Publié par Mireille Vallette le 11 janvier 2021

Nous voici arrivés à l’ère de la détestation de notre société, des griefs infinis des minorités, de la disparition des sexes. La civilisation blanche doit s’effacer.

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Dans quel monde les enfants doivent-ils se construire aujourd’hui ? Selon une élite qui rallie de plus en plus d’activistes, de chercheurs et de journalistes, ils doivent vivre dans un climat d’exécration de leur société, fut-elle la plus avancée, la plus égalitaire et tolérante de la planète. Ils doivent ignorer toutes les autres pour que la leur paraisse la pire. Ignorer les nations patriarcales, homophobes, racistes.

Ces enfants ne doivent plus lire de contes de fées. Trop truffés de stéréotypes. Ils sont invités à parcourir les ouvrages d’hier avec les lunettes d’aujourd’hui. A déboulonner des statues avant, qui sait, d’organiser les premiers autodafés d’ouvrages non conformes. On traque le genre à la récré, au rayon jouets, à l’école, dans l’histoire. C’est l’ère de la « cancel culture » de l’Occident, la culture de l’effacement.

Les enfants doivent apprendre que leurs parents ou grands-parents ont rendu la planète invivable. Qu’ils ont organisé et entretiennent un système raciste. Le racisme ne vise que les gens de couleur, même si ceux-ci estiment que les Blancs doivent disparaître. Les Noirs sont purs et blancs, alors que les Blancs sont vils et noirs. Tout Blanc est un raciste qui s’ignore, et tout Noir ne veut pas savoir s’il ne serait pas un descendant de négriers africains. Aujourd’hui, le rôle de victime, se plaindre et être plaint est le statut le plus enviable.

Des chercheurs suisses ont fait cette découverte stupéfiante : des personnalités qui ont marqué l’histoire trafiquaient avec des colonialistes, voire des esclavagistes. Pour répandre la nouvelle, il faut battre le tam-tam dans toutes ces écoles du pays ! Convaincre les élèves qu’ils sont confrontés à un « racisme systémique ».

Comme l’observe Douglas Murray, le but de ces militants « progressistes » « n’est pas d’éteindre les flammes, mais de souffler dessus, non d’apaiser, mais d’embraser. » (1) Avec eux, la chimère de l’anticapitalisme se relève.

Ma maman est aussi mon papa

Ces enfants n’ont pas forcément un père et une mère, mais deux papas ou deux mamans. Et parfois une maman qui est aussi leur papa, par exemple lorsqu’avant de changer de sexe, un homme fait congeler son sperme puis en fait bénéficier sa compagne. La filiation ressemble parfois à un rébus : « Un homme transgenre et son compagnon non-binaire donnent naissance à un enfant issu du sperme d’une femme transgenre. »

Il leur faut apprendre un nouvel alphabet : LGBTQIA + (2), des minorités qui ne demandent pas seulement reconnaissance et non-discrimination, mais multiples changements sociétaux.

Nos chérubins pensent-ils qu’ils sont ce que leur sexe indique ? Absurde ! Ils sont invités, très jeunes, à se demander s’ils sont filles ou garçons, ou les deux, puisque le sexe n’est qu’une « construction sociale ». S’ils veulent passer de fille à garçon ou l’inverse, le début du processus peut être rapide. Une vidéo montre un transgenre de 8 ans, garçon devenu fille qui exprime sa joie à une assemblée de politiciens espagnols.

C’est une preuve de plus que lorsqu’un enfant affirme être du sexe opposé, il doit glisser sans aucun obstacle sur ce versant. En Suisse par exemple, dès 16 ans, la « conviction intime » du jeune suffira : pas besoin de l’autorisation des géniteurs. Comme le dit une activiste : « Si tu veux être une drag queen et que tes parents ne te le permettent pas, tu as besoin de nouveaux parents. »

Cette promotion a un effet entrainant. Dans notre pays comme dans tout l’Occident, « on observe une hausse nette du nombre de consultations d’enfants et d’adolescents qui s’interrogent sur leur identité de genre ». Les spécialistes, comme les cliniques se multiplient.

La Suisse romande s’adapte. Le canton de Vaud vient de nommer une experte en études genres, Caroline Dayer, pour agir « contre l’homophobie et les transphobies » dans les lieux de formation. La nouvelle haute fonctionnaire se demande pourquoi le sexe « est basé sur nos organes génitaux externes. Il pourrait l’être sur nos chromosomes ou nos hormones… » Pas de problème donc que des enfants changent de sexe à leur guise, selon le temps ou leur humeur. Pour les y aider, promet Caroline Dayer, « des procédures et des outils pédagogiques » vont être créés dès le primaire. L’humain devient la seule espèce où la femelle ne se distingue pas du mâle.

Genève s’en voudrait de prendre du retard sur ces délires. Le canton vient de fonder un centre consacré aux « sciences des sexualités » codirigé par Fernando Miranda. Vous avez l’impression d’entendre parler de sexe et de genres tout le temps ? Erreur. « Le tabou sexuel est encore très puissant ». Et la science lui a déjà appris que « d’un point de vue sociologique, il existe un continuum entre le sifflement de rue et la personne qui est tuée au sein de son couple ».

Le mâle hétéro doit disparaître

Caroline Dayer

Le mâle hétérosexuel de plus de 50 ans est une cible de choix. Andrea Novicov, homme blanc de plus de 50 ans et directeur du Théâtre de l’Orangerie à Genève, semble prêt à se sacrifier : « Notre théâtre s’attaque au mâle blanc (…) cette créature arrogante qui réifie celui qui ne lui ressemble pas. Sa chute est la seule solution pour qu’une autre organisation du monde advienne. »

Ces changements se sont faits à la vitesse de l’éclair. Les médias, chiens de Pavlov de ces fureurs, interviewent avec une vertigineuse complaisance leurs théologiens. Le Temps en est l’exemple le plus effarant. Il s’enthousiasme par exemple sur le non-choix : « Le “genderfluid” s’impose dans la mode et les campus. Il consiste à zigzaguer entre masculin et féminin, refuser de se déterminer fille ou garçon, ou s’identifier au sexe opposé », n’être appelé « ni Madame, ni Monsieur ». Ces paroles viennent d’une génération « éperdue de liberté et de tolérance, dans tous les domaines ».

Les pouvoirs blancs, hétéros et femmes ont accueilli des dizaines de millions de réfugiés et autres immigrés, leur ont permis d’obtenir soins, nourriture, formations, etc… Ils se voient renvoyer une image d’eux-mêmes exécrable.

La créativité des expressions est dévorante, les dictionnaires sont à la traîne. La « masculinité toxique » en fait partie. Les chercheurs suisses appartiennent au troupeau des suiveurs. Et une invitée du Temps explique que « la masculinité toxique menace le monde ». Ce fléau, comme les autres, doit être combattu au nom des droits humains devenus le réceptacle de toutes les exigences, dont le « droit à l’enfant ». Le festival des droits humains de Genève est donc forcément de la partie : « Misogynie, culture du viol, homophobie, encouragement à la violence ou encore refoulement des émotions : comment combattre les masculinités toxiques ? » interroge-t-il en présentant un film.

Un jour, les « trouples » (trois personnes vivant ensemble) réclameront aussi leur droit à l’enfant. Et j’allais oublier : l’intersectionnalité est aussi à prendre en compte, soit l’empilement des discriminations comme le fait d’être femme, noire et musulmane. Ce qui exige de lourdes réparations.

Devenus ados et adultes, ceux qui auront quelque velléité de révolte apprendront vite à courber l’échine. Les réseaux sociaux, nouvelles maisons de redressement, s’en chargent.

Les gouvernements se plient aux normes transgenres

A l’image du mouvement de défense des homosexuels, passé d’un juste combat à un lobby politisé, prosélyte et intolérant, les « trans » imposent leurs normes. Aux Pays-Bas, les papiers d’identité n’indiqueront plus le sexe. La ministre Ingrid van Engelshoven estime que les citoyens doivent pouvoir « façonner leur propre identité et la vivre en toute liberté et sécurité ». La Belgique envisage de mentionner un « troisième sexe » sur les actes de naissance. Pour La France insoumise, la mention du sexe à l’état civil est « oppressive ». D’autres gouvernements suivent.

Les Verts ont bien sûr adopté le bréviaire. En Franconie (Allemagne) ils demandent déjà un jour de piscine réservé aux transgenres.

Les citoyens subissent ainsi la loi de quelques pour cent sans que les problèmes liés au changement de genre, par exemple, puissent être discutés. Et ils ne manquent pas. Effet d’entraînement ? Désir de se transformer de fille en garçon pour échapper à une attirance homosexuelle mal vécue ? A partir de quel âge un enfant peut-il être sûr de son orientation ? Quelles conséquences lorsqu’on veut revenir à son sexe d’origine ? Ces questions combattent la simplette « approche affirmative » des trans militants (je le pense donc je le suis). Murray montre quelques conséquences de ces dogmes. Par exemple le parcours de Karen White qui lorsqu’il était homme, avait été reconnu coupable de viol. Bien qu’il ait gardé ses organes sexuels, il a voulu être placé dans une prison pour femmes. Il y a agressé sexuellement quatre détenues. Au Canada, une transsexuelle de sexe masculin à sexe féminin, est autorisée à suivre une formation de conseillère pour les femmes victimes de viol. Les lesbiennes féministes montent au créneau. Quant aux conflits liés au sport, lorsqu’un homme devenu femme écrase ses concurrentes, ils se multiplient.

Un long article, passionnant, dessine tout en nuances le paysage de cette problématique trans (recherches, tendances, réussites et échecs, témoignages).

L’hétérosexualité n’a plus la cote. Pourtant puisque le genre est un choix, remarque finement le blogueur John Goetelen, « les personnes homosexuelles devraient être encouragées à changer leur orientation sexuelle, ou du moins à la fluidifier et à s’ouvrir à l’hétérosexualité. » Or, c’est bizarrement inconcevable. Dans la même veine, si le sexe est une construction sociale, pourquoi tant de gens en changent au prix de reconstructions physiques éprouvantes et douloureuses ?

Violences au programme

Les chercheurs, les universités, les gouvernements même, plongent avec délices dans ce ruissellement de nouvelles normes. Les campus étasuniens y ajoutent la violence. Là-bas, les interdits, les sanctions, les agressions contre les réfractaires ou ceux qui posent des questions, sont courantes. Mike Adams, un professeur américain menacé et harcelé s’est suicidé l’été dernier. On ne sache pas que les maîtres des réseaux sociaux se soucient de tous ces manquements aux « règles de la communauté ».

Le champion de formule1 Lewis Hamilton a naïvement trébuché. Il a publié une vidéo où son neveu était déguisé en fée. Il lui disait : « Pourquoi tu t’habilles en fille ? Tu es un garçon ! » Les réseaux sociaux ne l’ont pas manqué, les médias non plus. Il s’est très vite excusé.

La France adopte ces nouveaux comportements. Titre d’un article du Figaro : « Censure, menaces, violences : la difficile liberté d’expression dans les universités françaises ». Le débat intellectuel est muselé. Les recherches sont davantage destinées à confirmer des idées plutôt qu’à enrichir le savoir. Quel chercheur oserait contredire le nouveau catéchisme ?

Les femmes, les minorités, Noirs, homosexuels, trans sont la vertu incarnée. Lorsqu’ils auront pris le pouvoir, l’humanité radieuse aura éclos. Les institutions, les entreprises, les publicités se soumettent à cette nouvelle doctrine.

Comme le remarque Ris, la société devient « un assemblage de petits groupes, tous enfermés dans leurs “différences”, chacun avec ses revendications, ses griefs, ses doléances, ses récriminations, ses requêtes et ses complaintes… »

Et Sylvain Tesson : « Nous ne comprenons pas encore qu’il faut ralentir notre course vers ce gouffre que nous continuons sottement à appeler le progrès. »(3)

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Mireille Vallette pour Dreuz.info.

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• « La grande déraison» p.441
• Lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queers, intersexes, asexuels et « + » pour d’éventuelles nouvelles catégories. Par exemple « bispiritualité » qui se réfère « aux Amérindiens s’identifiant comme ayant à la fois un esprit masculin et un esprit féminin » (Wikipédia)
• « Un été avec Homère » p.69



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