Publié par Jean-Patrick Grumberg le 20 janvier 2021

Le président Trump vient de déclassifier des documents (1) qui n’avaient pas été communiqués auparavant au Congrès ou au public concernant le faux dossier russe.

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Il les a reçus le 30 décembre dans un classeur, et a décidé qu’ils devaient être rendus publics. Le classeur fait environ un mètre de haut, selon les fonctionnaires qui l’ont vu.

 » J’ai déterminé que les documents contenus dans ce classeur devaient être déclassifiés dans toute la mesure du possible », a déclaré le président.

La tentative de déclassification a cependant rencontré un obstacle lorsque le FBI s’est opposé dimanche à une divulgation complète des informations. Le président a néanmoins ordonné leur publication, mais a autorisé quelques modestes expurgations.

Christopher Steele, l’auteur du dossier russe qui a servi à déclencher 2 ans d’une enquête qui ne reposait sur rien par Robert Mueller contre le Président Trump dans le but d’entraver autant que possible sa présidence, a admis au FBI (2) qu’il avait divulgué l’histoire de la collusion avec la Russie au plus fort des élections de 2016, pour aider Hillary Clinton à surmonter le scandale persistant de son serveur privé de courrier électronique, et parce qu’il pensait que l’élection de Donald Trump serait mauvaise pour les relations des États-Unis avec son pays d’origine, la Grande-Bretagne, selon les documents déclassifiés par le président lors de sa dernière journée en fonction.

Steele et son partenaire Christopher Burrows ont même suggéré que le FBI méritait une partie du blâme pour la décision de laisser fuiter aux médias et au bureau du sénateur John McCain le contenu du dossier, qui s’est avéré, selon l’examen du FBI, à 90 % fabriqué à partir de rien.

Une anecdote illustre à quel point le dossier de Steele était douteux, à quel point le FBI le savait, et pourtant, le directeur du FBI James Comey a tout de même donné le feu vert pour qu’il serve de base à une enquête de contre-espionnage, et qu’il soit présenté comme preuve devant la Cour secrète de surveillance des services de renseignement étrangers (FISA) pour espionner et mettre sur écoute des membres de l’équipe de campagne de Trump :

Peu avant que le FBI n’utilise le dossier Steele pour obtenir un mandat de surveillance visant la campagne Trump, Christopher Steele a rencontré des fonctionnaires du Département d’État, et a transmis des informations suggérant que Moscou menait une opération à partir du consulat russe de Miami.

Il n’y avait qu’un seul petit problème avec ses renseignements : il n’y a pas de consulat russe à Miami.

Kavalec Less Redacted Memo.pdf

Kenneth Laycock, l’actuel directeur exécutif adjoint du FBI, était chef de section pour le renseignement eurasien à l’automne 2016 lorsque Steele a rendu visite à la sous-secrétaire d’État adjoint Kathleen Kavalec au département d’État. Après la réunion, Kavalec a écrit (3) :

 » Il est important de noter qu’il n’y a pas de consulat russe à Miami », a écrit Kavalec.

Kavalec Less Redacted Memo.pdf

La révélation la plus explosive sur les sources de Christofer Steele dans les documents déclassifiés, est que l’ancienne experte en Russie du Conseil national de sécurité de Trump, Fiona Hill, également témoin de la mise en accusation de Trump en 2019, est celle qui a présenté à Steele ses sources en 2011, bien après que le FBI ait ouvert son enquête sur une des sources.

Le président de la commission judiciaire du Sénat, Lindsey Graham, a déclaré vendredi dernier que l’enquête sur la collusion russe était « un échec massif du système par les hauts dirigeants ». J’aurais aimé qu’il ajoute qu’aucun de ces hauts dirigeants n’a été condamné, car aucun n’a été poursuivi en justice, car la justice et tout l’appareil qui tourne autour de Washington sont profondément et pour très longtemps corrompus.

 » Je crois que l’opération Crossfire Hurricane a été l’une des enquêtes les plus incompétentes et corrompues de l’histoire du FBI et du DOJ [département de la Justice] », a déclaré Graham vendredi.

 » On a menti à la cour FISA. Des informations qui les disculpaient ont été supprimées sur les personnes faisant l’objet de l’enquête. Les enquêteurs, à quelques exceptions notables près, étaient incroyablement partiaux et ont utilisé les pouvoirs des forces de l’ordre à des fins politiques ».

Graham omet un petit détail : il parle de l’administration Obama. Il parle de personnes qui sont toutes des Démocrates. Il parle de personnes qui sont soit toujours en place, soit sont devenues consultants pour CNN. Il parle d’un système corrompu qui n’a pas été réformé, qui ne veut pas se réformer, parce qu’il est totalement infiltré, gangrené, contrôlé par les Démocrates.

La meilleure preuve vient de documents déclassifiés par Graham vendredi dernier.

Préoccupé par le comportement de Christopher Steele, un agent de contre-espionnage du FBI dans l’enquête sur la Russie a lancé une étude de « validation renforcée » de la crédibilité de Steele à l’automne 2016. Son travail a été brusquement arrêté par ses supérieurs, selon un témoignage explosif (4) du Sénat rendu public vendredi.

Le témoignage de cet agent fournit une preuve supplémentaire que le FBI de James Comey a pris de nombreuses mesures pour non pas révéler, mais protéger les failles dans le travail de Steele, malgré les avertissements de la CIA à partir de 2015 que Steele pourrait être trop proche des oligarques russes et susceptible de désinformation.

Et le sachant, Comey a tout de même agi pour faire nommer un enquêteur spécial, Robert Mueller, pour qu’il enquête sur une affaire qu’il savait ne reposer sur rien. On peut supposer que Mueller, son ami, savait aussi, puisqu’il n’a jamais questionné Steele.

Conclusion

Je me répète : la fausse affaire de collusion russe a été enclenchée par l’administration Obama, qui a fait espionner le candidat Trump comme Nixon a fait espionner son concurrent.

L’une a donné le Watergate parce que Nixon était un Républicain. L’autre, plus grave encore parce qu’elle a impliqué le FBI, a fait mettre Trump, la victime de l’espionnage, en accusation, parce que les auteurs de l’espionnage sont Démocrates. Aucun Démocrate n’est allé en prison ou n’a été destitué. Lorsque Trump a demandé que Comey soit éjecté du FBI, alors qu’il était impliqué jusqu’au trognon dans cette affaire, les médias et les politiciens Démocrates ont hurlé à l’obstruction. Rien, aucune honte, n’arrête les Démocrates.

Les Républicains sont des agneaux qui se font manger tout cru.

Trump n’avait aucune chance contre le marécage. Chaque fois que Trump dégageait un membre corrompu de son administration dont il avait les preuves de la trahison, il s’en faisait coller un encore plus corrompu, encore plus vicieux, plus pervers dans ses méthodes, tout en croyant recruter un incorruptible, parce qu’il était recommandé par des collaborateurs en qui Trump avait acquis une certaine confiance – c’était eux, les pires ennemis de l’intérieur. Trump était cerné. En pareille circonstance, un Démocrate aurait viré absolument tout le monde, en arrivant à la Maison-Blanche, et personne n’aurait pipé mot. Lorsque j’ai suggéré que Trump vire tout le monde, des Républicains m’ont rit au nez en me disant que cela ne se fait pas.

Les Républicains sont des agneaux qui se font manger tout cru.

J’ai dit en 2016, et j’ai beaucoup été critiqué pour cela, que Donald Trump ne pourrait pas tenir sa promesse de nettoyer le marécage puant de Washington. J’avais raison. Il n’avait aucune chance. J’ai dit et j’ai été beaucoup critiqué pour cela, que le marécage est bien plus large et plus profond que ce que Trump s’imagine. Là encore, j’avais raison.

Attendez de lire mon article à venir sur Google et Washington « Google n’est pas ce que vous croyez », si vous doutez.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. Intégralité du document déclassé
  2. Notes de l’interview de Steele par le FBI
  3. Kavalec Less Redacted Memo.pdf
  4. Supervisory-Special-Agent-1-Redacted-FINAL.pdf

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