Publié par Magali Marc le 12 janvier 2021

Nancy Pelosi a trouvé le moyen de distraire les Américains des accusations de fraudes électorales qui ont causé leur indignation.

Elle a réagi à la juste colère des partisans du Président Trump, le 6 janvier dernier, en se ruant sur le premier geste qui lui est venu à l’esprit : recommencer à tenter de destituer le président. Pendant que les uns et les autres à Washington et dans les médias s’empressent de discuter de la probabilité ou de l’improbabilité de réussir l’Impeachment II, plus personne ne parle de fraude électorale ! Même les Républicains en sont réduits à se demander s’ils veulent rester fidèles à Donald Trump ou le laisser tomber pour sauver leur peau.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Monica Showalter, paru sur American Thinker, le 11 janvier.

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Nancy Pelosi laisse le chat sortir du sac –elle sait qu’elle est en position de faiblesse concernant l’Impeachment

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Toujours aussi malveillante, la présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, a déclaré lors de l’émission 60 Minutes qu’elle est prête à tout pour avoir la peau du Président Trump, soit par le biais du 25e amendement, soit par la destitution (Impeachment).

S’adressant à Lesley Stahl, l’animatrice l’émission de CBS, (qui a déclaré plus tôt que les e-mails de Hunter Biden décrivant ses malversations n’étaient «pas vraiment de la nouvelle»), Mme Pelosi, qui a 80 ans, s’est exposée devant Mme Stahl, en répondant à ses questions à la guimauve.

Selon le Daily Mail :

«Alors que certains Démocrates font pression pour obtenir l’Impeachment (de M. Trump), la Présidente de la Chambre a déclaré à «60 Minutes» lors d’une interview qui sera diffusée dimanche soir qu’elle préfère invoquer le 25e amendement parce qu’il permet de mettre Trump hors d’état de nuire immédiatement

«Il est possible qu’après tout cela, il n’y ait aucune sanction, aucune conséquence, et qu’il puisse se présenter à nouveau à la présidence», dit Lesley Stahl à Mme Pelosi dans un clip qui a été transmis avant la diffusion de l’interview complète.

«Et c’est l’une des raisons qui poussent les gens à réclamer la destitution», a expliqué Mme Pelosi.»

Il est peu probable que l’Impeachment soit mené à terme si on en croit une analyse de la BBC*, ainsi qu’une tribune libre publiée dans le journal The Hill** par l’expert juridique Jonathan Turley.

Pour paraphraser Mme Pelosi, les électeurs sont libres d’élire qui ils veulent. C’était la même situation avec le Président Obama, alors même que des militants essayaient de présenter des preuves que son certificat de naissance était un faux. C’était une campagne inutile puisque la majorité des électeurs voulaient l’élire.

Mais cela révèle beaucoup de choses sur ce qui se passe dans la tête de Nancy Pelosi et sur la faiblesse des cartes qu’elle a en main.

Tout d’abord, remarquez ce qu’elle dit préférer : elle veut que Mike Pence fasse le sale boulot à sa place et invoque le 25e amendement pour démettre le Président Trump de ses fonctions.

Cela lui épargnerait certainement beaucoup d’efforts et de maux de tête. Ça semble également paresseux, oui, mais plus probablement, ça ressemble à quelqu’un qui a des difficultés et qui souhaite que d’autres personnes règlent le problème à sa place.

Premier problème : l’Impeachment ne fonctionnera pas

D’abord, ça paraît vindicatif, et les Démocrates ont déjà utilisé cette méthode, sans succès. Comme l’a écrit le Wall Street Journal dans son éditorial du 7 janvier dernier en demandant au Président Trump de démissionner (je ne suis pas d’accord avec ça, mais c’est quand même une bonne lecture) :

«Les Démocrates auraient plus de crédibilité en matière de destitution aujourd’hui s’ils n’avaient pas déjà joué cette carte en 2019. Un défilé de destituteurs incluant des politiciens promoteurs de la collusion russe tels qu’Adam Schiff et Jerrold Nadler dégoûterait plus d’Américains qu’il n’en persuaderait. La mission ressemblerait à une vengeance politique, et non à une application de la Constitution– et M. Trump la jouerait comme telle jusqu’à son dernier souffle. M. Biden pourrait marquer des points s’il faisait preuve de bonne volonté et renvoyait les «Impeachers» dans leur niche pour mettre fin à un processus vengeur d’annihilation.»

C’est sûr que cela ne leur fera pas gagner des votes.

Deuxième problème : il reste moins de dix jours au mandat du Président Trump

Bien que la Chambre puisse agir aujourd’hui et se précipiter dans un autre vote de tribunal fantoche comme la dernière fois, sans qu’aucune preuve sérieuse ne soit présentée, le calendrier du Sénat n’est pas aussi optimal.
Le plus tôt que le Sénat puisse examiner cette question est le 19 janvier, alors que la transition vers un gouvernement du Parti Démocrate est prévue pour le 20 janvier. Il n’y a donc aucune chance qu’une telle chose se produise avant la fin du mandat de M. Trump.

Tout ce que Mme Pelosi peut faire, c’est faire pression sur la Chambre des Représentants pour qu’elle adopte une résolution de destitution moins d’un an après la dernière, et ensuite attendre la décision du Sénat.

Pourquoi, encore une fois, se précipite-t-elle ? Pourquoi ne pas faire attendre la Chambre, comme le Sénat ?

En fait, la ruée vers l’Impeachment est un signe de panique de son parti. Elle sait qu’elle n’arrivera pas à faire partir Trump.

Elle jette de l’huile sur le feu tout en sachant que le chiffre d’approbations de M. Trump a grimpé en flèche lors du dernier fiasco de l’Impeachment I, il y a un an. Les Démocrates ont donc perdu leur temps, et se sont contentés de se montrer «vertueux».

Maintenant, elle essaie de sauver la face en disant que cette fois, la Chambre va se précipiter pour destituer le Président, allant encore plus vite que la dernière fois, tandis que le Sénat prendra… 100 jours, pour commencer.

Elle a probablement reçu des nouvelles de Biden, qui l’a rencontrée, et elle a appris qu’il ne souhaite pas que les premiers jours de son mandat soient entièrement consacrés à ce qui arrive à Donald Trump.

Joe Biden veut que les gros titres soient centrés sur lui en tant que président, fonctionnant en harmonie avec le Congrès.

C’est pourquoi ses alliés démocrates ont fait fuiter cette information :

«… les Démocrates de la Chambre des Représentants ont déclaré que le parti ne peut envoyer aucun article de mise en accusation au Sénat avant les 100 premiers jours de mandat de M. Biden.

Cela permettra à M. Biden de confirmer son nouveau cabinet et de lancer des politiques clés, notamment la lutte contre le coronavirus– ce qui devrait attendre si le Sénat recevait des articles de destitution.

Les experts constitutionnels sont divisés sur la question de savoir si l’Impeachment peut être soumis à un procès au Sénat après que le président a quitté ses fonctions.»

Mais 100 jours, c’est long en politique.

L’humeur du public pourrait être très différente une fois que les Démocrates auront approuvé des hausses d’impôts, auront causé l’effondrement de l’économie, auront accordé des réparations aux minorités «opprimées», auront ouvert grandes les frontières, auront distribué des soins de santé gratuits aux migrants clandestins, auront promulgué un tas de règlements, auront ciblé la production d’énergie, auront vu l’Iran se déchaîner et d’autres actions impopulaires qui se produiront lorsque qu’ils auront commencé à mettre en œuvre leur programme.

Remette à dans 100 jours, l’Impeachment complètement inutile d’un homme qui n’est plus au pouvoir (ce qui ne peut probablement même pas être fait légalement), ne peut qu’indiquer aux électeurs qu’il s’agit d’une action vengeresse.

Ce sera forcément impopulaire, voire illégal, et l’objectif d’empêcher Trump de se présenter aux élections ressemble fortement à ce que font aux dissidents les dictatures du Tiers Monde. Il suffit de demander à Nicolas Maduro. Le dictateur marxiste vénézuélien utilise tellement cette méthode qu’elle est devenue son modus operandi.

Un tel acte ne peut que nuire à Nancy Pelosi.

Cependant, il est clair qu’elle est généralement indifférente à ce que pensent les électeurs, même si cela doit nuire aux démocrates modérés.
Elle chevauche un tigre poursuivi par des chacals aboyeurs comme les Représentantes Ilhan Omar et Alexandria Ocasio-Cortez, qui réclament la tête de Donald Trump.

Elle ne peut pas se permettre de leur déplaire, alors elle se lance à bride abattue dans une nouvelle destitution sans espoir qui ne lui permettra certainement pas de faire tomber le Président Trump.

C’est un Impeachment qu’elle ne peut pas gagner. Une destitution qui n’aura pas lieu. Une poignée de miettes jetée aux chacals dans 100 jours, alors que personne ne peut prédire quelle sera l’humeur du public à ce moment-là.

Cet Impeachment fera long feu, lui aussi et causera la chute des Démocrates.

À quelques jours de la fin de son mandat, le Président Trump ne peut que tirer profit d’une nouvelle destitution ratée, faisant passer les Démocrates pour des perdants à double titre aux yeux des électeurs.

Ce n’est pas une position de force. Mme Pelosi a implicitement admis la gravité de sa position lors de l’émission 60 Minutes. Elle est prête à devenir une double perdante de la destitution. C’est de la bouffonnerie.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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Sources :

  • https://www.americanthinker.com/blog/2021/01/nancy_pelosi_lets_the_cat_out_of_the_bag__about_her_weak_hand_in_impeachment.html
  • *https://www.bbc.com/news/world-us-canada-55586677
  • ** https://thehill.com/opinion/judiciary/533469-swift-second-impeachment-would-damage-the-constitution

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