Publié par Magali Marc le 25 octobre 2020

Personne ne peut réellement prédire le résultat des élections du 3 novembre prochain. Dans quel camp les électeurs vont-il se ranger? Cela dépend d’un certain nombre de facteurs difficiles à mesurer: la situation économique, l’inquiétude concernant la pandémie et les effets du confinement, la question de la sécurité, les dégâts causés par les émeutes et le vandalisme dans la plupart des grandes villes américaines. Lors du dernier débat présidentiel, le Président Trump avait des objectifs importants à atteindre afin de donner envie aux électeurs timides ou hésitants de s’engager envers lui. La question est de savoir s’il a atteint ces objectifs.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Larry O’Connor, paru sur le site de Townhall, le 23 octobre.

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Voici pourquoi le dernier débat de Trump contre Biden a changé la donne

Tous ceux qui ont lu mes chroniques au fil des ans savent que je ne suis pas dans le domaine des prévisions. Je prends rarement l’espace précieux que m’accorde cet excellent site Web pour vous dire ce que je pense ou crois qu’il peut se passer à l’avenir, surtout lorsqu’il s’agit de savoir comment les Américains vont voter.

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Quiconque essaie de prédire comment l’électorat américain réagira à la candidature de Donald Trump vous ment, se ment à lui-même, et s’engage dans une course folle.

Donald Trump est un personnage politique qui a déjoué les idées reçues au cours des cinq courtes années où il s’est engagé dans la politique électorale, et si l’élection de 2020 est une indication quelconque, on peut dire qu’il continue à le faire.

Il est remarquable que la majorité de mes collègues très bien payés qui s’adonnent à l’art obscur du commentaire et de l’analyse politiques à la télévision n’aient pas appris cette simple leçon après l’élection présidentielle de 2016.

Les voici à nouveau en train de dire à leurs téléspectateurs que Biden va remporter l’élection, que Trump est « loin derrière » et que (l’affirmation que je préfére) « Biden est favorisé pour gagner dans 87 scénarios sur 100 ! »

Cependant, compte tenu de cet avertissement, j’aimerais prendre quelques instants pour expliquer pourquoi je pense que la performance au débat du Président Trump, jeudi soir, pourrait bien être ce qui changera la donne et lui permettra d’être réélu dans onze jours.

1. Le ton présidentiel

Je ne suis pas de ces électeurs qui se soucient vraiment de savoir si un homme politique « sonne présidentiel » ou non.

La plupart des hommes qui ont occupé la fonction de président des États-Unis avaient un énorme ego.

C’est en quelque sorte une condition préalable pour se présenter au poste de « leader du monde libre » potentiel, n’est-ce pas ?

Je suppose que la plupart des présidents et des candidats à la présidence de mon vivant étaient des imbéciles insupportables en coulisses et qu’ils revêtaient leur faux visage « présidentiel » pour tromper les électeurs.

Cela dit, nous devons reconnaître que de nombreux électeurs aspirent à entendre leur président parler d’un ton franc et sérieux, et leur opinion à ce sujet ne doit pas être écartée. Après tout, eux aussi votent.

La dernière moyenne des sondages de la firme Real Clear Politics montre que M. Biden est en tête avec 51 % d’intentions de vote contre 42 % pour M. Trump. (Je sais que les sondages nationaux ne sont pas pertinents en raison du Collège Électoral, mais pour le sujet que je vais aborder, les sondages nationaux ont une certaine utilité).

Pour moi, l’aspect remarquable de ce sondage n’est pas le fait que M. Biden soit en tête. C’est qu’il montre que 7 % de l’électorat est indécis.

Vraiment ? Indécis ? Si tard dans la partie ? Et avec ces deux politiciens ? L’un qui a alimenté notre conscience dans tous les aspects de notre vie au cours des cinq dernières années et qui est actuellement président et l’autre qui a été vice-président et qui est dans la sphère publique depuis près de cinq décennies ? Qui sont ces 7 % qui n’arrivent pas à se décider ?

Et puis ça m’est venu soudainement: ils ne sont pas indécis, ils penchent pour Trump, mais ils attendent avant de s’engager définitivement.

Quelque chose les en empêche. Quelque chose d’intangible. C’est la question du «ton». Ils sont d’accord à fond sur ses politiques et ses réalisations, mais ils n’aiment tout simplement pas l’attitude de ce type. Ils préfèrent l’attitude «présidentielle».

Jeudi soir, Trump utilisé ce ton suffisamment pour les aider à s’engager dans les derniers jours de la campagne.

Encore une fois, je n’ai rien contre le ton ; j’évalue les résultats.

Est-ce que je voudrais que mon président incarne le retour glorieux de George Washington et d’Abraham Lincoln ? Bien sûr. Est-ce que M. Trump se présente à leur époque? Non…

Les foules démolissent les statues des vrais Washington et Lincoln, alors pourquoi la version de notre époque s’imposerait-elle ?

2. Le pétrole

Ce n’est pas une exagération : le Président Trump a fait admettre à Joe Biden qu’il allait mettre fin à l’industrie pétrolière. C’était un moment décisif. C’était la preuve absolue d’à quel point Joe Biden et le Parti Démocrate sont radicaux, déconnectés, et destructifs.

J’en veux pour preuve la tentative embarrassée des responsables de la campagne de M. Biden afin de clarifier sa position et de prétendre que nous avons mal entendu ce que M. Biden a dit.

La journaliste du Washington Post, Annie Linskey a écrit sur Twitter :

« L’équipe de Biden cherche à clarifier les remarques de Biden sur l’industrie pétrolière, avec @Kbeds qui dit que Biden faisait référence à la fin des subventions pétrolières. »

Ah ouais d’accord! Il parlait seulement des subventions. OK… regardons ce moment ensemble :

  • Trump : « Fermeriez-vous l’industrie pétrolière ? »
  • Biden : « J’opèrerais une transition de l’industrie pétrolière, oui. »
  • Trump: « C’est une déclaration importante. »
  • Biden : « C’est une déclaration importante ».

Biden a déclaré au pays qu’il n’est pas redevable aux radicaux de son parti qui poussent le Green New Deal. Bien sûr, nous ne le croyons pas vraiment, mais de nombreux électeurs sont totalement prêts à se laisser berner par de fausses informations. Cette fois, c’est incontestable. Cela vient de sa propre bouche et de mots semi-cohérents.

Il s’agit moins de pétrole, bien qu’en Pennsylvanie, dans l’Ohio et partout ailleurs où les gens aiment les voitures (je me suis laissé dire que dans le Michigan, les voitures sont grosses), que de la confirmation volontaire par Biden qu’il s’aligne sur la gauche radicale pour bouleverser l’économie et le mode de vie de notre nation.

Il y a une autre chose dans ce moment qui aide Trump.

Regardez à nouveau la vidéo.

Trump a créé ce moment. Il a dû prendre le contrôle, lever la main pour empêcher la modératrice d’intervenir, et mettre Joe Biden au défi de répondre à une question qui devait lui être posée.

C’était le geste d’un véritable leader et c’est le genre de chose que les gens veulent vraiment chez un président, indépendamment de la politique.

3. L’outsider

Donald Trump est président depuis quatre ans. Il est le leader du monde libre et a été au centre de toutes les questions politiques américaines pendant plus de cinq ans. Et pourtant, d’une manière ou d’une autre, il se présente toujours comme un outsider.

C’est une chose étonnante.

Il a été aidé en cela par les Démocrates qui ont choisi comme candidat le politicien le plus ancien d’Amérique qui a été l’ultime initié et qui a personnifié la politique stagnante de Washington pendant tout ce temps.

Trump a habilement pris ce cadeau et a martelé hier soir le message le plus important de sa candidature.

Prenons des exemples.

Le Président Trump a déclaré :

« Je ne suis pas un politicien typique. C’est pourquoi j’ai été élu.

« (…) Vous voyez, ce ne sont que des paroles, pas d’action avec ces politiciens. Pourquoi n’a-t-il rien fait ? Vous avez dit : « C’est ce que je vais faire quand je serai président ». Vous avez été vice-président avec le président Obama, votre leader pendant huit ans. Pourquoi ne l’avez-vous pas fait ? Vous avez eu huit ans pour le faire ».

« Joe, je me suis présenté à cause de vous. Je me suis présenté à cause de Barack Obama. Parce que vous avez fait un mauvais travail. Si je pensais que vous aviez fait du bon travail, je ne me serais jamais présenté. »

Dans le dernier tiers du débat, M. Trump a pu continuer confortablement sur ce thème. Il n’est pas étonnant que ce soit ce qui lui a permis de prendre la tête des primaires républicaines de 2016 et de remporter la victoire en novembre.

Quiconque est encore indécis est probablement un électeur qui ne s’aligne traditionnellement pas régulièrement sur l’un ou l’autre des partis. Ils sont indépendants.

Ces électeurs aiment les étrangers. Ils aiment Ross Perot. Ils aiment Barack Obama. Ils aiment Donald Trump.

Il a pu leur rappeler que même s’il est le président, il reste l’outsider par excellence comparé à des gens comme Joe Biden.

Encore une fois, je n’ai pas la prétention de vous dire dans quel camp les électeurs vont se ranger dans onze jours, et je ne vais pas insulter votre intelligence en vous assurant que cette affaire est réglée pour l’un ou l’autre de ces candidats.

Si j’avais ce genre d’arrogance et d’orgueil mal placé, je serais analyste à la télévision.

Je dis seulement ceci : le Président Trump avait quelques objectifs importants à atteindre lors de ce dernier débat pour donner envie aux électeurs timides ou hésitants de s’engager envers lui.

À mon avis, pour ce que ça vaut, il a atteint ces objectifs importants. Et même au delà.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source : Townhall

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