Publié par Jean-Patrick Grumberg le 2 janvier 2021

Un juge fédéral a rejeté, suite aux contestations du défendeur, le procès électoral du représentant Louie Gohmert, du Texas, contre le vice-président Mike Pence.

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Dreuz est étonné, monsieur le président. Etonné que Mike Pence, qui est votre fidèle soutien, votre vice-président, très proche de vous, donc qui a très probablement agi sur votre demande ou avec votre permission, ait plaidé auprès du juge pour qu’il rejette le procès de Gohmert, se privant du pouvoir de choisir quelle liste électorale il allait compter.

Retour en arrière

  • Lundi 28 décembre, le GOP d’Arizona intente un procès au vice-président Mike Pence pour faire échouer le décompte du collège électoral le 6 janvier.

    Il demande au tribunal de déclarer que la loi fédérale sur le décompte des voix est inconstitutionnelle, et que l’actuel vice-président Pence doit pouvoir accepter la liste des électeurs Républicains de l’Arizona plutôt que celle des Démocrates qui a été certifiée.

    Selon un expert en droit constitutionnel, la décision du juge fédéral a le pouvoir de changer la donne, le 6 janvier prochain.
  • Mardi 29 décembre, Louie Gohmert, membre du Congrès pour le Texas, dépose également plainte contre le vice-président Pence et déclare :

« La vérité est qu’aucun tribunal n’a jusqu’à présent eu la moralité et le courage de permettre que des preuves de fraude soient introduites devant lui ».

  • Mercredi 30 décembre, le vice-président Mike Pence conteste avoir un « pouvoir exclusif » d’annuler les résultats des élections en choisissant la liste du collège électoral.

    Le vice-président et le procureur général des États-Unis, dans leur réponse, argumentent que le vice-président est une partie inadmissible (le Congrès l’est, au contraire), que les plaignants n’ont pas qualité pour agir parce qu’il n’y a pas de « préjudice » articulé reconnaissable, et que les allégations ne répondent pas aux critères d’injonction.
  • Jeudi 31 décembre, les avocats du vice-président Mike Pence demandent au juge fédéral de rejeter la demande de Gohmert. Pence soutient que les questions juridiques soulevées par Gohmert, ainsi que par la liste des Républicains de l’Arizona, devraient être adressées à la Chambre et au Sénat.

« Les plaignants ont présenté à cette Cour une motion d’urgence soulevant une série de questions juridiques importantes sur la manière dont les votes pour l’élection du président doivent être comptés », indique la requête de Pence.

« Mais le procès de ces plaignants n’est pas un véhicule approprié pour aborder ces questions car les plaignants ont poursuivi le mauvais défendeur. »

  • Le 1er janvier, une requête en intervention a été déposée par les membres du collège électoral de Trump du Michigan pour se joindre à la plainte de Gohmert.
  • Le 1er décembre, le vice-président a demandé au juge fédéral de rejeter le procès poussant la tentative visant à lui donner « l’autorité exclusive » de décider quels votes des collèges électoraux devraient être comptés lors de la prochaine session conjointe du Congrès.
  • Plus tard dans l’après-midi, l’affaire est rejetée en raison de l’absence de qualité pour agir des plaignants. Le juge, Jeremy Kernodle, a été nommé par Trump, il est en fonction depuis novembre 2018.

    Le procès Gohmert-GOP de l’Arizona contre Pence est rejeté pour défaut de qualité pour agir des plaignants : Les préjudices allégués de Gohmert et des représentants du parti Républicain de l’Arizona ne sont que « généralisés », et non particuliers ; les préjudices allégués de la liste des grands électeurs GOP de l’Arizona ne sont pas imputables au vice-président ni réparables par un tribunal. Le tribunal n’a pas même eu besoin de recourir à l’argument des délais tardifs pour agir.
  • Vendredi 1er janvier, Louie Gohmert fait appel de la décision.

Pourquoi, monsieur le président ?

  • Lorsque Pence a demandé au juge de rejeter la requête, monsieur le président, vous n’avez fait aucun commentaire. Pourtant, vous ne perdez jamais un seul instant pour dénoncer ceux qui vous trahissent.
  • Lorsque le juge a effectivement rejeté la demande de Gohmert, vous n’avez pas réagi non plus. Pourtant, concernant les élections sénatoriales de Georgie, vous avez immédiatement dénoncé ce juge qui a empêché les responsables électoraux de supprimer des listes électorales les électeurs qui ont déménagé.

Apparemment, le procès de Gohmert était amical – c’est pourquoi il a été intenté, selon les explications mêmes de Gohmert et du GOP. Il devait permettre à Pence, si Gohmert avait gagné, de se ranger derrière cette décision de justice pour rejeter les listes de 7 Etats contestés le 6 janvier, choisir les listes dissidentes qui n’ont pas été confirmées par les législatures de leurs Etats respectifs, et vous donner la victoire, monsieur le président.

Pourquoi ne pas avoir laissé faire ?

Je m’abstiens de toute spéculation, car ce n’est pas le rôle d’un journaliste honnête. C’est juste bon pour pour les militants à carte de presse de BFM, du Monde, du New York Times et de CNN. Mon rôle est de vous informer, vous rapporter les faits, les commenter et soulever les doutes raisonnables.

De plus, nous ne savons pas tout. Ce que je viens de vous rapporter est la partie visible. Y a-t-il une partie invisible ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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