Publié par Manuel Gomez le 16 novembre 2020

Pour celles et ceux qui ne le savaient peut-être pas : 

Après les « Accords d’Evian » et le cessez-le-feu unilatéral de l’armée française, de nombreuses femmes ont été enlevées uniquement pour la prostitution. 

Certaines ont été livrées aux « maisons closes ». 

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Ce fut le cas de Mme V…, enlevée à Alger le 14 juin 1962 et retrouvée dans une maison close du quartier de Belcourt et rendue à sa famille le 9 janvier 1963. 

Elle est, depuis cette date, considérée en état de folie incurable. 

D’autres femmes enlevées ont été attribuées à des officiers de l’ALN, ce fut le cas de Mlle P…, institutrice à Inkermann. D’autres, enfin, ont été vendues à des trafiquants internationaux et acheminées vers le Maroc ou le Congo ex-belge et, pour certaines, vers l’Amérique du Sud. La plupart de ces malheureuses sont irrécupérables, certaines ont été mutilées, d’autres tatouées, nombreuses ont eu des enfants, œuvre de leurs geôliers. 

Rares ont été retrouvées, comme Mme V…, à l’époque à Nîmes, sont devenues folles ou demeurent prostrées. 

L’une d’elles, femme d’un officier français dont on doit taire le nom, sa famille ignorant fort heureusement ce qui lui est arrivée, mère de trois enfants, s’est donnée la mort le lendemain de sa libération d’une maison close d’Orléansville. 

Ce trafic de femmes se poursuivait encore en 1963, comme en témoignait une jeune infirmière lyonnaise coopérante. 

Pour celles et ceux qui ne le savaient peut-être pas : 

Le 4 mai 1962, donc deux mois après les « Accords d’Evian » et le cessez-le-feu du côté de l’armée française, deux jeunes du quartier populaire du Ruisseau, à Alger, le quartier où a grandi Albert Camus, L…, 20 ans et F…, 18 ans, sont enlevés. 

Emmenés à la villa Lung, ils subiront durant 41 jours des tortures abominables : on leur coupe le nez, puis les oreilles. On leur crève les yeux, ils perdent même la parole. 

Par miracle, ils sont libérés par un commando « qui passait par-là » et sont remis aux services médicaux de l’armée française, à l’hôpital Maillot, avenue des Consulats, à Bab-el-Oued, autre quartier populaire de la capitale. 

Rapatriés, par la Croix-Rouge Française, à bord d’un avion militaire, ils sont dirigés sur Nancy, et cela est confirmé par le CICR. 

Malgré tous leurs efforts, leurs parents ne les ont jamais revus. 

Interrogé, le ministre de Broglie répond : « L’affaire est sans doute compliquée. Ils subsistent des points obscurs. Je fais poursuivre des recherches extrêmement poussées. » sur le territoire national ». 

*Il ne fallait surtout pas « embarrasser » la nouvelle Algérie indépendante ! 

Pour celles et ceux qui, peut-être, ne le savaient pas : 

Le 16 mai 1962, Eugène Féraud quitte Alger pour rejoindre sa propriété, prés de Oued-el-Alleug. On ne le retrouvera jamais. La gendarmerie nationale répondra à ses proches : « Si vous voulez savoir ce qu’il est devenu, recherchez-le vous-même ». 

Le 23 août 1962, Marcel Astier, colonel en retraite et commandeur de la Légion d’Honneur, qui apportait son aide aux organismes officiels sur les disparitions inquiétantes, apprend l’existence de deux camps de détention près de la Trappe de Tibhérine, au Bordj Tafer. Il est enlevé alors qu’il se rend auprès des autorités françaises pour leur demander d’agir. On n’entendra plus jamais parler de lui. 

Le 4 mai 1962, Solange et Louis Gex, qui possédait une ferme près d’Alger, ils y avaient installé un dispensaire et une école pour les enfants musulmans dont les familles avaient été massacrées par le FLN. Les gendarmes français se présentent et leur confisquent les trois fusils de chasse qu’ils possèdent. Peu après des éléments de l’ALN viennent leur enlever la récolte de blé et, le 17 juillet 1962, leur fille, qui réside à Paris, apprend leur assassinat. Le FLN local attribue ce double meurtre à des « éléments incontrôlés ». 

Le 8 mai 1962, André Banon est enlevé entre Alger et Le Guelta, où il dirigeait une exploitation familiale. Sa femme, mère de huit enfants, rejoint la France un an plus tard. Elle ne percevra sa pension de réversion qu’en 1966, quatre ans après, lorsqu’André sera déclaré mort officiellement. 

Le 23 avril 1962, V… est enlevé à 10 kilomètres d’Oran, sous les yeux de sa femme. Le lieutenant de l’armée française, qui commande le détachement le plus proche, lui répond, quand elle se présente en larmes : « Nous n’avons pas d’ordre pour poursuivre les ravisseurs ». 

Pas d’ordres non plus à l’armée française pour rechercher les ravisseurs du docteur B…, enlevé à Blida le 8 mai 1962, ni pour Roger C…, son fils de 16 ans et sa petite fille de 10 ans, enlevés à Tlemcen le 20 juin 1962 et jamais retrouvé. 

Pour celles et ceux qui, peut-être, ne le savaient pas : 

Le 14 juin 1962, après que les gendarmes soient venus saisir chez lui le poste de radio et les armes que lui avait confié l’armée, compte-tenu de l’isolement de leur ferme, Georges Santerre fait partir sa femme et ses deux enfants en métropole et, alors qu’il revient chez lui, il disparaît, enlevé par une bande de pillards. 

Après de longues recherches, le Consul de France remet à sa famille un « acte de décès » et le Secrétariat d’Etat aux Affaires Etrangères réclame à sa femme de garder le silence « afin de préserver les relations avec l’Algérie ». 

Afin de fêter la proclamation de l’indépendance, la population algérienne d’un village de la région de Tlemcen, invite, le 13 septembre 1962, Joseph Belda et sa femme « a partagé le couscous de la réconciliation ». En provenance du Maroc, un groupe d’hommes armés s’introduit et les enlève, malgré l’opposition des villageois. On ne les reverra plus jamais. 

Les harkis : « Ce magma dont il faut se débarrasser sans attendre », selon De Gaulle, sont désarmés, alors qu’on leur promet « un armement plus moderne car l’armée est encore là pour cinq ans et qu’ils ne craignent rien », alors qu’elle se retire définitivement et les abandonne cependant que l’ALN occupe le bled et commence à les massacrer en masse, contrairement aux « Accords d’Evian ». 

Des familles entières sont assassinées, les hommes bien sûr, mais également les femmes violées puis éventrées et les enfants emportés « pour être réadaptés dans des centres de détention ». 

Pour celles et ceux qui, peut-être, ne le savaient pas : 

Ali B… témoigne : L’image de mon cousin torturé et égorgé devant mes yeux reste ancrée dans ma mémoire. Mon autre cousin, son frère, fut aussi victime des bourreaux du FLN, mais il fut plus chanceux que son cadet, il a survécu avec de terribles séquelles définitives. J’ai assisté à de nombreuses scènes de tortures, de lapidations et de meurtres. Des gens mutilés à qui on avait versé du sel sur des plaies ouvertes, des enfants de harkis lynchés, d’autres à qui on avait tranché la langue, et tous ces cadavres qui jonchaient les rues, tous ces corps sans tête. 

Jean-Pierre Chevènement, alors sous-lieutenant en Algérie : Le 19 mars 1962, j’ai vécu un drame affreux : plusieurs de mes moghaznis, ainsi que le chef du village musulman de Saint-Denis-du-Sig, ont été tués dans des conditions atroces par un commando du FLN. J’ai retrouvé Miloud, mon aide de camp, égorgé. 

Dans une des rares émissions télévisées évoquant le sort des harkis, Chevènement indique le nombre de 20.000 harkis égorgés, défigurés, mutilés, dans le village Nègre (Quartier d’Oran). 

On ne saura jamais le nombre de victimes de la barbarie de l’ALN et du FLN : 60.000, 100.000, 150.000…, n’était-ce pas « un crime contre l’humanité » ? 

Pour celles et ceux qui, peut-être, ne le savaient pas : 

A la mechta Faham, à l’ouest de Constantine, sous la torture, Saïd Zaïdi, sergent-chef du Groupe Mobile de Sécurité, a avoué avoir tué 80 fellaghas. 

Il a été découpé vivant, à la serpe, en autant de morceaux qu’il avait tué de fellaghas. 

A Zerrama, les harkis abandonnés sont soumis à des tortures en présence de la population civile. 

Chacun a le droit de venir les insulter, leur cracher au visage, les frapper, puis les fellaghas leur couvre le visage d’excréments et ils restent toute la journée en plein soleil sans avoir à boire. 

A Aïn Mellouk, le 9 juillet 1962, trois harkis attachés à des cordes, sont trainés derrière un camion, devant la population rassemblée, jusqu’à que mort s’ensuive. 

A Merouana (Corneille), fin juillet 1962, une quarantaine de harkis sont obligés d’arracher, avec leurs dents, les bras liés derrière leur dos, l’herbe des sentiers. 

A Bouthamama et à Tabergha, une douzaine de harkis sont attachés à des chevaux, pieds et mains liés, et trainés jusqu’à la mort. 

A M’Mchouneche a été découvert un charnier d’une centaine d’anciens supplétifs du GMF, ainsi que le corps du capitaine Moreau, qui les commandait. Tous enlevés dans le secteur de Bou Izarkan, près de la frontière marocaine, et promenés dans les souks avant d’être assassinés. 

Pour celles et ceux qui, peut-être, ne le savaient pas : 

Amara Boudedja était né le 23 mars 1940 à Yakouren, en Kabylie. 

Il servait au régiment des Chasseurs d’Afrique et a été capturé par l’ALN dès le lendemain où l’armée française l’a abandonné, désarmé. 

« Ils étaient un petit groupe, armés de matraques. Ils m’ont tapé dessus durant des heures et, pendant qu’ils cognaient, ils me disaient : « Pourquoi tu n’appelles pas de Gaulle pour qu’il vienne t’aider ? ». 

Ensuite, ils se sont acharnés sur mon père, un ancien « poilu » de 1914. 

Puis ils nous en emmenés, mon père et moi, jusqu’à la gendarmerie de Yakouren. 

Les gendarmes français, toujours présents, ne sont pas intervenus, malgré nos supplications. 

Nous sommes restés enfermés, dans cette gendarmerie, mon père et moi, pendant cinq années avec pour toute nourriture du pain et de l’eau. 

Mon père est mort à mes côtés. 

Ali Laïdaoui avait servi dans une harka rattachée au 152e régiment d’infanterie, à Tablat. 

Au mois de mai 1962, un responsable du FLN est venu nous demander de déserter, mais on a refusé et, le lendemain, l’armée française nous a payé deux mois de préavis et nous a libéré. 

Notre harka est allée se réfugier à Tablat. 

Le lendemain, une foule du village voisin est venue pour nous lyncher à coups de bâton, de pierres et de couteaux. 

Beaucoup de femmes ont été violées. 

Le jour d’après, j’ai été conduit dans une bétaillère jusqu’au camp de Ouled Sassi, pas très loin. Nous étions plus de 200 harkis rassemblés. 

Nous avions 100 grammes de galette et quelques figues de barbarie par jour, pour nous nourrir. 

La nuit nous étions entassés dans une petite cave souterraine. La sueur nous brûlait les yeux et nous devions nous relayer pour pouvoir s’allonger sur le sol. 

Un jour un harki s’est échappé, mais s’est fait reprendre aussitôt. Pour l’exemple, ils l’ont attaché à un arbre, en plein soleil et il faisait 50 degrés. Son corps imprégné de lait a été abandonné aux mouches. 

On n’a jamais plus eu de nouvelles de lui. 

*Ali Laïdaoui a réussi à s’échapper un an plus tard et il est parvenu à gagner la France, avec onze membres de sa famille.  

Pour celles et ceux qui, peut-être, ne le savaient pas : 

Maloud F., âgé de 61 ans. Je suis entré comme harki dans l’armée française en 1958. D’abord commando de chasse puis dans le premier bataillon du 2e régiment d’infanterie de Marine, dans la région d’Akbou, en Kabylie, jusqu’en 1962. 

Le 19 mars 1962, après le « cessez le feu » on nous a reversés dans la force locale. 

Une nuit les soldats français, nos frères d’armes, nous ont désarmés. 

Ils ont tout pris, fusils, grenades, mitraillettes et ils nous ont renvoyés chez nous. 

Je suis rentré au village, certain qu’il n’y aurait pas de problèmes, nos gradés nous l’avaient assuré : nous ne risquions absolument rien, puisque l’armée française allait rester sur place pendant cinq ans, qu’il y aurait des soldats français à Akbou durant toute cette période et ils nous protégeraient en cas de problèmes. 

« Les « Accords d’Evian » garantissent votre sécurité », nous ont-ils dit, et dans les grandes villes l’armée resterait quinze ans. 

Le 18 juillet 1962 j’ai été arrêté par le FLN, avec d’autres. On nous a emmenés à Akbou et nous avons été torturés, puis ils nous ont jetés dans une cave, où il y avait des hommes couchés avec du sang partout. 

J’ai tenté de me protéger la tête alors ils m’ont brisé les mains. Avec un couteau ils m’ont entaillé le ventre. 

Nous sommes restés là 48 h. sans manger et nous sommes restés près de vingt jours dans cette cave. 

Ensuite on nous a transféré dans un autre village, Les Acournes, nous étions une centaine, dans un souterrain, pieds nus, et ils avaient mis des tessons de bouteille sur le sol, dans la poussière et dans la boue, Nous avions tous les pieds entaillés, alors on a fini par marcher à quatre pattes, puisqu’on n’arrivait plus à se tenir debout. 

Puis nous avons été conduits au camp de concentration du Maréchal. Nous étions torturés du matin au soir. Ils nous battaient avec du fil de fer électrique, des marteaux, des barres à mine. 

J’ai vu de mes propres yeux des frères enterrés vivants, jusqu’au cou, et décapités à coups de pelle et d’autres enterrés vivants, tout simplement. 

Un jour la Croix-Rouge nous a visité, nous avons été examinés et recensés et les délégués sont repartis avec trois cents personnes. 

Ceux qui sont restés, comme moi, ont été affectés au déminage et c’est comme ça que j’ai pu m’évader, en juin 1967. 

Pour celles et ceux qui, peut-être, ne le savaient pas : 

Les propos de Krim Belkacem sont dépourvus de toute ambiguïté « Pour être enrôlé dans les rangs de l’ALN, il faut abattre un colonialiste ou un traître notoire musulman » (Revue de politique internationale – Belgrade le 15 février 1960). 

Depuis 1945, le MNA, et depuis 1954, le FLN, ont employé les moyens les plus barbares (enlèvements, égorgements, viols, émasculations, mutilations) contre des civils innocents, femmes et enfants compris et contre leurs coreligionnaires, afin de les forcer, par la terreur, à rejoindre leurs rangs. 

Et en métropole, les complices français du FLN, les « porteurs de valises », ceux qui finançaient nos ennemis, leurs procuraient des armes pour assassiner nos enfants, vos enfants, bénéficiaient de protections au plus haut niveau de l’Etat, notamment auprès du garde des sceaux, Edmond Michelet. 

Et parmi ces traîtres une grande partie du clergé catholique. 

Et le FLN a poursuivi ses actes barbares même après l’indépendance, selon le témoignage, qui ne peut être mis en doute, d’Hervé Bourges, qui fut responsable de l’audiovisuel français et rejoignit, en 1963, ses amis du FLN et, après avoir pris la nationalité algérienne, devint conseiller politique de Ben Bella, puis directeur de la Jeunesse et de l’Education, avant de se voir offrir le ministère de la Justice de la République algérienne. 

Jeté dehors par la suite, comme la plupart de ses complices « porteurs de valises », il deviendra directeur de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, en 1976 (ce qui explique l’idéologie gauchiste de la majorité des rédactions dans les médias, que ce soit la presse écrite ou télévisée). 

C’est lui qui l’affirme : « On a torturé sous Ben Bella, on torture davantage sous Boumédiène, voilà la triste évidence. La torture est devenue une institution, elle est largement pratiquée dans les locaux de la police, dans les caves de la sécurité militaire. Les arrestations, les séquestrations, deviennent monnaie courante. L’individu est bafoué dans ses droits, humilié dans sa dignité, etc. » Et depuis l’indépendance, ce sont ces assassins qui dirigent l’Algérie, depuis le premier jour et jusqu’à aujourd’hui, qui réclament « la repentance » de la France, qui accusent la colonisation, les Pieds Noirs, notre armée, de « crimes contre l’humanité 

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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