Publié par Mireille Vallette le 31 octobre 2020

Le statut que réservent les religieux à leur prophète, parfait et infaillible, conduit à des meurtres. Les musulmans savent tout de sa vie. Mais l’histoire n’en trouve pas trace.

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Parmi les responsables du crime de Samuel Paty, on oublie le plus important : Mahomet. Ou plus précisément l’idole insensée qu’en a faite l’islam.

La tradition religieuse sait tout tout tout de l’Envoyé : comment il mangeait, saluait, faisait l’amour, traitait son harem, répondait à ses ennemis.

Très tôt, dans la tête comme dans le cœur, se dessine chez les enfants la figure aimée, encensée, de l’ami, du guide, du modèle. Témoin ces propos glaçants d’un «atelier philo» à France Inter, par de petits Français :

«On mange avec quatre doigts, les femmes elles, elles mangent avec toute la main. C’est pas bien de manger avec la cuillère, car le prophète Mahomet il mange avec la main, il a jamais mangé avec une cuillère. Et nous, comme on est musulmans, on doit suivre le chemin du prophète.»

Un chemin «pavé d’interdictions de penser et de critiquer». (Tilman Nagel)

Ces enfants dont déjà englués dans la pâte, elle ne cessera de lever. A partir de quand, offensés par une caricature, certains se mueront-ils en barbares ?

Les adultes entretiennent la ferveur. L’imam suisse intégriste Youssef Ibram : «Toucher à Mahomet, mon modèle de comportement, c’est comme toucher à mes parents.» Et lorsqu’on touche à ses parents, gare !

Les religieux qui cornaquent leurs adeptes dans les centres islamiques répètent comme une litanie combien ce prophète, modèle éternel, était bon, juste, infaillible. Tellement infaillible que les législateurs musulmans ont décrété que quiconque le rejette mérite la mort.

Pour leurs prêches, les islamolâtres puisent dans la débauche de textes que leurs «savants» ont accumulée. Ils sélectionnent parmi des milliers de hadiths (des paroles et actes du prophète validés par des «chaînes de transmetteurs») ceux qui leur sont utiles. Aujourd’hui, en pleine phase de terrorisme islamique, Mahomet devient un pionnier des droits humains.

Cette immense matière religieuse donne aux imams un pouvoir majeur sur les croyants. Dans les démocraties, les hadiths qui le montrent cruel, esclavagiste ou parfaitement misogyne sont ignorés. Ignoré par exemple, ce hadith où le prophète fait capturer des voleurs de chameaux, ordonne de leur couper les mains et les pieds et de les rendre aveugles avec des brandons de fer brûlants. Sa biographie de référence est emplie de ce qui nous apparaît comme des crimes.

Mais pour les auxiliaires d’Allah, quels que soient les méfaits de l’Envoyé, ses comportements étaient justes et nécessaires. C’est que ces chantres de l’islam souffrent d’«une sorte d’autisme [qui] les pousse à rejeter en bloc toute vision critique de leur histoire».

L’image du prophète dans les centres islamiques

Dans le site du vaste centre vaudois CCML, je tombe sur les propos sirupeux de l’imam du lieu, Abdelwahed Kort :

«Chez le prophète, c’est naturel de ne pas insulter». «Il ne peut qu’être généreux, c’est plus fort que lui.» «Aux incroyants, il souhaitait le bien plutôt que le mal.» «Frapper les femmes ? Il n’a jamais frappé personne.» «Il ne rend pas le mal pour le mal».

Et pour ceux qui en redemandent, d’autres vidéos du même imam : «Le prophète et l’éthique de la nourriture» ; «La vie du prophète de 6 à 15 ans» ; «Les qualités de Mohamed» ; «Comment être guidé par le prophète ?» etc.

Sa biographie raconte au contraire qu’il a fait assassiner des poètes et satiristes de l’époque, qu’il a vécu et prospéré grâce à ses razzias, réduit en esclavage des femmes et des enfants, fait assassiner des centaines de juifs.

Malgré tout, les juristes de l’islam en sont arrivés à considérer que mettre en doute l’infaillibilité du prophète requiert la mort. Les quatre écoles juridiques du sunnisme se rejoignent sur ce point. Il est interdit de remettre en question le caractère intouchable de Mahomet, il faut l’imiter. Faire appel à la raison serait trop dangereux.

Le prophète est absent de l’histoire

Cette immense littérature ne repose sur rien. L’histoire, la vraie, ne trouve quasiment pas trace de Mahomet. Les chercheurs, quelle que soit leur spécialité, n’ont rien à se mettre sous la dent. Et quelques rarissimes allusions ne nous disent strictement rien sur ce qu’il était, ni même ce qu’il prêchait.

Comme le dit Hela Ouardi, cet immense fatras de tout ce qu’a dit ou fait Mahomet contraste «avec la quasi-absence de sources non musulmanes. Aucun document, ni trace concrète de la vie du prophète n’a été retrouvé.» (…) «dès qu’on commence un travail critique sur les sources musulmanes, il devient impossible d’écrire une seule ligne sur la biographie du prophète.»

Au final, la tradition «est accrochée à des chaînes de transmission aussi évanescentes que des cordes de fumée».

La vénération de Mahomet se traduit par la prétention d’interdire sa critique dans nos sociétés. Puisque les musulmans adulent leur prophète, nous sommes priés d’éviter tout «blasphème», toute caricature. Ceci appuyé sur le concept d’islamophobie qu’ont adopté l’ONU, l’Organisation de la conférence islamique (OCI), l’Union européenne. Avec la complicité d’innombrables soutiens qui militent pour l’exonération des disciples des Mahomet et de l’islam de ses travers.

Dans l’affaire du prof décapité, le monde musulman n’a pas manqué de montrer une fois de plus combien il aime son prophète et brûlerait volontiers tous ceux qui le caricaturent. Dans ce contexte, Erdogan et d’autres pourraient bien n’être pas étrangers aux assassinats de Nice.

Au nom de Mahomet-le-Parfait, le monde musulman s’était déjà soulevé. Contre les caricatures danoises (250 morts) ou les 14 minutes de vidéo intitulées «L’innocence des musulmans» (un titre est si bien trouvé !) qui ont provoqué quatre morts, des pillages et des incendies. Et Charlie Hebdo (12 morts et des blessés graves). Et rappelons-nous les multiples tentatives, réussies, d’interdire telle production artistique qui mettait en cause le Beau Modèle.

Enfin, concernant la plus récente victime de Mahomet (pour Nice on ne sait pas encore), Samuel Paty : ce n’est pas une quelconque liberté d’expression qui motivait son assassin, ce sont les caricatures du divin Mahomet.

C’est une urgence pour nous : ne pas se faire les complices de cette idolâtrie insensée et souvent meurtrière du prophète des musulmans, ne pas appeler à protéger «leur sensibilité», refuser de «ne pas jeter de l’huile sur le feu» de ces esprits en fusion. «… le feu est déjà là, depuis toujours : ces foules sont déjà en feu ou inflammables dès qu’on parle de leur religion sur un mode qui n’est pas le leur (…)».

Les religieux musulmans d’Occident assument une grave responsabilité en modelant cette image de l’Envoyé et donc ses conséquences. Pour eux et pour ceux qui les suivent dans cette hébétude islamique, la confrontation avec l’histoire semble aujourd’hui encore impossible.

Mahomet est donc infaillible pour l’éternité. Combien de morts encore pour le rappeler ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Mireille Vallette pour Dreuz.info.

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Pour en savoir plus : Hela Ouardi, Tilman Nagel, Majid Oukacha, Alain Jean-Mairet, Daniel Sibony, René Marchand. Parmi tant d’autres !


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