nationale (GNA) dirigé par Fayez el-Sarraj. À ces Syriens s’ajoutent 200 Yéménites appartenant au parti Islah’, bras armé le plus puissant des Frères musulmans au Yémen. Plus nombreux et avec des armes plus modernes, ces mercenaires envoyés par la Turquie ont changé l’équation sur le terrain.

– Selon Alexandre del Valle, le coup d’état militaire d’août 2020 au Mali est une opportunité d’étendre l’influence d’Erdogan en Afrique de l’Ouest. Après avoir rallié la Mauritanie à sa cause, dont le régime est associé aux Frères Musulmans, le Mali serait la prochaine étape. Les Turcs s’implantent déjà au Mali en utilisant des réseaux de formation religieuse et scolaire. En tant que prétendant au « leadership » du monde musulman, dans l’ensemble de l’Afrique musulmane, les Turcs tentent de jouer la carte de l’alternative au « colonisateur européen ». 

– Devant l’agression du Haut-Karabakh arménien par l’Azerbaïdjan, la Turquie encourage vivement ce pays à reconquérir « ses terres occupées ». Erdogan a envoyé par avion un millier de jihadistes particulièrement violents, déjà utilisés contre Bashar el Assad en Syrie et contre Haftar en Lybie. Le conflit prend une tournure d’attaque islamique contre des populations chrétiennes. 

La position géographique de l’Arménie empêche la jonction de la Turquie, de l’Azerbaïdjan et des républiques turcophones du Caucase, avec le Kazakhstan, le Kirghizistan et l’Ouzbékistan. La chute de l’Arménie représente une étape importante dans la reconstruction de l’Empire ottoman.  

– De même Israël, au sud de la Turquie, constitue un autre obstacle dans cet objectif. Erdogan travaille sans relâche pour gagner en influence sur le mont du Temple, dans la vieille ville de Jérusalem et dans les quartiers de Jérusalem-Est. Erdogan parlant de Jérusalem : « Dans cette ville que nous avons dû quitter en larmes pendant la Première Guerre mondiale, il est encore possible de croiser des traces de la résistance ottomane. Donc Jérusalem est notre ville, une ville qui vient de nous ».  

Depuis l’accord de paix signé par Israël avec l’EAU et Bahrein, la Turquie ne cesse de solliciter le groupe terroriste Hamas qui sévit dans la bande de Gaza, recevant en grande pompe son chef Ismail Hanyeh. 

L’État turc méprise le droit international, et, au niveau de l’administration américaine, on ne croit plus à la rhétorique utilisée par le président Erdogan, pour justifier ses incursions militaires. Mais, dans l’attente d’un déménagement problématique, les Etats-Unis restent liés par la base de missiles nucléaires installés à Incirlik. Du côté européen, le chantage d’Erdogan concerne l’ouverture des frontières aux millions de réfugiés syriens sur son territoire, prêts à envahir l’Europe. 

Ceci explique le retard à expulser la Turquie de l’Otan. Personne n’a protesté en Europe à la conversion de l’Eglise Sainte Sophie en mosquée. Recep Tayyip Erdoðan : « La transformation de Sainte-Sophie en mosquée est le résultat de notre juste détermination. Nous avons pris cette décision en tenant compte de ce que veut notre nation. Comme nous l’avons fait en Syrie, en Libye et ailleurs, nous continuerons à suivre notre voie légitime vers la construction d’une Turquie grande et forte…. Si Allah le veut, nous continuerons à marcher sur ce chemin sacré sans pause ni hésitation, jusqu’à ce que nous atteignions notre destination finale »

Eldad ABER parlant de l’axe Turquie-Libye- Qatar- Gaza-Syrie dans Dreuz.org : « Aucun obstacle sérieux ne se dresse devant la Turquie, ni les Européens, les premiers concernés et subissant le chantage des migrants de la part d’Erdogan, ni les pays arabes qui ont été colonisés pendant plus de six siècles par les Ottomans et qui sont gangrenés par la corruption, le népotisme et le «palestinisme» aigus qui leur a tant servi dans le passé pour tromper leur peuple et utiliser la victimisation, ni les États-Unis qui ne voudront plus s’impliquer dans une autre guerre au Moyen-Orient, quel que soit le parti au pouvoir. Le seul réel obstacle à la Turquie est Israël et c’est la raison pour laquelle Erdogan veut fédérer tous les musulmans contre ce pays…. ».

Iran 

Les ayatollahs shiites se sont emparés de l’Iran du shah par une révolution, il y a plus d’un demi-siècle, en 1979. Depuis cette date, ils ont installé une armée « le Corps des Gardiens de la Révolution » et une police, « les bassijis », parallèles à celles existantes et  qui leur sont dévouées, ainsi que des institutions contrôlant 80% de l’économie du pays. Leurs velléités d’hégémonie sont différentes de celles de la Turquie, car elles sont mues par leur haine de l’Islam sunnite qui a accaparé le pouvoir après la mort de Mahomet, au détriment de la lignée du prophète, son gendre Ali et ses petits fils Hassan et Hussein, qui apparaissent comme des martyrs qu’il faut vénérer. La foi shiite est apocalyptique, prévoyant la réapparition du Guide, le Mahdi, sortant du puits pour venir prêcher la vraie foi et transformer le monde, après sa destruction.

De ce fait, l’action des ayatollahs est basée sur des milices satellites qui ont pour but de semer la terreur et le chaos dans le monde et dirigées par une « Légion étrangère » appelée « les forces iraniennes d’Al Qods ». 

L’Iran est présent au Liban, à travers un parti politique et une armée parallèle, le Hezbollah ; en Syrie et en Irak, à travers des bases militaires et des milices shiites ; au Yémen, à travers une tribu shiite qui occupe la capitale et une grande partie du pays, les Houthis.  

Téhéran a dépensé plus d’un milliard $/an pour armer et former les groupes et milices affiliés, servant ses intérêts. Cet argent a contribué à une plus grande capacité de lancement de roquettes Houthi sur des cibles civiles en Arabie saoudite, au déploiement de milliers de fantassins du Hezbollah en Syrie et au bombardement régulier du sud d’Israël par des roquettes du Hamas. 

Par ailleurs, des musulmans shiites, notamment libanais, dispersés à travers le monde forment des cellules dormantes, prêtes à semer la terreur. Le régime iranien a été impliqué dans des assassinats, des complots terroristes et des attentats dans plus de 40 pays. 

L’Iran développe aussi l’arme nucléaire pour asseoir son autorité dans le monde. Malgré l’accord conclu avec divers pays d’Europe et les Etats-Unis en 2015 pour cesser ce développement contre la levée de sanctions financières, l’Iran a poursuivi son programme nucléaire secret que le Mossad a dévoilé. En 2018, l’administration Trump a dénoncé l’accord conclu et renforcé les sanctions économiques et financières, en demandant sans succès à l’Europe de suivre son exemple.  

Par ailleurs, l’Iran développe des missiles nucléaires, des missiles balistiques à propulseur liquide et des lanceurs spatiaux, avec l’aide de la Corée du Nord, un autre état-voyou. Le programme nucléaire de Téhéran est de loin le plus avancé de la région, à part Israël, et le mieux placé pour tirer parti des avancées technologiques de la Corée du Nord…
Le spécialiste américain de l’énergie atomique, David Albright, ancien directeur de l’Agence de l’énergie atomique : « C’est une véritable alerte, il est grand temps d’affronter l’Iran, quelqu’un doit l’arrêter !  On ne sait pas pourquoi le monde semble aujourd’hui surpris, car on sait que l’Iran a accumulé tant d’uranium enrichi à un niveau faible, mais avec assez de matière pour  fabriquer une bombe rapidement. L’Iran peut produire une bombe nucléaire en moins de trois mois…. » 

L’Iran a été mis sur la liste noire du Gafi, Groupe d’action financière (GAFI), organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, réunissant plus de 200 pays et territoires. Jusqu’à présent, le seul autre pays figurant sur la liste noire du GAFI était la Corée du Nord.

Malgré des émeutes dans tout le pays vite réprimées, malgré 8 attaques en 2 semaines contre des installations stratégiques, malgré une rupture totale de sa chaîne de renseignements, malgré les dures sanctions américaines, le régime des mollahs résiste … et il a trouvé un peu d’oxygène auprès d’un autre état-voyou, la Chine.

L’accord sino-iranien prévoit que l’Iran fournisse à la Chine du pétrole à des prix inférieurs à ceux du marché pendant les 25 prochaines années et que la Chine investisse 400 milliards $ en Iran pendant la même période. La Chine s’est engagée à étendre sa présence dans les secteurs  de la banque et des télécommunications. Parmi les dizaines de projets d’infrastructure, la Chine construira et exploitera des ports et des lignes de chemin de fer. La Chine intégrera l’Iran dans son réseau internet 5G et son système GPS et pourra utiliser les aéroports du pays. 

– Le Hezbollah est la force dominante au Liban, à la fois parti politique et armée dispensant ses milices et ses armes aussi bien au sud, face à Israël, qu’en Syrie pour défendre le régime des Assad. Le Hezbollah a un stock d’armes anormalement élevé, plus de 100 000 missiles, camouflés dans des maisons civiles, et dirigés contre son voisin Israël. 

Sur le plan économique, le Liban est au bord du gouffre et fait face à des émeutes et à une crise qui menace d’affamer la moitié de sa population qui gagne autant qu’une élite 5000 personnes, dont les dix premiers gagnent 60 % des revenus du pays. Ce qui fait du Liban une des sociétés les plus inégales au monde. Le pays est confronté à une crise alimentaire majeure, ne pouvant plus payer ses importations, les réserves en dollars étant épuisées. 

Mordekhay Kedar, politologue israélien, suite à la destruction d’une partie de Beyrouth par l’explosion de 2500 tonnes de nitrate d’ammonium stockées au port: « Le Hezbollah reste la force la plus puissante au Liban malgré les dommages qu’il a subis au port de Beyrouth. Il est en mesure de garder le contrôle malgré la crise économique et politique du Liban. Après tout, l’agonie du peuple libanais lui permet de profiter plus facilement de la conscience du monde et de puiser dans ses poches, notamment celles de l’Arabie Saoudite. Voici donc la situation au Liban : le Hezbollah détruit le paystuant et blessant ses citoyens, et le monde le paie pour remettre les ruines en état ». 

– La Syrie est démantelée, le régime Assad ne gérant qu’un partie de l’Ouest du pays, la Turquie occupant des enclaves au nord et près d’Alep, l’Est étant une zone autonome kurde avec les puits de pétrole protégés par les Américains; à l’Ouest et au sud, des enclaves sont occupées par des milices islamiques sunnites. La force iranienne « Al Qods » et les milices du Hezbollah ont de nombreuses bases dispersées dans le pays.      La Russie a obtenu des bases sur la Méditerranée, une base navale à Tartous, et une base aérienne à Hmeimin. Un nouvel accord permet aux navires de guerre russes l’accès aux eaux et à tous les ports syriens. D’une durée de 49 ans, l’accord permet à la Russie de garder 11 navires de guerre à Tartous, y compris des navires nucléaires. 

Sous la pression des bombardements israéliens, l’Iran a évacué ses bases proches du Golan, se concentrant sur « T4 » au centre du pays et à « Abou Kamal » à la frontière irakienne. 

Pour Charles Lister, politologue à l’Institut du Moyen-Orient, 3 scénarios se profilent pour la Syrie. Primo, Assad continuerait à se conduire comme un potentat, isolant la nation et consolidant son statut de paria, essayant d’unifier autour de sa personne la population loyaliste, notamment les minorités. Secundo, la Syrie pourrait s’enfoncer dans une crise, avec encore plus de misère et de famine, un État en faillite de type Somalie, terreau fertile pour les extrémistes et l’instabilité régionale. Tertio, la crise interne pourrait déclencher un changement de régime au sommet, sous la pression de la Russie.  

La Russie ne souhaite pas que des forces turques ou iraniennes opèrent en Syrie, en particulier près de ses bases dans le nord-ouest du pays.  

– En Irak, les forces de mobilisation de la population shiite irakienne (PMU) ont essaimé jusqu’aux frontières avec l’Arabie saoudite et la Jordanie. Ces milices pro-iraniennes dépassent de loin l’armée nationale irakienne en taille et en armement, avec de nouveaux chars, des missiles sol-sol et toute une gamme d’explosifs.  

Le pays est secoué par des manifestations antigouvernementales meurtrières à Bagdad et à Bassorah dans le sud, dominé par les shiites. Les manifestants ont appelé à la fin de l’influence et de la corruption iranienne. Au moins 500 personnes ont été tuées par les milices pro-iraniennes. 

Située au sud-ouest de Bagdad, la base aérienne Shaykh Mazhar est en cours de rénovation intensive par les Gardiens de la révolution d’Iran. Cette base sert aux attaques de missiles et de drones armés contre Israël, à 1200 km de là. 

– Au Yémen, les houthis appartiennent à une tribu zaïdite, secte shiite, dans le gouvernorat de Saadah et au nord-ouest du pays. Représentant 1/3 de la population, ils bénéficiaient d’un statut d’autonomie, avant le coup d’État républicain de 1962. Après la réunification du Yémen en 1990, ils ont demandé le rétablissement de ce statut qu’ils avaient perdu, dans l’attente d’un imamat zaïdite. Ils forment alors un parti politique et s’organisent en armée pour atteindre leur objectif. 

En 2004, la guerre est menée par le gouvernement légal contre des groupes zaïdites qui manifestaient et remettaient en cause son pouvoir, déjà aux prises avec l’insurrection d’islamistes affiliés à Al-Qaïda. Menacée par ces mêmes Zaïdites sur son territoire méridional, l’Arabie forme une coalition d’états sunnites pour venir au secours du pouvoir en place. L’Iran envoie des armes et soutient les Houthis. 

Les insurgés ont réussi à occuper la capitale Sanaa, évincer le président Abd Rabbo Mansour Hadi et mener des attaques sur des cibles stratégiques au Yémen et en Arabie saoudite, notamment grâce à des drones sophistiqués. Ils possèdent des chars et des missiles balistiques saisis dans les dépôts de l’armée yéménite et développent des missiles longue portée avec l’aide de l’Iran. 

Les divisions dans le camp anti-Houthis ont renforcé les insurgés qui progressent dans tout le pays, la coalition ne souhaitant pas s’engager davantage dans cette guerre sans fin. 

En effet, la guerre par procuration à laquelle l’Arabie saoudite et l’Iran se livrent sur le territoire yéménite depuis 6 ans a fait plus de 100 000 morts ! Les 2/3 de la population de 30 millions d’habitants, ont besoin de nourriture, de médicaments et d’un approvisionnement continu en eau potable. Les milliers de frappes aériennes de la coalition ont endommagé les infrastructures civiles du pays. 

L’Iran shiite et la Turquie sunnite coordonnent de plus en plus leurs politiques au Moyen-Orient, travaillant ensemble sur plusieurs fronts. Les 2 pays s’opposent au rôle des États-Unis en Syrie et cherchent ensemble à contourner les sanctions américaines infliges à l’Iran et à lutter contre les groupes dissidents kurdes. On peut qualifier ces nouveaux liens de compromis cyniques, mais il y a néanmoins une unité de vue dans leur soutien au Hamas et leur antipathie envers Israël; et ceci pourrait rapprocher de plus en plus Téhéran et Ankara sur divers fronts du Moyen-Orient, du Yémen à la Syrie.

La Turquie comme l’Iran sont dans une situation économique et financière désastreuse, aggravée par la pandémie du coronavirus. Leur régime autoritaire est détesté par une population qui n’ose s’exprimer librement qu’en prenant des risques.

L’administration Trump a mesuré le danger et sanctionné l’Iran, tardant à le faire pour la Turquie. L’Europe a trop longtemps ménagé l’Iran et tarde à suivre l’exemple américain par intérêt ou complaisance ; mais elle a commencé à réagir timidement en ce qui concerne la Turquie. Ces retards ne font que renforcer ces deux régimes islamiques autoritaires qui mettent en danger la paix régionale, voire mondiale.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Albert Soued

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