Publié par Jean-Patrick Grumberg le 18 novembre 2020
Page d’Eric Coomer, une célébration de la haine de Trump, depuis supprimée

Dans une interview, Joe Oltmann, le fondateur de FEC, une association conservatrice qui défend le mode de vie traditionnel de l’Amérique, explique avoir infiltré les Antifa.

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C’est là qu’il a découvert par hasard – cela se passait en septembre dernier, qu’une des personnes présentes dans une conversation entre membres du groupe extrémiste était Eric Coomer, le fondateur et vice-président de Dominion Voting Systems, qui est utilisé dans de nombreux Etats américains et d’Amérique latine pour compter les élections.

Et au cours de la conversation, alors qu’à l’époque Joe Oltmann n’avait jamais entendu parler de Dominion (nous non plus d’ailleurs, ne connaissions pas leur nom avec l’élection) Coomer a déclaré « Ne vous inquiétez pas pour l’élection, Trump ne va pas gagner. Je m’en suis assuré ! »

Oltmann a ensuite fouillé sur internet, il a retrouvé le profil Facebook de Coomer, et a découvert qu’il est un respectable cadre d’entreprise le jour, et un antifa haineux le soir – ce n’est pas un cas unique, une avocate de New York a été arrêtée en mai pendant une émeute des Antifa et reconnue sur des photos.

Depuis, Coomer a effacé de ses comptes dans les médias sociaux les éléments qui montrent son extrême haine de Trump.

En appui de ce qui est peut-être un sale coup organisé par le dirigeant de Dominion, je suis allé plus loin, j’ai enquêté. Voici ce que j’ai trouvé :

Carte où les machines Dominion sont installées (tirée de leur site internet)

1 Le premier est qu’aucun journaliste n’a enquêté sur Dominion : ils ne veulent pas savoir, et c’est très suspect car c’est leur raison d’être. Ils défendent Dominion au lieu de douter de Dominion. Ils ne veulent pas faire leur métier, alors que c’est le seul métier qui soit mentionné dans la constitution des Etats-Unis, parce qu’il a un rôle important à jouer dans les équilibres du pouvoir : il est supposé être le contre-pouvoir. Les journalistes, en réalité, ne veulent pas risquer que Joe Biden ne soit pas déclaré élu, ou qu’il soit vu comme un président de république bananière. C’est un peu tard, et les apparences sont accablantes, multiples, étouffantes.

2 L’une des avocates de Donald Trump, Sidney Powell, a publié un témoignage sous serment concernant la fraude électorale au moyen des systèmes informatiques de Smartmatic par Hugo Chavez au Venezuela, systèmes qui font fonctionner les machines de Dominion.

3 Jack Nicas a démenti ces accusations dans le New York Times – car les journalistes dressent un mur de défense de Dominion alors qu’ils devraient enquêter pour connaître la vérité. Mais son démenti est plutôt l’aveu d’un refus de regarder sous le capot. Il dit en fait, « circulez, il n’y a rien à voir » :

Le logiciel Dominion n’était utilisé que dans deux des cinq comtés qui avaient des problèmes dans le Michigan et en Géorgie, et dans chaque cas, il y avait une explication détaillée de ce qui s’était passé. Dans tous les cas, le logiciel n’a pas affecté le décompte des votes.

https://www.nytimes.com/2020/11/11/technology/no-dominion-voting-machines-did-not-delete-trump-votes.html

4 Le directeur de Smartmatic admettait en 2017 que leur système était capable de créer « au moins un million » de votes fantômes lors des élections au Venezuela. Voici la vidéo de sa déclaration :

5 Sidney Powell a ouvertement accusé Dominion de fraude. Une semaine avant les élections, la chaîne PBS avait elle aussi enquêté sur Dominion, et découvert des choses troublantes. Voici les vidéos :

6 Autre élément de réflexion : un enregistrement d’Eric Coomer, que nous devons à Sharon Meroni de l’organisation DefendTheVote.com. Coomer admet que Dominion ne met pas ses logiciels à jour pour les protéger contre la fraude.

Eric Coomer

Cela se passe vendredi 26 août 2016, au cours d’une réunion au Conseil des élections de l’État de l’Illinois.

  • Quelqu’un demande au vice-président de Dominion, Dr Eric Coomer, s’il est possible de contourner le logiciel des systèmes électoraux et d’accéder directement aux bases de données qui gèrent les systèmes gérant les élections en Illinois.
  • Sa réponse a été : « Oui, si quelqu’un a l’accès. »

Le contournement des logiciels des systèmes électoraux signifie que quiconque y a accès peut manipuler le vote sans grand risque de détection.

Nous avons donc demandé à Coomer qui a accès à ces bases de données. Voici sa réponse :

« Les employés [de Dominion], les responsables des élections et les autres personnes qui doivent recevoir un accès ».

C’est une révélation explosive. La déclaration de Coomer est une admission que divers employés, fonctionnaires électoraux et autres ont accès aux bases de données, ce qui permet de contourner la configuration du système d’exploitation.

Cela commence à partir de 6:11

Avant de travailler pour Dominion Voting, le Dr. Coomer était directeur des services d’information de Smartmatic Corporation – la société qui fournissait les machines de vote à Hugo Chavez.

Les mêmes qui affirment qu’il n’y a pas de fraude, dénonçaient la fraude en décembre 2019

7 Comme tout ceci n’est qu’une « vaste conspiration d’extrême droite », je dois rappeler que les sénatrices Elizabeth Warren et Amy Klobuchar ainsi que Ron Wyden ont déposé une plainte officielle le 6 décembre 2019 auprès de Dominion Voting Systems. Parmi les plaintes ? Allégations de « commutation de vote ». Voilà le document officiel :

8 Autre témoignage qu’il sera difficile de mettre sur le dos de l’extrême droite, cette fois rapporté par Associated Press (1) en janvier 2020 suite à une audition du Congrès des trois principaux fabricants (Election Systems & Software, Dominion Voting Systems et Hart InterCivic) sur la sécurité des machines de vote.

Extrait :

Les dirigeants ont reconnu qu’il n’existe aucune méthode de vote qui soit sûre à 100 %.

…/…

Les trois entreprises ont également reconnu que certains de leurs équipements permettent de transmettre les décomptes des votes de nuit par modem, une vulnérabilité que les pirates informatiques pourraient exploiter, selon les experts en sécurité. Ils ont déclaré que certains bureaux électoraux locaux et d’État l’exigent, bien que certains États et juridictions interdisent cette pratique.

« Il y a des risques supplémentaires qui sont posés lorsque vous avez la transmission des résultats à distance », a déclaré M. Poulos. « Nous travaillons pour les atténuer avec les fonctionnaires de l’Etat et des collectivités locales. »

9 Associated Press, dans un rapport publié le 30 octobre 2018 (2) a révélé que les principales entreprises liées aux élections avaient longtemps lésiné sur la sécurité au profit de la commodité et opéraient sous le voile du secret financier et opérationnel malgré leur rôle critique dans les élections.

Associated Press : De nombreux systèmes de vote utilisés aujourd’hui dans les plus de 10 000 juridictions électorales américaines sont sujets à des problèmes de sécurité. Les informaticiens universitaires ont commencé à les pirater avec facilité il y a plus de dix ans, et peu de choses ont changé. Les pirates ont pu introduire des logiciels qui font basculer les votes d’un candidat à l’autre

Voici ce qu’il écrit – c’est très inquiétant :

Un trio d’entreprises – ES&S d’Omaha, Nebraska ; Dominion Voting Systems de Denver et Hart InterCivic d’Austin, Texas – vend et entretient plus de 90 % des machines sur lesquelles les votes sont exprimés et les résultats compilés.

Les experts affirment qu’ils ont longtemps lésiné sur la sécurité au profit de la commodité, rendant plus difficile la détection d’intrusions telles que celles survenues lors de l’ingérence dans les élections de 2016 en Russie.

Les entreprises ne font pas non plus l’objet d’une surveillance fédérale importante et opèrent sous le sceau du secret financier et opérationnel, malgré leur rôle central dans la démocratie américaine.

Dans une grande partie du pays, en particulier là où l’expertise technique et les budgets sont maigres, les entreprises organisent effectivement les élections, soit directement, soit par l’intermédiaire de sous-traitants.

« Elles bricolent du mieux qu’elles peuvent », a déclaré Alexander Schwartzman, expert en technologie électorale de l’Université du Connecticut, à propos des leaders du secteur.

« Construire des systèmes vraiment sécurisés les rendrait probablement non rentables », a-t-il dit.

Les coûts d’une sécurité inadéquate peuvent être élevés. Il n’a pas été mentionné lors de l’audition de Chicago [où les noms, adresses dates de naissance et numéro de sécurité sociale d’environ 1,8 millions d’électeurs étaient exposés sur un serveur Amazon visible du public pendant des mois].

Le cache de données exposé sur Amazon comprenait environ une douzaine de mots de passe cryptés pour les comptes des employés de l’ES&S. Dans le pire des cas, un attaquant sophistiqué aurait pu les utiliser pour infiltrer les systèmes de l’entreprise, a déclaré Chris Vickery de la société de sécurité Upgard, qui a découvert l’absence de données.

Le responsable de la cybersécurité du ministère de l’Intérieur pendant l’administration Obama avait fait part de ses inquiétudes sur la fiabilité des machines de vote. « L’industrie continue à faire de l’obstruction », a déclaré Bruce McConnell.

« Les responsables des fournisseurs de logiciels électoraux donnent régulièrement des assurances, mais n’encouragent pas les étrangers à inspecter leur code ou à offrir des « primes de bug » aux chercheurs pour qu’ils recherchent les défauts de leurs logiciels »

https://apnews.com/article/f6876669cb6b4e4c9850844f8e015b4c

Le sénateur Ron Wyden, un Démocrate de l’Oregon, a longtemps critiqué ce qu’il appelle le « grave sous-investissement de l’industrie dans la cybersécurité ».

Lors d’une audience en juillet 2018 (2), il a accusé les entreprises de « se défiler et de botter en touche » sur une série de questions de sécurité basiques qu’il leur avait posées. Wyden avait peu après déposé plainte contre Dominion.

En 2014, Jacob Stauffer de l’entreprise de sécurité Coherent Cyber, a découvert (3) dans la Democracy Suite de Dominion « de multiples vulnérabilités critiques » qui permettent à des pirates informatiques de compromettre le résultat d’une élection.

« Ces systèmes sont essentiellement le monstre de Frankenstein », a déclaré M. Stauffer.

https://www.chicagotribune.com/business/ct-biz-voting-machine-security-20181029-story.html

Une faille gigantesque dans l’intégrité des élections américaines

  • Au niveau fédéral, aucune autorité n’accrédite les vendeurs de machines de vote ni ne les contrôle, eux ou leurs sous-traitants.
  • Aucune loi fédérale ne les oblige à signaler les tentatives de piratage, les compromissions de la sécurité de leurs machines, ni à effectuer des vérifications d’antécédents sur leurs employés ou leurs sous-traitants.
  • Les vendeurs de machines de comptage de vote ne doivent même pas être des entreprises américaines. Dominion était une entreprise canadienne jusqu’à ce qu’une entreprise de capital-investissement new-yorkaise a acquis une participation majoritaire en juillet 2018/
  • La surveillance fédérale se limite à la minuscule Commission d’assistance électorale, un organisme de 30 employés qui certifie le matériel de vote mais dont les recommandations sont strictement volontaires. Elle n’a aucun pouvoir de surveillance et ne peut pas sanctionner les fabricants en cas de défaillance.
  • Dominion est le petit dans cette sombre affaire digne des républiques bananières. ES&S est le géant du marché, avec près de 50 % des machines de vote installées, et des problèmes jusqu’à là. Le 28 octobre 2019, Jessica Huseman écrivait sur ProPublica (4) :

« Le marché des machines de vote est brisé. Cette entreprise [ES&S] en a profité pour prospérer. De nombreux experts et responsables électoraux affirment que ce fabricant reste dominant parce qu’il y a peu de réglementation gouvernementale et presque aucune surveillance. »

Cerise sur le gâteau, l’agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA) du département de la Sécurité intérieure des Etats-Unis a publié la semaine dernière une déclaration défendant l’intégrité des élections de 2020.

Petit problème, deux des principales sociétés de machines et logiciels électoraux qui sont mises en question dans cette élection – Dominion Voting Systems et Smartmatic – siègent dans cette agence gouvernementale.

Conclusion

Ce n’est pas bien compliqué de faire sérieusement son travail d’enquête journalistique. Il est regrettable que vous ne trouviez pas cela ailleurs que sur Dreuz.info.

Ce que je viens de faire, c’est Le Monde, le New York Times, The Guardian et les journaux télévisés du soir qui devraient le faire. Ce n’est pas difficile, il suffit d’être honnête, curieux, vouloir connaître la vérité, et ne pas avoir peur de la dévoiler, quelle que soit l’issue.

Toute cette histoire ressemblerait à un grossier récit conspirationniste de droite si les craintes des Démocrates n’y étaient pas intimement mêlées.

Il existe une différence importante mais jamais expliquée, entre une théorie conspirationniste inventée par des complotistes traumatisés par les désordres du monde, et les vrais complots, qui existent.

La différence ? Un complot commence toujours par des indices douteux. Un évènement se produit, un récit est proposé par les médias, les responsables officiels, le gouvernement. Mais des zones d’ombres, des incohérences ou des questions sans réponse logique apparaissent rapidement dans le récit. Elles demandent des recherches approfondies.

Comme le fait que 600 000 votes pour Trump le 3 novembre au soir, disparaissent par magie le lendemain matin, et donnent la victoire à Biden, simultanément dans plusieurs Etats, particulièrement des Etats clés qui peuvent donner la victoire à Trump.

C’est le travail des journalistes que d’enquêter – ils ne le font plus. Le journalisme est mort. Les rédactions se débarrassent des journalistes qui voudraient faire du zèle. Les autres refusent de faire leur travail dès l’instant où cela pourrait servir la cause de ce qu’ils appellent « l’extrême droite », qu’ils considèrent, sans doute en toute sincérité, comme le plus grand danger que court notre société, et contre lequel ils sont le dernier rempart.

Une question reste en suspens, cependant : si les machines peuvent être compromises par des pirates, les bulletins papier devraient permettre de valider les élections. C’est là que les pratiques douteuses des Démocrates sont douloureuses : recouvrir les salles de dépouillement de panneaux pour qu’on ne voie pas ce qui se trame à l’intérieur, expulser les observateurs républicains lors des comptages, ou obtenir de la Cour que les observateurs soient à 30 mètres des tables de vérification – parce que la loi dit que les observateurs de tous les partis doivent être présents, mais ne fixe pas la distance à laquelle ils doivent se trouver, ne peut pas renforcer la confiance dans les élections, dans cette élection, et dans la démocratie américaine. Cette page a été tournée.

Conclusion de ma conclusion

Rien de tout ce qui précède ne prouve la fraude électorale. Je montre seulement qu’elle est possible, et qu’elle préoccupait bien avant cette élection, contrairement aux déclarations des médias qui agissent comme des chiens de garde.

Je remercie Dreuz d’exister, et de me permettre de faire ce noble et indispensable travail d’information, honnêtement, à l’ancienne, sans me censurer ou me demander de m’auto-censurer. Cette enquête n’était pas difficile à conduire. N’importe quel journaliste pas trop fainéant aurait pu la faire. J’espère qu’une génération prendra la relève et que ce travail les inspirera.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. https://apnews.com/article/3e453e6ed960a64e7d5d7a89081e96c6
  2. https://apnews.com/f6876669cb6b4e4c9850844f8e015b4c
  3. https://www.chicagotribune.com/business/ct-biz-voting-machine-security-20181029-story.html
  4. https://www.propublica.org/article/the-market-for-voting-machines-is-broken-this-company-has-thrived-in-it

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