Publié par Eduardo Mackenzie le 20 décembre 2020

Il y a une semaine, un activiste du groupe américain Black Lives Matter a atterri à Carthagène des Indes et ce qui devait arriver s’est produit. En quelques heures, comme par magie, un incident a éclaté entre cet individu, Kendrick Sampson, 36 ans, qui est aussi acteur et producteur novice en Californie, et un patrouilleur de la police.

En quelques minutes, le 15 décembre, les rues et les médias colombiens se sont remplis d’accusations contre la « brutale » et « raciste » police colombienne. Certes, il n’y a pas eu d’émeutes ou d’incendies, comme ceux que les BLM savent déclencher aux États-Unis, mais le mal contre la Ville Héroïque et contre la Colombie et sa police était fait.

La fable concoctée par les agitateurs était qu’un touriste marchait très joyeusement à Carthagène lorsqu’il a été attaqué sans raison par la féroce police colombienne. Microsoft News (1) et d’autres agences de presse ont construit cette image dans une courte phrase: « Un acteur afro-américain était à Carthagène lorsque des policiers l’ont arrêté ».

L’arnaque était grossière. Ils ont dissimulé les faits et n’ont même pas parlé d’« agression présumée », comme l’ont fait, au moins, deux journaux colombiens. Or, il s’agissait ni plus ni moins de donner des munitions aux militants qui exigent le désarmement de la police nationale.

Instrument clé du canular: une vidéo de 44 secondes qui ne montre ni le début ni la fin de l’incident, c’est-à-dire des images choisies pour déchaîner les émotions et donner un air de réalisme à la fausse accusation. Le lendemain, le journal El Tiempo a parlé d’un « passage à tabac brutal » et une démagogue de l’antiracisme a même été jusqu’à réprimander le président Ivan Duque et a exigé qu’il punisse la police.

Or, il n’y a eu aucun passage à tabac.

L’offensive médiatique a été lancée par une actrice colombienne. Excellent moyen d’améliorer ses affaires avec le producteur susmentionné ? Après la fin de la détention de deux heures de l’acteur, Natalia Reyes a diffusé sa version personnelle sur Twitter et Instagram: Kendrick Sampson, avait été victime de « brutalités policières» à Carthagène. Elle a assuré (par ouï-dire ?) que l’activiste n’avait commis aucun crime ni offert de résistance. Natalia Reyes se dit  scandalisée parce que les autorités voulaient faire payer une amende à son «collègue et ami». Cette attitude a évidemment déclenché de nombreuses réactions contre l’actrice sur les réseaux sociaux, mais pas dans la presse grand public.

Sampson, pour sa part, a ajouté d’autres sauces au ragoût. Il a écrit sur Instagram, sur un ton mélodramatique, qu’il avait été « traîné dans les rues » de la ville et « frappé cinq fois aux bras » par les horribles policiers (la vidéo le montre marchant à côté d’un policier). Et, par-dessus tout, il a lancé l’incontournable fausse accusation raciste-racialiste qui ne pouvait être absente : « Les colombiens noirs subissent cela souvent ».

Cet individu s’est-il rendu à Carthagène pour jeter les bases de la guerre raciale et anti-policière en Colombie ?

Heureusement, il y avait une journaliste à Carthagène, Laura Vanessa Rosales Castro, d’Alerta Caribe, qui n’a pas tut les détails de l’affaire: l’acteur avait été vu par des policiers dans une rue où des trafiquants vendent des stupéfiants. Le commandant de la police de Carthagène, le Général Henry Sanabria Cely, a expliqué, en effet, à la radio RCN que les agents des forces de l’ordre ont vu qu’un autre individu, qui accompagnait Sampson, était apparemment un « dealer ». Lorsque deux policiers se sont approchés du groupe, ils ont remarqué que « l’étranger a dissimulé son sac [et] ils ont pensé qu’ils portaient de la drogue ».

Le Général Sanabria a réitéré que le rejet de la fouille par l’activiste était évident: « Quand ils sont revenus, ils ont fouillé l’autre jeune homme et en essayant de fouiller l’étranger, il a objecté déclarant qu’il ne se laisserait pas toucher par un policier. » Ce réflexe typique des BLM a probablement engendré l’acte de rébellion. Le policier lui a expliqué qu’il devrait permettre d’être fouillé. A ce moment, Sampson « fit un mouvement pour prendre quelque chose du sac, ce qui fut interprété comme une tentative de dégainer une arme ». Le général a expliqué: « C’est pourquoi [le patrouilleur] l’a bloqué avec un coup de poing et a dégainé son arme de service. »

Ces détails furent cachés ou déformés dans les textes des médias. Dans la campagne gauchiste sur les prétendues « violences policières », tout est permis. Il faut désigner un coupable et oublier qui sont les vrais prédateurs. Des antifas cagoulés, armés et entraînés par les FARC et  l’Eln, assaillent, incendient, jettent des pierres et tirent à balles réelles, blessent et tuent des policiers, lors des manifestations des syndicats communistes comme la CUT et Fecode. Mais devant ces faits, c’est motus et bouche cousue chez les amis de Natalia Reyes.

Le cas de Kendrick Sampson à Carthagène révèle que BLM est déjà là et cherche à ouvrir des espaces en Colombie.

Le chercheur américain Soeren Kern, de l’Institute Gatestone, expliquait dans un long article en juillet dernier (2) que les fondateurs du BLM « admettent ouvertement être des idéologues marxistes » et que « parmi leurs mentors avoués se trouvent d’anciens membres de Weather Underground, un groupe terroriste d’extrême gauche qui a tenté de faire une révolution communiste aux États-Unis dans les années 1960 et 1970 ». Il souligne que BLM « est ami du dictateur vénézuélien Nicolas Maduro, dont les politiques socialistes ont provoqué un effondrement économique et une misère incalculable pour des millions de personnes là-bas ». Kern note que BLM « prétend vouloir abolir aussi le noyau familial, la police, les prisons et le capitalisme » et que les chefs du BLM menacent de « brûler le système si leurs demandes ne sont pas satisfaites. Ils forment également des milices. »

Un magazine américain a révélé que les sujets de prédilection de Sampson sont « la brutalité policière » et le « racisme systématique » des États-Unis (il ne comprend pas pourquoi ce pays a choisi un certain Barak Obama) et que ses professeurs sur ces sujets sont Patrisse Cullors, co-fondatrice de Black Lives Matter, et Melina Abdullah, professeur d’études panafricaines. Avec de tels instructeurs, Kendrick Sampson est parvenu à une conclusion lumineuse : « Les noirs sont les bons, les blancs sont les méchants. »

L’acteur d’Insecure pense qu’il est un nouveau Gandhi. Alors que la presse progressiste vend l’idée que dans la mêlée les BLM sont les agneaux et la police les bourreaux, le producteur californien se plaint sur Instagram : « Ils commettent des actes de guerre contre nous ! ». Pour le prouver, il se rend aux manifestations à Los Angeles, se bat et revient diffuser des photos des blessures (très superficielles) qu’il a subies.

Cette triste aventure à Carthagène ouvre une question : existe-t-il des directives BLM sur la violence urbaine en Colombie ?

Les autorités colombiennes devraient surveiller certains touristes et réagir. L’absence d’enquête journalistique fait que l’opinion publique avale ces montages et les gesticulations extrémistes comme celle de « la police doit être désarmée ».

Kendrick Sampson a tort. La Colombie n’a jamais été un pays raciste, même s’il y a des racistes. La police n’est pas raciste et il n’y a pas non plus de « violence policière ». La police fait partie de l’État et celui-ci a le monopole de la force légitime. L’expression «racisme systémique» n’existe dans aucun pays. C’est un mensonge, un élément de langage inventé par  des marxologues pour bloquer la discussion. Tout le reste n’est que diffamation, truculence et artifice. Mais qui oserait contredire les brailleurs  quand la mode est de courber l’échine et de se laisser humilier et maltraiter par les agitateurs, surtout s’ils viennent de Californie ?

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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