Publié par Gaia - Dreuz le 3 décembre 2020

Il y a exactement un mois que le centre de la capital autrichienne a été le théâtre d’un attentat perpétré par un terroriste solitaire. Son parcours funeste a ôté la vie à quatre passants et blessé une vingtaine d’autres.

L’enquête a rapidement déterminé que l’assaillant était un Autrichien de 21 ans, sorti de prison en décembre dernier après avoir été arrêté en 2018 en Turquie alors qu’il tentait de rejoindre les combattants de l’Etat islamique en Syrie.

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Pour le chancelier Sebastien Kurz, initiateur avec Emmanuel Macron d’un débat sur la lutte contre le terrorisme islamique au niveau européen, le combat ne se fera pas sans s’attaquer à l’islam politique, un de ses chevaux de bataille depuis plusieurs années.

Rattrapé par les événements et par les ratés des services de renseignement autrichiens – la police slovaque avait en effet signalé en juillet que l’auteur de l’attaque avait essayé d’acheter des munitions sur son territoire-, Sebastien Kurz a annoncé en novembre des mesures sévères : incarcération des auteurs d’actes terroristes au delà de leur peine tant qu’ils ne sont pas déradicalisés et surveillance électronique à leur sortie de prison.

Le gouvernement veut également faire de l’islam politique un délit pénal, « pour combattre ceux qui font le terreau du terrorisme ».

Dans ce cadre, il veut simplifier la fermeture de mosquées, établir un registre officiel des imams et renforcer les lois sur les signes religieux et les associations.

Les musulmans représentent 8% de la population, soit 700 000 habitants, qui ne forment pas un groupe homogène. Leur présence est reconnue par l’Etat autrichien depuis 1912, et les lois encadrant l’islam ont été modifiées en 2015 afin de limiter les financements par les institutions et les Etats étrangers, et de mettre fin au détachement d’imams turcs parlant parfois a peine l’allemand.

Dans ce pays aux deux tiers catholique et majoritairement hostile aux musulmans, la crainte est grande de voir les discriminations augmenter dans ce contexte. Pour cette raison, un grand nombre de chercheurs spécialistes du sujet appellent à la prudence, pointant en premier lieu le flou qui règne autour de la définition d’islam politique.

L’islam politique est une idéologie dominatrice qui veut transformer ou influencer la société, la culture, l’Etat ou la politique, en s’appuyant sur les valeurs et des normes (…) contraires aux principes d’un Etat de droit démocratique et aux droits de l’homme.

Mouhanad Khorchide, expert consulté par le gouvernement autrichien

Une vision réfutée par un experts consultés par le gouvernement, le sociologue et théologien Mouhanad Khorchide : « Nous avons une définition claire pour travailler sur ce concept, écrit-il dans Die Presse. L’islam politique est une idéologie dominatrice qui veut transformer ou influencer la sociétés, la culture, l’Etat ou la politique, en s’appuyant sur des valeurs et des normes dont les défenseurs sont considérés comme des islamistes, et qui sont contraires aux principes d’un Etat de droit démocratique et aux droits de l’homme. »

De son côté, le Conseil autrichien du culte musulman (IGGÖ) s’inquiète de ces nouvelles décisions. « Certaines de ces mesures sont contraires à la Constitution et aux droit de l’homme, souligne Valérie Moussa, porte-parole de l’organisation. La lutte contre l’islam politique peut mener à des décisions arbitraires. Par ailleurs, nous avons déjà un registre des imams, mais aucune autorité n’a encore demandé à le voir. Nous nous sommes clairement positionnés comme des alliés dans la lutte contre toute forme d’extrémisme. »

Le Figaro

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