Publié par Daniel Pipes le 27 octobre 2020

Nous élisons une équipe et pas seulement une personne

Face au choix pour l’élection présidentielle entre Donald Trump et Joe Biden, l’institut de sondage Gallup constate que, pour un quart des Américains, « ni l’un ni l’autre ne sera un bon président ». Sans surprise, certains sont enclins à voter pour le candidat d’un autre parti. Je comprends cette envie, ayant moi-même voté en 2016 pour le candidat libertarien Gary Johnson. Mais en 2020, les différences énormes dans les orientations politiques rendent impératif de voter pour le candidat d’un grand parti.

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Lors de l’élection d’un président – notre demi-roi pour quatre ans – les Américains ont tendance à se concentrer principalement sur le candidat. Allure, santé, présentation de soi, endurance, priorités, bon sens, diction, personnalité, réalisations, références, famille, idées politiques – chaque élément est examiné et analysé. Et à juste titre, car même des détails mineurs sur la personne au sommet du pouvoir peuvent avoir des conséquences substantielles affectant directement le destin de 330 millions de personnes et indirectement celui du monde entier.

Il est logique de se concentrer pleinement sur ces questions lors des primaires, quand on a le choix entre au moins deux candidats dont les idées sont plus ou moins similaires. En revanche, lors des élections générales, les qualités superficielles du candidat importent beaucoup moins quand il s’agit d’exprimer son vote.

Et pour cause. Le candidat est à la tête d’une vaste équipe, qui, une fois qu’il est élu, entre au gouvernement avec lui. Cela va des secrétaires de cabinets au chef d’état-major militaire en passant par les juges fédéraux et bien d’autres, y compris ces obscurs « assistants principaux d’adjoints par intérim » et autres bureaucrates. Mis côte à côte, ils réduisent l’importance du leader au point que voter pour un candidat signifie également voter, de façon implicite, pour l’équipe qu’il dirige.

Plutôt que de se focaliser sur la personne, je conseille de se concentrer sur les perspectives générales d’un parti. Est-il fier de l’histoire américaine ou en souligne-t-il les défauts ? Favorise-t-il la Constitution dans sa version originale ou dans une version plus dans le vent ? Met-il l’accent sur l’individualisme ou l’égalité ? Sur un marché libre ou supervisé par le gouvernement ? Considère-t-il les États-Unis plutôt comme une force pour le bien ou plutôt comme un mal dans le monde ?

C’est de ces principes fondamentaux que découlent une myriade de politiques spécifiques qui caractérisent une administration et la rendent unique. Et ce sont celles-ci, et non l’image du président ou ses titres universitaires, qui déterminent la place de ce dernier dans l’histoire et la destinée du pays. En effet, le fait que les idées et les politiques développées par l’équipe soient souvent plus marquées que celles du président souligne davantage le rôle central de ses conceptions.

Personnellement, à chacune des alternatives proposées ci-dessus, je choisis le premier terme à savoir, une vision fière des États-Unis, une attitude prudente vis-à-vis de la Constitution et l’accent sur l’individualisme et le libre marché. Lors de cette élection, un seul des deux principaux partis s’accorde avec mes conceptions. La personnalité immorale, vulgaire et égocentrique de Trump pour laquelle j’ai une profonde aversion m’inquiète désormais moins que la radicalité inouïe du programme des Démocrates. C’est pourquoi j’ai publiquement soutenu Trump. Pour reprendre les termes du journaliste Bernard Goldberg, « c’est un homme détestable et j’espère qu’il gagnera. »

Illustration du présent article par le Boston Globe

Dès lors, pourquoi ai-je voté Libertarien en 2016 ? Parce que Trump donnait l’image d’un populiste déterminé à saborder le Parti républicain, le mouvement conservateur voire, la démocratie américaine. Puis, à ma grande surprise, il a gouverné en conservateur sur les questions que je considère comme les plus importantes. Par conséquent, et en conformité aux arguments que je viens d’exposer, j’ai mis de côté mon dégoût et mes craintes.

La même logique vaut pour les Démocrates qui proposent un programme politique spécifique notamment l’arrêt du changement climatique et la lutte contre le racisme systémique. Voter pour Joe Biden revient à voter pour son programme et son équipe et à plus forte raison, étant donné son âge, pour les Démocrates qui l’accompagneront au gouvernement, qu’il s’agisse de son épouse Jill, de sa colistière pour la vice-présidence, le sénateur Kamala Harris, ou encore de la foule de membres du personnel de l’ère Obama prêts à occuper des positions plus élevées qu’alors.

Malheureusement, il est probablement vain de souhaiter que la couverture médiatique de la campagne consacre moins d’attention aux chamailleries, aux sondages, aux scandales et aux traits incongrus de personnalité, et se concentre davantage sur les grandes orientations des principaux partis. Ce serait bien si, de temps en temps, les journalistes et les commentateurs pouvaient prendre du recul par rapport à la course à la présidence et considérer le choix – particulièrement fondamental cette année, avec des conséquences vraiment capitales – auquel les électeurs sont confrontés. Mais voilà, ils sont comme des enfants, plus enclins à s’exciter pour l’emballage du paquet-cadeau que pour son contenu.

Dès lors, j’exhorte mes concitoyens électeurs à analyser les programmes très différents des deux principaux partis (pas du tout bonnet blanc et blanc bonnet dans ce cas), à soutenir celui qui correspond le mieux à leurs propres idées et à se prononcer en faisant abstraction des nombreux défauts des candidats.

Daniel Pipes

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