Publié par Gilles William Goldnadel le 16 octobre 2020

L’avocat et chroniqueur dénonce un « deux poids, deux mesures » dans le débat public.

Nous vivons un temps paradoxal. L’antiracisme et le féminisme de progrès exigent la plus grande des délicatesses au nom de leur sensibilité à fleur de peau et de sexe. On ne plaisante plus avec les plaisanteries. Défense désormais de rire des accents africains.

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L’humour de Michel Leeb n’a plus cours légal. Pas plus que celui de Tex renvoyé de l’audiovisuel de service public pour une mauvaise blague sur les femmes battues. On interrompt les représentations théâtrales ou cinématographiques pour cause de black face ou parce que le cinéaste serait tenu coupable d’une affaire de fesses. Le New York Times majore les Noirs et minimise les blancs par esprit de compensation. Dans le métropolitain, on enjoint les hommes- et seulement eux- de ne pas écarter les jambes et d’éviter les regards appuyés. Défense de siffler les femmes sous peine de contravention. Dans les entreprises, des hommes sont renvoyés pour cause de plaisanterie salace.

Il y a quelques jours un grand chef cuisinier japonais, Taku Sekine, s’est donné la mort parce que la clameur le tenait sans preuve pour violeur. Les guides culinaires l’avaient passé à la casserole avant tout procès. Bref, l’heure est tellement policée, que les temps en deviennent policiers.

J’en viens au paradoxe. Alors que pour certains et pour certaines, au nom de la lutte légitime contre la discrimination et la haine, chaque mot est mesuré avec une circonspection qui devient suspicion, pour une espèce particulière, à l’inverse, la licence est tellement de mise qu’on en vient à se demander si la haine n’est pas recommandée.

L’heure est tellement policée, que les temps en deviennent policiers

« Nous ne sommes pas des corps disponibles à la consommation masculine blanche » peut dire tranquillement l’indigéniste de la république Houria Bouteldja, considérée par Danielle Obono, qui possède désormais son effigie murale dévoilée par le maire communiste de Stains, comme une antiraciste indiscutable. La même Bouteldja poursuivant dans la même veine antiraciste: « si une femme noire est violée par un Noir, c’est compréhensible qu’elle ne porte pas plainte pour protéger la communauté noire ».

Pendant ce temps, Brendin Horner, un jeune fermier blanc sud-africain de 21 ans a été assassiné le 2 octobre dernier. Son corps a été retrouvé attaché à un poteau, par le cou. Peu avant Chantal Kershaw, une fermière blanche, avait été violée puis tuée dans sa ferme près de Johannesburg.Pas une ligne, pas une dépêche d’agence, en France. Mon imagination est impuissante à décrire la réaction médiatique si , par malheur, un jeune noir de 21 ans avait été retrouvé pendu à un poteau en Amérique du Nord.

Précisément, aux États-Unis, une «formatrice» des Black Lives Matter, Ashleigh Shackelford, dans le cadre de sa critique du racisme systémique blanc explique tranquillement : « vous les blancs, êtes tous racistes, vous n’êtes pas des humains ». En France, les BLM sont assez unanimement considérés comme un mouvement antiraciste de progrès.

« On devrait gazer tous les blancs, cette sous- race » écrivait sur Twitter, Hafsa Askar, vice-présidente de l’UNEF Lille. Aucune organisation antiraciste n’a cru devoir lui en demander raison. Le Parquet de la République non plus.

On devrait gazer tous les blancs, cette sous- race

Hafsa Askar, vice-présidente de l’UNEF Lille

« On ne naît pas blanc, on le devient » explique doctement dans son livre l’ancien footballeur Lillian Thuram pour stigmatiser la « pensée blanche» imposant « des schémas de domination et d’habitudes ». Il y a encore quelques années, le même s’interdisait de faire référence à la moindre différence chromatique.

« Je vais devenir le nouveau Mohamed Merah » s’écrie Mohamed Bekhtaoui, un élu énervé de la municipalité communiste de la Courneuve. (Le Parisien 93 du 7 octobre). Dans la Revue Des Deux Mondes de ce mois consacré à « La haine d’Israël », le très placide Eli Barnavi se demande ce que je ne cesse d’affirmer : « Israël, incarnation ultime du mâle blanc dominant ? »

La militante féministe LBGT, élue au conseil de Paris, Alice Coffin écrit dans son livre Le génie lesbien « il faut éliminer les hommes de nos esprits: ne plus lire leurs livres, ne plus regarder leurs films, ne plus écouter leurs musiques ». Critiquée, l’intéressée prend la posture victimaire dans le Monde, compréhensif.

« Détester les hommes et tout ce qu’ils représentent est notre droit le plus strict. C’est aussi une fête. Qui aurait cru qu’il y aurait autant de joie dans la misandrie ? ». Ainsi écrivait Libération avec jubilation le 2 octobre pour présenter le pamphlet misandre de Pauline Harmange. Et le journal progressiste, d’ajouter extatique, avec cette même assurance qu’il vantait jadis la pédophilie : « elle défend une détestation joyeuse des hommes qui conduit à une sororité émancipatrice ».

Ainsi, il est de saintes haines, des détestations parfaitement saines

Ainsi, il est de saintes haines, des détestations parfaitement saines. Des haines on ne se repent pas, des haines dont on ne se lasse pas. Le contraste est saisissant, effrayant: D’un côté les mots pesés au gramme près sur une balance dénonciatrice. De l’autre, des mots balancés à la tonne aux gens à la figure triste.

Et quelle est donc cette figure détestable dont on se peut payer la tête? Je vous la livre sur une pique: c’est celle du mâle blanc. Hétérosexuel de préférence.

Accepter le paradoxe sans le maudire, c’est cautionner le racisme et le sexisme du vilain temps qui vient.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel pour Dreuz.info.

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