Publié par Jean-Patrick Grumberg le 15 octobre 2020

Twitter et Facebook ont immédiatement censuré les révélations du New York Post (1). Les journaux télévisés du soir d’ABC WorldNews, CBS Evening News, et NBC Nightly News ont tous censuré les révélations mettant en causse Joe Biden.

Note à l’attention de mes confrères qui seront tentés de nier la réalité de cet article et de Facebook ou Twitter qui pourraient nous censurer : l’article du New York Post ne vient pas d’informations piratées ou de sources anonymes non vérifiables, comme le prétendent les médias américains.

L’affaire

Un atelier de réparation d’ordinateur a reçu l’ordinateur de Hunter Biden, qui l’a abandonné sans payer la réparation. Le contenu de l’ordinateur a été remis à un des avocats et conseillers de Donald Trump, Rudy Giuliani, ancien maire de New York.

Une quantité importante de messages, documents, photos et vidéos ont été récupérés d’un MacBook Pro, qu’un propriétaire de magasin d’informatique du Delaware a déclaré avoir été amené pour réparation en avril 2019 et n’a jamais été récupéré.

  • L’ordinateur a été déposé dans un atelier de réparation dans l’État du Delaware, où habite Hunter Biden, en avril 2019, selon le propriétaire du magasin.
  • Parmi les éléments extraits de l’ordinateur, on trouve une vidéo de 12 minutes qui montre Hunter Biden, qui a admis être aux prises avec des problèmes de dépendance aux drogues dures, en train de fumer du crack alors qu’il se livrait à un acte sexuel avec une femme non identifiée, ainsi que de nombreuses autres images sexuellement explicites.
  • Le client qui a apporté le MacBook Pro endommagé par de l’eau pour le faire réparer n’a jamais payé la réparation ni récupéré le MacBook Pro dont le disque dur était bloqué, selon le propriétaire du magasin, qui a déclaré avoir essayé à plusieurs reprises de contacter le client.
  • Le propriétaire du magasin n’a pas pu identifier avec certitude le client comme étant Hunter Biden, mais a déclaré que l’ordinateur portable portait un autocollant de la Fondation Beau Biden, du nom de feu son frère et ancien procureur général du Delaware.
  • Les photos d’une assignation fédérale du Delaware donnée au NY Post montrent que l’ordinateur et le disque dur avaient été saisis par le FBI en décembre, après que le propriétaire du magasin ait déclaré avoir alerté les fédéraux de son existence.
  • Mais avant de remettre le matériel au FBI, le propriétaire du magasin dit avoir fait une copie du disque dur et l’avoir ensuite donnée à l’avocat de Rudy Giuliani, Robert Costello, à l’attention de l’ancien maire de New York.
  • Steve Bannon, ancien conseiller du président Trump, a parlé de l’existence du disque dur au NY Post fin septembre, et Giuliani a fourni une copie du disque dur au Post dimanche dernier, le 11 octobre.
  • L’atelier avait l’accès au disque dur pour le réparer. Le New York Post a obtenu le contenu du disque dur, et y a découvert des emails concernant la société gazière ukrainienne Burisma Holding où Hunter Biden a été payé à ne rien faire (il ne parle pas ukrainien et ne connaît pas les métiers de l’énergie) pendant 5 ans après la visite de son père quand il était le vice-président des Etats-Unis.

Que dévoile le contenu du disque dur

  • Dans un email daté du 12 mai 2014 – peu après que Hunter Biden ait été recruté au conseil d’administration de la compagnie gazière ukrainienne Burisma – Vadym Pozharskyi, le numéro 3 de Burisma Holding lui a demandé d’utiliser son influence auprès de son père, alors vice-président des Etats-Unis, pour aider la société corrompue.
  • L’embauche de Hunter Biden a toujours été suspecte pour trois raisons :
    • elle est intervenue immédiatement après la visite de Joe Biden en Ukraine,
    • Hunter a zéro expérience dans les domaines du gaz,
    • il ne parle pas un mot d’Ukrainien,
  • La question était donc de savoir ce que Burisma attendait de Hunter Biden en retour des énormes salaires qu’il lui versait, puisque ce détient pas ses compétences, son expertise et ses connaissances qu’il rémunérait.
  • En revanche, Hunter est le fils du vice-président, qui était justement chargé de négocier les dossiers énergétiques avec l’Ukraine.
  • Naturellement, les soupçons étaient que Burisma payait Hunter (environ 80 000 dollars par mois), pour obtenir des faveurs de son vice-président de père. Quand ce genre d’accusation vise Donald Trump, on appelle cela de la corruption. Là, rien. Silence média. Normal : ils couvrent leur candidat.
  • Les emails divulgués par le Post apportent donc les preuves de la corruption, et c’est pourquoi la presse américaine est brusquement passée en mode panique – elle va contre-attaquer d’ici 24 heures.

Dans le détail

  • Moins de huit mois après que Vadym Pozharskyi, le numéro 3 de Burisma Holding, a remercié Hunter Biden pour lui avoir présenté son père Joe Biden, alors vice-président des Etats-Unis, ce dernier a fait pression sur le président ukrainien Petro Poroshenko et le Premier ministre Arseniy Yatsenyuk pour qu’ils se débarrassent du procureur général Viktor Shokin qui enquêtait sur Burisma, en menaçant de retenir une garantie de prêt d’un milliard de dollars des Etats-Unis lors d’un voyage à Kiev en décembre 2015.

« Je les ai regardés et j’ai dit : je pars dans six heures. Si le procureur n’est pas renvoyé, vous n’aurez pas l’argent », s’est vanté Joe Biden devant le Conseil des relations étrangères en 2018 dans une vidéo qui est devenue virale.

« Eh bien, le fils de pute, il s’est fait virer, » ajoute Biden devant l’auditoire qui éclate de rire.

  • Shokin a déclaré qu’au moment de son licenciement, en mars 2016, il avait fait des « plans spécifiques » pour enquêter sur Burisma qui « comprenaient des interrogatoires et d’autres procédures d’enquête sur les crimes de tous les membres du conseil exécutif, y compris Hunter Biden ».
  • L’email du 12 mai 2014 parlait « d’une question urgente » et avait été envoyé au partenaire commercial de Hunter Biden, Devon Archer, qui siégeait également au conseil d’administration de Burisma à l’époque, et fait aujourd’hui l’objet de poursuites pénales pour fraude (3).

« Cher Hunter, merci de m’avoir invité à Washington et de m’avoir donné l’occasion de rencontrer votre père et de passer du temps ensemble. C’est vraiment un honneur et un plaisir », peut-on lire dans l’email.

  • Un email précédent datant de mai 2014 montre également Pozharskyi, le numéro 3 de Burisma, demandant à Hunter « des conseils sur la manière dont vous pourriez utiliser votre influence » au nom de la société.
  • L’échange d’email a eu lieu le jour même où Burisma a annoncé qu’il avait élargi son conseil d’administration en y ajoutant Hunter Biden, qui a été désormais chargé de son « unité juridique, et apportera son soutien à la société parmi les organisations internationales », selon un communiqué de presse qui a depuis été retiré du site web de Burisma.

Joe Biden fragilisé

Hunter Biden a donc bien présenté son père, Joe Biden, alors vice-président des Etats-Unis, à un des dirigeants d’une entreprise énergétique ukrainienne considérée comme corrompue par l’UE et les Etats-Unis, moins d’un an avant que Joe Biden ne fasse pression sur les fonctionnaires du gouvernement ukrainien pour qu’ils renvoient un procureur qui enquêtait sur l’entreprise et son fils Hunter, selon les emails publiés par le NY Post.

Cette rencontre entre le dirigeant de Burisma et Joe Biden est mentionnée dans un message de remerciement que Vadym Pozharskyi a envoyé à Hunter Biden le 17 avril 2015, environ un an après que Hunter ait rejoint le conseil d’administration de Burisma.

Joe et Hunter Biden, Devon Archer, au golf avec un dirigeant de Burisma en 2014

Là où le scandale éclabousse Joe Biden, c’est qu’il a toujours nié avoir été au courant des affaires de son fils en Ukraine. Joe Biden a clairement et publiquement déclaré « je n’ai jamais parlé à mon fils de ses relations d’affaires à l’étranger. »

Lors d’une interview très commentée qu’il a accordée à Bret Baier sur Fox news en septembre 2019 (2), Biden a répondu aux questions du journaliste qui le pressait de commenter sur les accusations de corruption :

« je n’ai jamais parlé à mon fils de ses relations d’affaires à l’étranger. Je sais que Trump mérite une enquête. Il viole toutes les normes fondamentales d’un président. Vous devriez lui demander pourquoi il est au téléphone avec un dirigeant étranger, essayant d’intimider un dirigeant étranger. Vous devriez regarder du côté de Trump. »

Outre le fait qu’il nie avoir parlé à Hunter Biden des relations commerciales que son fils avait avec l’étranger – ce qui vient d’être prouvé comme mensonger, Joe Biden a nié à plusieurs reprises tout conflit d’intérêts ou acte répréhensible impliquant la Burisma. Cette affirmation est maintenant contredite par les révélations des emails publiés par le NY Post. Notamment celui du 13 avril 2014 :

En décembre dernier, Joe Biden s’est trouvé mis à mal lors d’une réunion politique pour les primaires Démocrates dans l’Iowa, où un homme l’a accusé d’avoir envoyé Hunter en Ukraine « pour trouver un emploi et travailler pour une compagnie de gaz, alors qu’il n’avait aucune expérience du gaz, afin d’avoir accès… au président ».

« Vous êtes un sale menteur. Ce n’est pas vrai et personne n’a jamais dit ça », lui avait répondu Biden, injurieux.

Biden avait ensuite continué à insulter l’homme en s’avançant menaçant, et l’avait traité de « gros mec ».

Conclusion

Prudents, les responsables de l’administration Obama craignaient que l’emploi de Hunter Biden ne soit perçu comme un conflit d’intérêts, selon un rapport de la commission sénatoriale du renseignement publié en septembre (4). Ils avaient raison… la vérité avance bien plus lentement que le mensonge, mais elle finit toujours par sortir.

La campagne Biden n’a pas nié l’authenticité des emails, ni les photos de Hunter Biden. Elle a, en revanche, contesté l’existence de la rencontre entre Joe Biden et le numéro 3 de Burisma.

Que va-t-il se passer maintenant ? A mon avis, rien, ou presque. La corruption des médias est infiniment trop importante pour que le processus démocratique avance sans être infecté et affecté. En cachant des faits si graves, ils sont réellement devenus l’ennemi du peuple.

  • Les journalistes sont tous fébrilement en train d’étouffer l’affaire.
  • Les réseaux sociaux l’ont censurée, ainsi que tous les comptes des journalistes et personnalités qui en parlent, sauf ceux qui par hasard sont passés au travers des gouttes.
  • Facebook a bloqué l’information en déclarant attendre « les vérifications par les fact-checkers ». Ces fact-checkers sont de gauche et ils protègent leur candidat.
  • Le grand public sera-t-il informé ? Je l’ignore. S’il l’est, il fera la comparaison entre cette histoire de corruption et celle qui a entaché Hillary Clinton juste avant les élections en 2016.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Parce que Dreuz est censuré pour le crime de désaccord avec la gauche, suivez notre fil Twitter, et retweetez-nous. C’est un important geste de résistance pour faire circuler vos idées.

  1. https://nypost.com/2020/10/14/email-reveals-how-hunter-biden-introduced-ukrainian-biz-man-to-dad/
  2. https://www.foxnews.com/transcript/hunter-bidens-business-ties-to-oligarch-raise-questions
  3. https://nypost.com/2020/10/09/federal-appeals-court-reinstates-convictions-for-hunter-bidens-ex-business-partner/
  4. https://www.nationalreview.com/news/senate-report-details-hunter-bidens-extensive-foreign-business-dealings-and-obama-officials-efforts-to-distance-themselves-from-it/

Soutenez Dreuz en partageant cet article

Partagez ce message !

Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz