Publié par Danièle Lopez le 13 octobre 2020

A l’heure où le gaz-énergie est sur la sellette en France avec les transactions plus que douteuses entre Veolia, Engie et Suez et où plane le spectre de la dépossession des bijoux de la famille France par l’expert Macron, qui n’en est pas à son premier méfait, il est important de rappeler à nos concitoyens français si bons, si bienpensants, si généreux envers les Algériens, comment, en 1965, deux ans seulement après l’indépendance, De Gaulle Premier a bradé nos plus beaux bijoux de famille.

Et ils pesaient très cher, ces bijoux. Ils étaient en or noir Jusqu’en juillet 1962, la France qui avait scindé l’Algérie en trois départements, français à part entière, possédait et exploitait des puits de pétrole dans le Sahara français qui produisait l’énergie nécessaire à un État fier et puissant, la France, en la protégeant des fluctuations éventuelles des plus gros producteurs du Moyen-Orient.

Lorsqu’en mars 1962, le 18 plus précisément, furent «signés» les Accords dits d’Evian, ceux-ci consolidaient, pour l’essentiel, les principales dispositions du code pétrolier saharien.

Mais nous avons appris, depuis, que les Algériens, malhonnêtes et fourbes, dont la haine envers la France n’est plus à prouver, n’ont jamais respecté des «feuilles de papier» signées avec l’ennemi.

En quoi consistait donc «ce code pétrolier saharien», en ce 18 mars 1962 ?

L’activité pétrolière au Sahara, d’abord, était régie par le droit minier français. Plus tard, elle régira son activité par le code pétrolier saharien qui s’inspirait des dispositions en vigueur au Moyen-Orient. 

Ce code consistait en un partage des fruits de l’exploitation réalisé approximativement par moitié entre concédants et concessionnaires.

«Il s’appliquait à plusieurs dizaines de compagnies de toutes sortes, françaises et étrangères, ces dernières toujours associées à des intérêts français.»

L’exploration et la production étaient encadrées par l’État français et deux établissements publics dont la SN Repal et (certainement) la Compagnie Française de Pétrole qui avaient été les pionniers du pétrole saharien dès 1950.

Jusque-là, la France était donc bénéficiaire même sur les compagnies étrangères. Les raffineurs français et étrangers, établis en métropole, étaient tenus de reprendre la production des compagnies publiques, principales productrices sahariennes, qui ne disposaient pas de réseau de commercialisation.

Tout fonctionnait à merveille. La France était devenue un État producteur de pétrole et de gaz dans un Sahara qui révélait un potentiel considérable pour des centaines d’années. Sans oublier les étendues, en millions de kilomètres carrés, encore inexplorées et à forer qui promettaient un rendement plus que satisfaisant au vu des premières extractions.

Les exploitations d’Hassi Messaoud pour le pétrole (1956) et d’Hassi R’Mel pour le gaz (1956), figurent, depuis 1967, parmi les plus grands gisements du monde et représentent encore 80 % des réserves d’hydrocarbures de l’Algérie.

Devant ce succès, en 1961, l’État Français va investir 5 milliards de francs, d’origine publique dans la recherche et l’exploitation pétrolière au Sahara. Les résultats étaient, compte tenu de l’effort déployé (profondeur des puits et éloignement de la côte) honorables pour le pétrole et substantiels pour le gaz naturel. 

Tout allait très bien mais…. De Gaulle avait décidé de l’indépendance qu’il annonça, un an plus tard, le 3 juillet 1962. Sans inquiétude apparente pour cet homme si sûr de lui, qui se basait sur des «accords unilatéraux» puisque le FLN qui prendra quelques mois plus tard possession de l’Algérie ne signa jamais ses accords.

Pendant les deux années (étés 63/65) qui suivirent ce changement, l’Algérie algérienne ne cessa de créer des problèmes aux sociétés pétrolières et à la France tout particulièrement, en se faisant tirer l’oreille, repoussant et retardant indéfiniment toutes demandes faites pour des attributions de permis de recherche et, surtout, en reportant, sine die, les demandes de concessions d’exploitation.

Réponses dilatoires, auxquelles s’ajoutèrent immédiatement des restrictions au transfert des bénéfices de l’exploitation lesquelles avaient eu pour effet de ralentir la production mais, surtout, de décourager l’investissement dans l’industrie pétrolière jusqu’alors en pleine expansion dans le Sahara.

Les intentions malveillantes de l’Algérie envers la France étaient évidentes.

Tout cela n’entrait pas dans les accords qui avaient été signés préalablement en mars 1962 et De Gaulle que d’aucuns disaient excellent stratège, aurait dû voir les prémices d’une dépossession du pétrole saharien français, par les Algériens.

A moins… A moins qu’il n’en fût, par avance, informé et les ait accordés secrètement en échange de la construction de «sa» bombe nucléaire française qu’il voulait obtenir à n’importe quel prix et dont les essais durèrent jusque dans les années 70 dans le Sahara.

Ben Bella, secrétaire général du FLN est devenu Président de la République Démocratique et Populaire Algérienne, au terme du referendum du 15 septembre 1963. Le pays a pratiquement vécu une année entière, dans le chaos de guerres intestines. Président, chef du Gouvernement, Ben Bella s’octroie les portefeuilles de l’Intérieur, des Finances et de l’Information. Peu à peu, il «démissionne» tous les ministres du clan d’Oujda (Boumedienne) et profite d’un congrès au Caire pour retirer à Abdelaziz Bout’flika, son ministère algérien des Affaires étrangères.

Relever de ses fonctions, l’âme damnée de Boumedienne, son fidèle Bout’flika, est la goutte d’eau qui fait déborder le clan d’Oujda et son chef, l’Algérien le plus antifrançais que nous connaissions depuis leur djihad en 1954. Boumedienne déclenche de facto, le putsch déjà préparé de longue date qui renverse Ben Bella le 19 juin 1965 et le maintiendra en prison pendant 15 ans, jusqu’en 1980 lorsque Chadli Bendjedid prend la succession de Boumédienne, décédé en 1978.

Nous sommes donc en juin 1965, l’Algérie a un nouveau président. Et la donne a changé. Ce président est bien déterminé à faire toutes les vacheries possibles aux Français qu’il hait avec une force dont ont hérité toutes les générations algériennes suivantes.

Son premier travail, dès le mois de juin 1965, va consister à s’attaquer aux ressources pétrolières, uniques revenus de cette nouvelle Algérie qui n’a encore rien entrepris, en 2 ans, pour développer le pays à la suite de la gestion française et se contente de vivre sur les acquis du travail des Français.

Comme il n’a jamais accepté ni même signé les «accords d’Evian» auxquels, d’ailleurs, il ne participait pas, il va sortir de son chèche un nouveau traité, annulant celui de mars 62, relatif au code pétrolier saharien.

L’État français (De Gaulle) n’a d’autre ressource que d’accepter les nouveaux accords imposés par Boumedienne, pour sortir de l’ornière dans laquelle la France est embourbée, acculée face à la mauvaise foi des Algériens.

Mais il reste, pardonnez-nous, il reste toujours le doute que De Gaulle était parfaitement informé de tout ce qui allait en découler.

Paradoxalement, ce nouveau traité de juin 1965 ne change rien «aux droits acquis par les titulaires non français, de permis de recherche et par tous les titulaires de concessions d’exploitation».

Mais le régime fiscal des concessions a changé à la hausse et le taux de l’impôt est majoré, d’un coup, de plus de 40 %, en même temps que les avantages antérieurs qui étaient conservés n’ont plus cours.

Disparaît aussi le prix de vente effectif qui est le prix de référence utilisé au Moyen-Orient depuis les accords de décembre 1964.

En lieu et place, les Algériens imposent, à la France, «un prix conventionnel dont l’effet est d’interdire à la compagnie productrice de tirer parti d’un éventuel raffermissement des cours mondiaux.» Il ne faut surtout plus que la France puisse tirer des bénéfices de l’exploitation du pétrole.

La France vient de se faire dépouiller par les Algériens d’une manière magistrale. Mais elle n’a pas encore tout vu ni tout entendu.

Comme l’explique Alain Murcier (1) dans Le Monde diplomatique d’août 1965, «La grande innovation consiste dans l’identité de l’un des partenaires, l’Etat français lui-même, qui traite au nom de toutes les sociétés françaises (en engageant implicitement le sort des compagnies étrangères).

Ainsi, au terme de ces «nouveaux accords» il est constitué, entre l’Etat algérien, d’une part, et l’Etat français, représenté par deux établissements publics, d’autre part (je cite) :

«Une association coopérative gérant un domaine minier constitué par tous les permis de recherche appartenant à des sociétés françaises et par tous les périmètres non détenus par des compagnies étrangères inscrits dans une surface coopérative de 180 000 kilomètres carrés (les plus susceptibles de contenir des hydrocarbures et les mieux placés pour l’évacuation de la production éventuelle).

La France a tout perdu de son exploitation pétrolière en Algérie

Dans cette «association», la moitié du portefeuille minier français est remise à l’État algérien.

Quant à «l’associé algérien», il est bien devenu opérateur sur la moitié du domaine minier de l’association mais… n’ayant aucun moyen ni personnel compétent pour effectuer des recherches pétrolières, c’est la France qui lui avancera 60 % des capitaux nécessaires à la conduite de ces travaux de recherche.

Comme la France n’est pas encore suffisamment dépossédée, Boumedienne et C° rajouteront, toute honte bue, dans ce nouveau traité, que «l’associé français est tenu d’écouler, si l’Algérie le désire (et elle ne peut que le désirer puisqu’elle n’a pas elle-même de débouché), la production de l’associé algérien, qu’elle doit lui payer au prix commercial».

Quant à l’associé français, il dispose librement de la part qui lui est dévolue mais… il doit acquitter, sur cette part, un impôt de 55 % et réinvestir en Algérie même, en période de croisière, 75 % de ses bénéfices.

La France bien de perdre plus de 50 % de son portefeuille minier et de plus, elle doit débourser 60 % du montant des travaux à entreprendre par l’associé algérien. En outre, elle devra payer à l’Algérie un impôt de 55 % sur ses bénéfices et en réinvestir 75 % en Algérie.

Chez nous, on appelle ça, «cocu et battu», non ? Les Algériens se sont bien foutus de De Gaulle, de la France et de ses fumeux accords d’Evian.

Cette partie des nouveaux «accords» Algérie/France signés en 1965, que nous venons de détailler de notre mieux ne concernait « que » le pétrole.

L’autre partie va confirmer la politique Algérienne qui consiste à dépouiller toute l’activité pétrolière française en Algérie, afin qu’elle ne puisse se procurer des profits dans le chapitre– objet de cet article : le gaz naturel.

En effet, pendant le temps très court de la présidence de Ben Bella, ce dernier avait décrété que : «le gaz naturel saharien est un bien exclusivement algérien».

Les nouveaux maîtres algériens, profitent de mettre en application cette affirmation et décident que :

«Les négociateurs d’Alger ont obtenu que les propriétaires des gisements de méthane soient virtuellement expropriés. Ils n’ont plus le droit que d’extraire le gaz et sont obligés de s’en désintéresser dès sa sortie du puits».

Ce gaz leur sera acheté, par l’Algérie, au prix de revient (donc, aucun bénéfice possible) mais les concessionnaires du gaz n’étant pas au bout de leurs peines se voient imposer une servitude supplémentaire qui dit en substance :

«Qu’ils sont obligés de produire autant de méthane que l’Algérie en désire, c’est-à-dire qu’ils sont tenus de procéder aux investissements supplémentaires adéquats.»

«Toutefois, les exportations de gaz à destination de la France seront réalisées, au prix commercial, par une société mixte franco-algérienne.»

En peu de mots et sans fournir aucun travail, les Algériens achètent du méthane extrait par les compagnies françaises au prix de revient qu’ils refourgueront à la France au prix commercial.

Ce faisant, ces nouveaux accords visent à réduire le capital d’une entreprise– en l’occurrence, l’État français.

L’Algérie, quant à elle, bénéficie des avantages de la nationalisation des ressources de son sous-sol tout en s’exonérant des charges d’une telle opération que la France prend à son compte.

Donc, non seulement la France renonce aux larges zones de profit qui se situent aux premiers stades du circuit pétrolier mais elle prend à son compte l’intégralité des dépenses de commercialisation incombant à son partenaire.

Cet or noir qui est, partout dans le monde, source de richesse va devenir, en France, la source d’énergie la plus onéreuse.

Et la compétitivité de l’économie française s’en trouvera inéluctablement amoindrie.

Oui. Nous sommes en juin 1965 et la France vient de perdre, sur tous les tableaux, les bénéfices des ressources pétrolières et gazières qu’elle avait entreprises au Sahara. Pire encore, l’économie jusque-là florissante de la France commence à chuter dès l’été 1965.

Voilà 55 ans que de Gaulle, alors chef de la France, par ses négociations fumeuses avec des terroristes sans foi ni loi, a condamné la France à ne plus se relever et à dépendre de l’Algérie en matière d’énergies pétrolières et gazières.

Et pendant tout ce temps, de Gaulle qui décrète, de Gaulle qui dirige, de Gaulle qui exige, n’a toujours pas pris le temps d’annuler le décret qu’il a pondu et qui donne toujours la possibilité aux Algériens d’opter pour la nationalité française. N’oublions pas qu’ils étaient Français jusqu’en 1962 et qu’il leur avait laissé le libre choix de se réclamer Français.

Ce décret prendra fin en 1967. Mais ils circuleront librement, pendant près de 20 ans, entre nos deux pays jusqu’aux premiers attentats perpétrés par les Algériens, en France, dans les années 80/90 où les visas firent leur apparition pour la première fois.

Quand on sait que la CGT a été la première à se porter au secours des travailleurs immigrés algériens mais aussi la première à dénoncer les augmentations des tarifs du Gaz et du carburant qui affaiblissent « nos petits budgets mensuels », on ne peut que constater que ce satellite du PCF qui a fait beaucoup de mal à la France continuera d’en faire jusqu’à l’extinction définitive du produit France.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Danièle Lopez pour Dreuz.info.

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