Publié par Jean-Patrick Grumberg le 21 janvier 2021

La Chine commence à tester la vulnérabilité du président Biden, sachant qu’au moindre signe de résistance trop prononcée, elle a les preuves du scandale qui peut éclabousser sa présidence.

Dreuz a besoin de vous : Le journalisme indépendant ne reçoit aucune aide d’Etat. Dreuz.info ne peut pas exister sans votre soutien financier. Pour contribuer en utilisant votre carte de crédit (sans vous inscrire à Paypal), cliquez sur ce lien Paypal.Dreuz, et indiquez le montant de votre contribution. Nous vous remercions.

Le ministre communiste des Affaires étrangères chinois a publié un communiqué en anglais (1), avec ce ton si particulier et cette absence de gêne à exprimer des mensonges propre aux dictatures. Dreuz a traduit le communiqué :

Au cours des dernières années, certains politiciens américains anti-Chine, par intérêt politique égoïste, par préjugés et par haine contre la Chine et sans se soucier des intérêts des peuples chinois et américain, ont planifié, promu et exécuté une série de mouvements fous qui ont gravement interféré dans les affaires intérieures de la Chine, miné les intérêts de la Chine, offensé le peuple chinois et gravement perturbé les relations entre la Chine et les États-Unis.

Le gouvernement chinois est fermement résolu à défendre la souveraineté nationale, la sécurité et les intérêts de la Chine en matière de développement.

La Chine a décidé de sanctionner 28 personnes qui ont gravement violé la souveraineté de la Chine et qui sont les principaux responsables de ces agissements des États-Unis sur les questions liées à la Chine.

Il s’agit de Michael R. Pompeo, Peter K. Navarro, Robert C. O’Brien, David R. Stilwell, Matthew Pottinger, Alex M. Azar II, Keith J. Krach et Kelly D. K. Craft de l’administration Trump, ainsi que John R. Bolton et Stephen K. Bannon.

Ces personnes et les membres de leur famille immédiate n’ont pas le droit d’entrer en Chine continentale, à Hong Kong et à Macao. Ces personnes, ainsi que les entreprises et institutions qui leur sont associées, ne peuvent pas non plus faire d’affaires avec la Chine.

https://twitter.com/MFA_China/status/1351942486470455296?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1351942486470455296%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fdailycaller.com%2F2021%2F01%2F20%2Fchina-sanctions-pompeo-27-other-us-officials%2F

Analyse

  • Notez que la Chine n’a pas osé prendre ces sanctions durant la présidence de Trump, le seul homme au monde ayant la stature, la puissance, la capacité mais surtout la volonté de résister aux dictateurs communistes.
  • Notez le corollaire : la Chine, en prenant ces sanctions quelques minutes après l’inauguration de Biden, signifie qu’elle ne craint pas ce dernier. Et comme les Chinois valorisent la puissance symbolique des détails, le fait d’envoyer ce message à l’administration Biden le jour de son inauguration signifie clairement : voici qui est le maître.
  • Il est évident que la manœuvre avait été préparée à l’avance. Préparée, soupesée et dûment mûrie, même si l’annonce a été faite le lendemain du jour où Pompeo a déclaré que la répression du parti communiste chinois contre les musulmans ouïghours dans la région du Xinjiang était un « génocide ».

L’administration Trump, dirigée par Pompeo et Navarro, a été très critique à l’égard des violations des droits de l’homme et des pratiques commerciales déloyales de la Chine. Ceci doit prendre fin, vient de signifier la Chine.

Trump a également accusé le Parti communiste chinois d’avoir trompé le monde sur la phase initiale de la pandémie de coronavirus, qui a débuté à Wuhan, et d’avoir infecté le monde entier. Les autres dirigeants qui initialement ont eu un peu de courage, à la suite de Trump, pour critiquer la China – on pense au président Macron – se sont depuis couchés.

Un peu plus d’une semaine plus tôt, le 11 janvier, Pompeo a annoncé que les États-Unis lèveraient les restrictions imposées depuis des décennies aux contacts entre les fonctionnaires Américains et Taïwanais, une décision qui a suscité des menaces de la part de Pékin.

On se souvient qu’au début de sa présidence, Donald Trump avait directement félicité la présidente de Taiwan pour sa victoire électorale, et que la Chine avait instantanément protesté, car elle n’autorise pas de liens diplomatiques directs avec Taiwan, qu’elle considère comme son territoire.

N’oublions pas non plus que le président Trump a fait interdire la technologie 5G chinoise car les services de renseignement américains ont tiré la sonnette d’alarme sur le danger d’espionnage que représentait ce cheval de Troie. Biden ne refusera pas, et c’est un atout essentiel pour l’impérialisme chinois. Trump avait également convaincu des alliés attentifs des dangers de la 5G de Huawei pour leur sécurité nationale. Biden n’aurait jamais fait la démarche, et il ne la fera pas : attendons-nous à voir la technologie Huawei, avec sa capacité d’espionnage, être adoptée dans plusieurs pays qui jusque là la refusaient.

Le message est clair : la Chine a besoin d’abuser de sa position, de profiter de la complicité des gouvernements occidentaux, de voler les brevets d’invention des inventeurs et entreprises américaines, d’imposer des restrictions drastiques aux entreprises occidentales au travers des Accords de Paris sur le climat (elle est exempte de toute obligation), de taux de douane privilégiés, de protections douanières très fortes à l’import, de pouvoir trafiquer sa devise pour favoriser ses exportations, afin de surpasser l’Amérique pour atteindre sa domination totale du monde.

Conclusion

Dans les heures qui ont précédé l’investiture de Robinette Biden, la Chine a exprimé l’espoir que le nouveau président américain « regarde la Chine de manière rationnelle et objective ».

En réalité, le message veut dire tout l’inverse : la Chine exige de Biden qu’il ne regarde surtout pas la Chine de manière rationnelle et objective, comme Trump l’a fait.

Regarder la Chine de manière rationnelle et objective, c’est lire les déclarations explicitement impérialistes du président Xi, son engagement à dominer le monde, et ses actions en ce sens.

Le monde est dirigé par des dirigeants faibles, la Chine le sait. Ils sont affaiblis par des médias en phase avec l’idéologie communiste, la Chine le sait. La Chine pratique le capitalisme parce que c’est le seul système économiquement viable, qui lui procure une puissance formidable, les pays occidentaux pratiquent une forme ou une autre de socialisme, ce qui affaiblit leurs économies et les rendent plus perméables à la dominance chinoise – et les médias contribuent en brouillant les cartes : ils accusent les dirigeants des grandes entreprises, mais jamais les décisions destructrices des gouvernements. Ajoutons à cela les Accords sur le climat imposés aux entreprises et aux économies des pays non-pollueurs tandis que la Chine en est exempte, et la boucle est bouclée.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Parce que Dreuz est censuré pour le crime de désaccord avec la gauche, suivez notre fil Twitter, et retweetez-nous. C’est un important geste de résistance pour faire circuler vos idées.

  1. http://www.china-embassy.org/eng/fyrth/t1847554.htm

Soutenez Dreuz en partageant cet article

Partagez ce message !

20
0
Merci de nous apporter votre commentairex
()
x
Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz