Publié par Jean-Patrick Grumberg le 5 janvier 2021

Devant la foule réunie à l’église Rock Springs, à Milner en Géorgie, alors qu’il faisait campagne pour le sénateur Kelly Loeffler et David Perdue, le vice-président Mike Pence a abordé le défi électoral du 6 janvier prochain.

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Pence a déclaré en ces termes que l’on aurait aimé explicites, tout en sachant qu’il n’eut pas été opportun de les prononcer, que lui, les Républicains et le président Donald Trump « nous aurons notre journée au Congrès » le 6 janvier.

« Je sais que nous avons tous nos doutes sur la dernière élection. … Je vous promets que ce mercredi, nous aurons notre journée au Congrès. Nous entendrons les objections. Nous entendrons les preuves, mais demain c’est le jour de la Géorgie », a-t-il déclaré ce 4 janvier.

Pence, en tant que vice-président, est le président du Sénat. Lors de la session conjointe du 6 janvier, il dépouillera et annoncera les votes électoraux des 50 États. Certains experts juridiques affirment qu’il a la possibilité de rejeter les listes électorales de certains États, d’autres disent que Pence n’a que la possibilité de lire et compter les électeurs, son rôle étant purement symbolique.

La semaine dernière, le député Républicain du Texas Louie Gohmert a tenté, lors d’un procès amical au vice-président, de faire annuler une disposition de la loi de 1887 sur le comptage électoral. Gohmert a perdu son procès et a déclaré qu’il ferait appel. Il affirmait que Pence est habilité par le 12e amendement de la Constitution à rejeter les électeurs des États soupçonnés d’avoir fraudé.

Le 4 janvier, lors de la réunion publique, Pence n’a pas abordé le sujet avec précision, et n’a pas dit ce qu’il croyait être son rôle lors de la session conjointe du Congrès du 6.

Pence s’est concentré sur la Georgie, et a déclaré que des millions de personnes regardent l’élection, et il a encouragé les gens à venir voter pour Loeffler et Perdue, confrontés aux Démocrates Warnock et Ossoff, avec un contrôle potentiel du Sénat, donc de la trajectoire que prendra l’Amérique, et par voie de conséquence, le monde libre : soit vers un soutien mou mais réel des racines judéo-chrétiennes et des valeurs qui ont fait la grandeur de l’Amérique, soit vers un virage violent et extrême vers le socialisme et la dominance totale des communistes chinois sur le monde occidental.

13 sénateurs et entre 50 et 140 (selon les sources que j’ai consultées) Républicains de la Chambre des représentants se sont engagés à s’opposer aux votes électoraux des États contestés, sur la base des nombreuses accusations de fraude électorale, d’irrégularités et de lois inconstitutionnelles qui ont modifié les conditions de vote au prétexte du coronavirus.

La contestation n’est pas soutenue par la majorité des Républicains du Congrès – les anti-Trump de la première heure se sont tus pendant 4 ans parce que Trump a apporté un élan formidable au pays et aux électeurs Républicains, mais ils rêvent de retourner très vite aux affaires et aux magouilles, y compris et surtout la direction du GOP au Sénat.

Citant le précédent de 1877 – lorsqu’un comité bipartite a été formé pour enquêter après que les deux partis aient revendiqué la victoire dans trois États – les 13 sénateurs demandent au Congrès qu’il nomme une commission pour un « audit d’urgence de 10 jours des résultats électoraux dans les États contestés ».

Cependant, ils ont déclaré dans leur lettre que leur candidature avait peu de chances d’aboutir.

« Nous ne sommes pas naïfs. Nous nous attendons à ce que la plupart des Démocrates, sinon tous, et peut-être plus que quelques Républicains, votent autrement », ont-ils déclaré.

Le sénateur Lindsay Graham, allié de Trump, a déclaré que leur effort n’a « aucune chance de se concrétiser » – il n’en sait rien à moins de posséder une boule de cristal – et n’équivalait pas à « se battre efficacement pour le président Trump », ce qui a peu de sens.

Que va-t-il se passer le 6 janvier ?

  • Le Congrès va se réunir en session conjointe, ce qui signifie que la Chambre et le Sénat sont ensemble (avec les précautions prises pour le coronavirus). Pence présidera le processus en temps que président du sénat.
  • Ils passeront en revue les États par ordre alphabétique. Pour chaque État, des greffiers assis en dessous de Pence lui remettront les enveloppes, lui diront les votes et il est censé les lire à voix haute.
  • Ensuite, le Congrès votera sur l’acceptation des résultats des États.

Il est possible que le vice-président décide de rejeter les listes des 7 Etats contestés – les deux listes – la liste certifiée, et la liste alternative. Dans ce cas, aucun des deux candidats n’obtient 270 votes, et le 12e amendement est déclenché. La suite a été amplement développée sur Dreuz.

Comment fonctionnent les contestations aux électeurs des États

  • Les législateurs qui s’opposent ne sont pas obligés de donner une explication détaillée des raisons de leur opposition ; ils s’opposent simplement par écrit, et Pence lira à haute voix leurs noms.
  • Les objections qui sont approuvées par un membre de la Chambre des représentants et un membre du Sénat doivent être examinées par les législateurs au cours d’un débat de deux heures, suivi d’un vote.

    Les chambres doivent se séparer et voter sur cette objection. Elles ont jusqu’à deux heures pour débattre chacune d’entre elles.
  • Pour qu’une objection soit retenue, il faut qu’une majorité dans les deux chambres se prononce en sa faveur. Les Républicains détiennent une majorité de 48 voix au Sénat, mais avec des anti-Trump comme Romney (qui a voté l’impeachment par jalousie de Trump), et de nombreux RINOS, certains d’entre eux ont déjà déclaré qu’ils ne contesteront pas les résultats. Et les Démocrates sont majoritaires à la Chambre, et il n’y a plus de DINOS.

Les Démocrates de la Chambre et du Sénat se sont engagés à riposter contre la contestation du GOP, et l’expérience montre qu’ils sont infiniment plus vicieux et vindicatifs que leurs collègues. Ils n’ont pas dit leur dernier mot.

Mais le dernier mot sortira de la bouche de Mike Pence. Ni lui, ni le président n’ont annoncé ce qu’il entend faire.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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