Publié par Piotr Stammers le 14 octobre 2020

Un dépôt d’armes au Sud-Liban a fait kaboom, le 22 septembre dernier dans un quartier résidentiel, blessant un certain nombre de personnes et tuant un « agent » du Hezbollah.

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Le Hezbollah a utilisé une organisation non gouvernementale (ONG) privée pour couvrir ses activités au Sud-Liban, a révélé l’organisme de recherche israélien Alma Education Center.

Le 22 septembre, un dépôt d’armes appartenant au Hezbollah a explosé dans le village d’Ain Qana au Sud Liban, blessant plusieurs personnes et augmentant les tensions dans le pays, qui est à cran depuis la terrible explosion au port de Beyrouth le 4 août dernier. Comme dans l’explosion de Beyrouth, le dépôt d’armes avait été entreposé dans une zone civile pour utiliser les citoyens comme bouclier humain et empêcher Israël de les détruire en cas de déclenchement d’une attaque par le Hezbollah, ce qui rendait plus probable que toute explosion causerait des blessures et potentiellement des pertes de vies humaines.

Mais selon l’Alma Center, les armes ont été entreposées dans les locaux de l’ONG « Peace Generation Organization for Demining » (PGOD), un groupe de façade créé par le Hezbollah en 2008 avec le parrainage de « Immen Sazan Omran Pars », une société privée iranienne soupçonnée d’appartenir aux Forces des gardiens de la révolution islamique.

Officiellement, l’ONG est supposée s’occuper de déminer et réhabiliter des champs pour l’agriculture et la construction. Elle agit également en tant que groupe de défense contre l’usage des mines explosives, et s’occupe des victimes. Cependant, l’éthique « humanitaire » de l’organisation cache un programme secret bien moins reluisant.

« Notre évaluation est que l’explosion [à Ain Qana] a révélé l’un des objectifs secrets de l’organisation – employer la tactique du « bouclier humain » du Hezbollah au Sud Liban en utilisant des bâtiments civils au cœur des villages pour stocker des armes et comme sites de lancement de missiles et de roquettes », indique le Centre dans son rapport.

Ils détaillent qu’après l’explosion, tous les commentaires faits par les personnes ayant des liens avec le Hezbollah ont apporté le même faux témoignage, à savoir que le bâtiment était utilisé pour stocker de vieilles mines qui avaient été collectées par le PGOD dans le cadre de ses opérations. Cette histoire a déjà été utilisée dans le passé. Par exemple, après que deux des dépôts de munitions du Hezbollah aient explosé en 2009, la réponse du Hezbollah a été de déclarer que les dégâts ont été causés par de vieilles munitions collectées après la seconde guerre du Liban en 2006.

« Si l’objectif de l’organisation était réellement de déminer et de neutraliser la menace que représentent les mines et les munitions non explosées pour les civils innocents, pourquoi alors l’organisation stocke-t-elle ces mines et explosifs au cœur d’une zone résidentielle ? », demande le Centre Alma dans son rapport.

« Le comportement de l’organisation semble illogique : d’une part, elle neutralise les menaces envers les civils et les éloigne d’eux, et d’autre part, elle amène ces mêmes menaces à la porte des civils. »

Le rapport note également qu’un agent du Hezbollah a été tué dans l’explosion, mais que sa mort n’a été annoncée que cinq jours plus tard.

  • Le PGOD n’est pas la première ONG connue pour agir comme organisation de couverture des activités du Hezbollah.
  • Deux autres exemples bien documentés sont l’Organisation islamique pour la santé, qui est très impliquée dans la santé de la communauté chiite, mais qui est également connue pour aider les militaires du Hezbollah en cas d’urgence en matière de transport et de dissimulation d’armes ; et Green Without Borders, une ONG en apparence environnementale, mais qui est connue pour collecter des renseignements à la frontière entre Israël et le Liban.

Et il semble que le Hezbollah ne soit pas toujours particulièrement attentif ou intéressé à dissimuler la véritable nature de ces groupes.

  • Un rapport de 2017 de la Fondation pour la défense des démocraties (FDD) avait noté qu’une conférence organisée en 2013 par le Hezbollah et ses divisions – dont le Jihad al-Binaa, la branche municipale du Hezbollah, les Scouts du Mahdi, la Commission islamique de la santé, l’Organisation de déminage pour la génération de la paix et Green Without Borders – était « sans ambiguïté » intitulée « Le Sud résistant vert ».
  • Cette conférence s’était tenue sous le parrainage du ministre de l’agriculture.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Piotr Stammers pour Dreuz.info.

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Sources :

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