Publié par Gaia - Dreuz le 6 décembre 2020

Source : lechorepublicain

Deux gynécologues chartrains, Saïd Chalhoub et Afif Meddeb, ont été mis en examen pour viol aggravé, placés sous contrôle judiciaire et interdits d’exercer.

Saïd Chalhoub et Afif Meddeb, gynécologues-obstétriciens, associés depuis 2008 dans un cabinet chartrain, ont été mis en examen pour viol aggravé, le 27 novembre. Contacté, le procureur de la République, Rémi Coutin, confirme nos informations : « Ils ont été placés sous contrôle judiciaire. Une interdiction d’exercer a été prononcée. » Les deux praticiens sont présumés innocents.

De l’alcool

Il s’agit de deux procédures parallèles, distinctes. Une plainte a été déposée en septembre, à l’encontre du docteur Meddeb. Une Chartraine de 19 ans, suivie par le docteur Chalhoub, aurait croisé le gynécologue. Une discussion se serait engagée, indique le procureur :

« La patiente a expliqué qu’elle rencontrait des difficultés d’ordre gynécologique. Le docteur Meddeb, 74 ans, lui aurait confié qu’il avait d’autres pratiques que son confrère. »

Il lui aurait proposé un rendez-vous gratuit, le 5 septembre, à 16h30.

Elle s’y rend et en ressort à 19h20. Les images de la vidéo-protection, visionnées par la brigade des mœurs, en charge de l’enquête, en attestent. Le procureur précise : « Elle est ivre, en pleurs, complètement effondrée. » Les images montrent que la jeune femme est recueillie par un commerçant chartrain.

La patiente porte plainte. Lors de son audition, elle aurait expliqué avoir été conduite dans une pièce à l’étage, qui n’est pas une salle de consultation, toujours selon le procureur. Le docteur lui aurait proposé un café, puis de l’alcool, du champagne ou du pastis : « Elle a consommé du pastis », indique le magistrat, ajoutant que « la discussion » aurait porté « sur la vie privée de la jeune femme, notamment sa relation avec son compagnon ».

Selon la plaignante, le docteur Meddeb aurait essayé de l’embrasser : « Puis elle ne se souvient plus de rien », ajoute le procureur. La Chartraine est hospitalisée. Une enquête est ouverte pour viol et agression sexuelle. La brigade des mœurs auditionne d’autres patientes.

« Un homme charmeur, tactile et ambigu »

Le procureur rapporte que « certaines » auraient décrit « le docteur Medded comme un homme charmeur, tactile, ambigu et pouvant abuser de son statut pour arriver à ses fins. Des personnes ayant travaillé pour lui dénoncent des agressions sexuelles », l’homme « cherchant notamment à les embrasser », selon elles. Les faits présumés dénoncés par ces personnes sont prescrits.

Le médecin a été placé en garde à vue le 26 novembre, avant sa mise en examen. En audition, il aurait nié le viol et l’agression sexuelle. Selon le procureur, « il déclare qu’elle a consommé du pastis et qu’ils ont échangé des baisers. Et qu’ils s’étaient réciproquement caressé les parties intimes de façon consentie ». Contacté par L’Écho Républicain, Me Jean-Gabriel Martin, avocat d’Afif Meddeb, n’a pas souhaité s’exprimer.

Concernant le docteur Saïd Chalhoub, 78 ans, l’enquête remonte à juin 2020, à la suite d’un signalement du Conseil de l’Ordre des médecins. Le Conseil avait reçu un courrier dans lequel une Chartraine de 30 ans évoquait une consultation avec le docteur Chalhoub, le 21 décembre 2018, alors que le rendez-vous était fixé avec le docteur Meddeb.

Selon le procureur, la Chartraine, venue avec son compagnon, aurait évoqué des difficultés d’ordre sexuel. Un deuxième rendez-vous a été fixé au couple le 29 décembre 2018.

« C’est très douloureux »

Le procureur évoque les affirmations de la plaignante concernant la façon dont se serait déroulé ce deuxième rendez-vous : « Dans la salle d’examen, sans rien dire, le gynécologue introduit un doigt dans le sexe de la patiente. » Selon le procureur, elle lui aurait dit : « C’est très douloureux », mais le praticien aurait « continué » et elle aurait « hurlé ». Le procureur précise que le gynécologue se serait adressé au compagnon et lui aurait dit qu’« il faut forcer ».

Le couple a saisi le Conseil de l’Ordre. Cette instance a saisi le parquet, en juin. La brigade des mœurs a découvert que d’autres personnes avaient signalé des gestes inappropriés, selon elles, de la part de ce médecin : « C’est dans son dossier. » Là encore, les faits présumés dénoncés sont prescrits.

Lors de son audition, le médecin aurait contesté : 

« Il explique que ses gestes sont conformes à la pratique d’une consultation de gynécologie. »

RÉMI COUTIN

Contactée par la rédaction, Me Constance Trannin, avocate de Saïd Chalhoub, n’a pu être jointe.

Le procureur a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire, « qui va peut-être révéler d’autres victimes de faits similaires ». Les deux gynécologues encourent jusqu’à vingt ans d’emprisonnement. 

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