Publié par Gaia - Dreuz le 29 décembre 2020

Source : Memri

À la suite de la mise en ligne, le 15 décembre 2020, d’un clip de MEMRI TV révélant et traduisant  les déclarations du ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif, tenues le 9 décembre, et son utilisation d’un terme antisémite péjoratif en persan, « jahoud », Zarif a tweeté, le 16 décembre, une réaction pour se défendre en faisant valoir qu’il avait simplement « raillé » l’idée que l’Iran chercherait à « jeter les Juifs à la mer ». Il a déclaré: « MEMRI est tombé encore plus bas en se servant de mon usage péjoratif (sic) d’un terme pour m’accuser d’antisémitisme ».

Dans ses déclarations publiées dans le clip télévisé de MEMRI, Zarif a été interviewé par le journaliste iranien Mehdi Nasiri dans une vidéo qui a été mise en ligne sur la chaîne YouTube d’Arman Media le 9 décembre 2020. Zarif a déclaré que les Etats-Unis ont perdu leurs droits selon l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPOA) parce qu’ils se sont retirés de l’accord, mais qu’ils sont toujours obligés de respecter l’accord et doivent lever toutes leurs sanctions sur l’Iran. Zarif a plaisanté en disant qu’il souhaitait que les Etats-Unis quittent la planète Terre, tout comme ils se sont retirés du JCPOA. Il a déclaré que le Président élu Biden sera obligé de revenir au JCPOA. Zarif a ajouté que l’Amérique est « redevable » envers l’Iran pour avoir armé d’autres pays de la région. Il a expliqué que les puissances occidentales ont essayé d’inclure le programme de missiles de l’Iran et son activité régionale dans le JCPOA mais ont échoué et ont dû faire des compromis à ce sujet. C’est pourquoi, a ajouté M. Zarif, elles n’ont pas la possibilité d’exiger l’inclusion de cette question maintenant.

Zarif a ajouté qu’il ne pouvait pas concevoir une situation dans laquelle l’Iran reconnaîtrait officiellement Israël. En outre, il a déclaré que la stratégie de l’Iran pour faire face à la question d’Israël ne serait pas de jeter les « youpins » [jahoud] à la mer ou de lancer une attaque militaire contre lui, mais plutôt de suggérer aux Nations unies qu’un référendum populaire, incluant les Palestiniens du monde entier, permettrait de résoudre cette question.

« En quittant les accords de Vienne, les États-Unis ont perdu leurs droits, mais pas leurs obligations… L’Amérique de M. Biden sera obligée de rejoindre… à moins qu’elle ne choisisse d’enfreindre la loi et de monter une insurrection. »

Mohammad-Javad Zarif : « Les accords de Vienne ont été approuvés par le Conseil de sécurité. Tous les membres des Nations unies, qu’ils soient permanents ou temporaires, sont tenus d’appliquer la décision du Conseil de sécurité, conformément à l’article 25 de la Charte des Nations unies. En quittant les accords de Vienne, les États-Unis ont perdu leurs droits, mais pas leurs obligations. L’Amérique est toujours obligée de lever ses sanctions et de s’abstenir de créer des obstacles, car elle est restée membre de l’ONU depuis qu’elle a quitté les accords de Vienne. Bien sûr, elle avait la possibilité de quitter l’ONU, comme elle a quitté l’UNESCO et d’autres organisations. Si Allah le veut, elle quittera aussi la planète Terre… N’oubliez pas ce statut juridique. C’est pourquoi l’Amérique de M. Biden sera obligé de rejoindre les accords de Vienne, à moins qu’il ne choisisse d’enfreindre la loi et de monter une insurrection… C’est à la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies – et non aux Accords de Vienne – que les États-Unis doivent retourner.

« L’Américain n’est pas en mesure de fixer des conditions pour son retour [au Accords de Vienne], ou pour la restauration de ses droits lorsqu’il s’agit de la mise en œuvre des Accords de Vienne. »

« En outre, le gouvernement… Les représentants du gouvernement de M. Biden savent que les sujets qui ne figurent pas dans les Accords de Vienne [c’est-à-dire les missiles de l’Iran et l’implication régionale] ne sont pas absents par accident, mais plutôt par décision. Cela signifie que nous avons débattu du sujet des missiles. Lorsqu’ils ont soulevé la question de nos missiles, nous avons dit : « Qu’avez-vous à dire sur les armes que possèdent Israël ou l’Arabie Saoudite ? Dites-vous que l’Iran devrait être privé de ses capacités défensives ? Avez-vous le droit de faire cela ? Lorsqu’ils ont soulevé la question de notre [implication] régionale, nous avons dit : « Qu’avez-vous à dire sur Israël ? Et ils ont répondu : « Nous voulons réparer vos relations avec la région. Nous avons dit : « Réparez vos propres relations avec la région ».

[Les Américains] sont ceux qui nous sont redevables, à cause de leurs politiques d’armement [d’autres] et de leurs politiques dans la région [ ;] ils sont redevables envers le peuple iranien

« L’année dernière, ils ont vendu pour 67 milliards de dollars d’armes à l’Arabie Saoudite. Ils ont vendu pour plus de 22 milliards de dollars d’armes aux Émirats arabes unis. Ils vendent maintenant des F-35 aux Émirats arabes unis. Rien ne les arrête quand il s’agit de vendre des armes à ces pays. Sont-ils prêts à réduire leurs ventes d’armes à la région ? Bien sûr que non. Donc si les [missiles et l’intervention régionale] n’apparaissent pas dans les Accords de Vienne, c’est parce qu’ils ont fait des compromis sur ces questions. Ils n’ont pas réussi à les faire figurer dans les Accords de Vienne. Ils n’ont pas cette possibilité. Ce sont eux qui nous sont redevables, en raison de leur politique d’armement [des autres] et de leur politique dans la région. Ils sont redevables au peuple iranien. Nous ne devons pas nous sentir inférieurs.

« Récemment, M. Trump a voulu… »

Interviewer : « C’était dans le New York Times. »

Zarif : « Il a été écrit aujourd’hui… Il voulait attaquer l’Iran. Pourquoi ne l’a-t-il pas attaqué ? Parce qu’ils croient… Ils l’ont dit clairement… Ils ont dit que s’ils attaquaient Fordo, ils retarderaient le programme nucléaire iranien de deux ans, mais qu’ils garantiraient aussi que les Iraniens poursuivraient une bombe nucléaire. »

[…]

Je ne vois aucune circonstance dans laquelle nous reconnaîtrions officiellement Israël… Mais nous ne parlons pas de jeter les youpins à la mer… Notre solution est un référendum populaire

Intervieweur : « Ma prochaine question concerne la position officielle de la République islamique d’Iran à l’égard d’Israël, le régime qui occupe Jérusalem. La question est la suivante : quelle est notre stratégie pour affronter ce pays ? La stratégie de l’Iran est-elle d’anéantir Israël ? Bien sûr, nous ne lancerons jamais une attaque contre Israël. Cela a été dit à maintes reprises, mais nous attendons que les Israéliens agissent, et nous sommes alors prêts à les anéantir. C’est une façon de faire face à Israël. Mais une autre façon de le confronter serait de demander aux Israéliens ou aux organisations internationales d’organiser un référendum populaire qui inclurait tout le monde, y compris les Palestiniens et les réfugiés de la diaspora, et c’est ainsi que le sort final de cette question pourrait être déterminé. C’est une position [viable]. Pour compléter ma question, pensez-vous que les relations internationales pourraient atteindre un point tel qu’en reconnaissant Israël, les tensions disparaîtraient ou diminueraient » ?

Zarif : « Je l’affirme sans équivoque : Personnellement, je ne vois aucune circonstance dans laquelle nous reconnaîtrions officiellement Israël. Je ne dis pas que c’est impossible, mais je ne peux imaginer dans quelles circonstances nous le ferions ».

Intervieweur : « Même si cela est fait par des organisations internationales, et que c’est la chose acceptée au niveau international [à faire] ?

Zarif : « Oui, pour eux, Israël est membre des Nations Unies depuis 1948.

[…]

« C’est une position différente de la République islamique, et je pense qu’il n’y a pas de problème pour elle d’avoir sa propre position. C’est un point. Deuxièmement, quelle est notre solution ? L’honorable leader [Khamenei] a exprimé la solution. Nous ne parlons pas de jeter les youpins à la mer, ni d’une attaque militaire, ni d’opérations suicides. Le dirigeant a dit quelle est la solution, et elle a été présentée aux Nations unies. Notre solution est un référendum populaire, comme vous l’avez mentionné ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Gaïa pour Dreuz.info.

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