Publié par Manuel Gomez le 15 novembre 2020

Souvent je m’interroge sur les raisons qui poussent certaines personnalités à s’imaginer qu’il est très important qu’elles se prononcent sur des événements qu’elles n’ont pas vécus, qu’elles n’ont pas connus, et qu’elles se permettent de les interpréter selon leur propre analyse et trop souvent, ce qui est plus grave, selon leur propre idéologie.

Quelquefois ils se présentent comme «Historiens», c’est le cas d’un Benjamin Stora et quelques autres, d’autres fois comme philosophes, c’est le cas de BHL, de Michel Onfray et de quelques autres, et souvent, ce sont des hommes politiques, qui n’ont pas toujours réussi leur parcours mais qui espèrent nous faire comprendre comment d’autres hommes politiques, avant eux, ont réussi, ou échoué, le leur. 

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Vendredi soir, sur CNews, l’une des très rares chaînes de télévision qui nous retient devant notre écran (surtout depuis que LCI s’est assurée le concours d’un «Jean-Michel Aphatie» ou d’une «Mme Bourdin» !), il s’agissait d’un débat sur De Gaulle, entre Henri Guaino face à Eric Zemmour.

Et nous avons eu la preuve de ce que j’écris plus haut : d’un côté Zemmour, qui apprécie un «Grand président de la République» dans ses décisions concernant la France souveraine et indépendante, ses prises de position contre l’OTAN, contre l’Union Européenne, telle qu’elle est, contre l’immigration, etc., et, face à lui, un Henri Guaino, totalement en accord avec Zemmour sur les remarques ci-dessus, mais en total désaccord sur des interprétations qu’il s’autorise sur certains événements vécus par De Gaulle, notamment en 1940.

Pour Guaino : l’armée française n’avait pas perdu la guerre, en 1940, et aurait dû poursuivre le combat, alors qu’elle était en totale déroute, que les Allemands se promenaient dans Paris et que le gouvernement de la France se «cachait» à Bordeaux.

Toujours selon lui, «L’armistice n’aurait jamais dû être signé et que «jamais l’armée allemande n’aurait pu envahir l’Afrique-du-Nord».

Sans doute a-t-il mal lu de Gaulle : «Je le sais que l’armistice était nécessaire pour la suite de la guerre, mais surtout ne l’avouons jamais».

Et même Churchill, en 1943 : «L’armistice nous a en sommes rendu service. Hitler a commis une faute en l’accordant. Il aurait dû aller en Afrique-du-Nord et s’en emparer. Nous aurions alors eu une tâche bien plus difficile».

Guaino en sait même davantage que les conseillers directs d’Hitler :

Goering, commandant en chef de la Luftwaffe : «L’armistice fut la plus grosse faute du Führer. S’interdire de poursuivre notre progression vers l’Espagne nous a sans doute fait perdre la guerre».

Keitel, commandant suprême des forces armées allemandes : «L’Histoire eut été différente si le Führer n’avait pas laissé à la France sa marine, ses troupes coloniales et son Empire».

Le ministre Renthe-Funk : «Le Führer a commis, en juin 40, une faute inconcevable en concluant un armistice au lieu d’occuper immédiatement tout le territoire français et l’Afrique-du-Nord».

Et pour en terminer sur ce point précis : l’armée allemande a pu pénétrer en Tunisie, en 1942, sans subir d’énormes pertes.

J’aurais souhaité que Zemmour pose cette question à Guaino : «Si de Gaulle, qui a attendu la formation du gouvernement proposé par Pétain, et constaté qu’il n’y figurait pas avant de «s’enfuir» à Londres, avait, au contraire, était nommé ministre, ou secrétaire, de la Défense : qu’aurait-il fait ?

«C’est bon, ils ne veulent pas de moi ! Dans ces conditions je fous le camp à Londres».

Deux exemples, parmi d’autres, d’une interprétation toute personnelle d’Henri Guaino : «A Dakar, ce sont les Français qui ont tiré sur De Gaulle, qui les attaquait avec la flotte britannique, et pas le contraire».

Selon Guaino, «De Gaulle a toujours eu comme objectif majeur «de rassembler les Français». Fort justement Zemmour lui a prouvé le contraire : de Gaulle ne fut qu’un «diviseur», bien que Guaino ait manifesté un léger doute sur cette citation de De Gaulle : «Mais, Pompidou, figurez-vous que j’ai passé ma vie à tirer contre des Français».

Cela nous amène à la guerre d’Algérie, mais ce serait bien trop long à analyser, et à débattre, contre un Henri Guaino qui, manifestement, n’y a rien compris, comme bien d’autres d’ailleurs : «puisqu’il s’agissait bien davantage d’une «guerre de religion» que d’une «guerre d’indépendance».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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