Publié par Manuel Gomez le 31 octobre 2020

La toute récente apparition télévisée de Bernard Tapie se rendant à la convocation du Tribunal, affaibli par sa lutte héroïque contre son «ennemi», ce cancer qui est «négligé pour cause de Covid», dont plus de 30.000 malades sont détectés avec retard et qui a tué plus de 150.000 Français en 2019, bien davantage que le bilan de la présente pandémie, m’a profondément attristé.

J’ai eu le privilège de le rencontrer, et d’apprendre à mieux le connaître, au début des années 80. D’apprécier son volontarisme, son autorité, son sens du commandement, de la direction et, surtout, son énorme charisme. 

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Bernard Tapie ne pouvait pas laisser indifférent, même si sa vulgarité, vis-à-vis de certains de ses subordonnés, pouvait inspirer quelques réticences.

On l’aimait ou on le détestait.

Il m’avait proposé de prendre en charge sa communication auprès des médias, qui ne le ménageaient pas, et la manière un peu cavalière, mais irrésistible, qu’il avait utilisé pour me « débaucher » du quotidien « L’Aurore», alors que je venais d’écrire un article assez déplaisant sur ses méthodes pour s’approprier certaines entreprises en dépôt de bilan et sa personnalité, en apporte la preuve.

Il m’avait convoqué à son siège, avenue Friedland, dans le 8° arrondissement, à deux pas de l’Arc de Triomphe, et sa première phrase : « Je n’aime pas les journalistes » m’avait quelque peu refroidi, alors que ma réponse « Ils vous le rendent bien » le laissait totalement indifférent.

Après m’avoir vertement reproché le contenu de mon article, « écrit sans le connaître », m’avait-il fait remarquer à juste titre, Il avait poussé une feuille blanche vers moi : « Combien voulez-vous gagner pour travailler pour moi ? »

Assez surpris, comme vous pouvez vous en douter, mon salaire mensuel de journaliste d’investigation était de 16.000 francs, plus les avantages liés à la profession.

J’ai donc écrit : « 30.000 plus un treizième mois » et je lui ai retourné la feuille. Il l’a consultée brièvement et l’a signée : « Vous commencez avec moi immédiatement ».

Au courant des tractations entre la direction de « L’Aurore » et le groupe Hersant, et son probable rachat, donc des doutes sur notre avenir, j’ai accepté bien évidemment.

Nous étions en 1981 et ma collaboration a duré jusqu’en 1985, date à laquelle je lui ai offert ma démission, alors qu’il se trouvait en réunion avec ses proches conseillers et qu’il envisageait « d’entrer en politique ».

Contrairement à ce qui se disait, Bernard Tapie n’était pas un proche de François Mitterrand, qu’il connaissait très peu à l’époque, mais un « ami » de Pierre Bérégovoy et c’est sous son ministère qu’il a été nommé ministre de la ville.

Député durant trois années, puis député européen, Bernard Tapie est entré en politique à une époque où la droite et la gauche se partageaient l’électorat et où le Front National était diabolisé et, cependant, sa propre liste «Energie Radicale» réalisait 12,13% des voix aux élections de juin 1994. Davantage que La France Insoumise de Mélenchon et de ses « soumis ».

Je suis persuadé que si ce même scénario s’était déroulé en 2017, après l’effondrement de la vie politique française et des partis traditionnels, et des quinquennats plus que néfastes pour le pays de Sarkozy et Hollande, Bernard Tapie aurait pu être un Emmanuel Macron et accédé à la présidence.

Il ne « sortait » pas de l’ENA, n’était certainement pas moins intelligent, mais oh combien plus décisionnaire et charismatique que l’actuel président.

Cela n’aurait pas été « La République En Marche » mais « Energie Radicale ».

Quel président aurait-il été ? Cela, on ne le saura jamais !

Il s’agissait juste d’une réflexion de ma part.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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