Publié par Magali Marc le 23 janvier 2021

Au cours de son premier jour en fonction, Joe Biden a mis fin à environ 52 000 emplois américains et réduit les salaires de plusieurs milliards de dollars alors que le pays continue de lutter contre le chômage causé par la pandémie. Plusieurs Républicains remettent déjà en question le programme de l’Administration Biden en matière de politique intérieure. La présidente du Comité national républicain, Ronna McDaniel, a, de son côté, dénoncé des meures telles que l’annulation du pipeline Keystone XL et la réintégration de l’Accord de Paris sur le climat, qui relèvent de la politique étrangère et ne profiteront pas aux travailleurs américains que M. Trump voulait favoriser.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Ojel L. Rodriguez, paru sur le site d’American Thinker, le 22 janvier.

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Mieux vaut se méfier de l’appel du président Biden à un retour du leadership américain sur la scène internationale

Cette semaine, nous avons vécu la Cérémonie d’investiture du 46e président des États-Unis, Joseph R. Biden, et le retour du Parti Démocrate à la Maison Blanche et au contrôle total du Congrès.

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Bien entendu, la plupart des reportages des médias de masse ont été positifs en ce qui concerne le nouveau président et le changement à venir à la Maison Blanche. Chris Wallace (NdT: le benêt démocrate qui sévit encore sur Fox News) a qualifié le discours d’investiture de M. Biden de « meilleur discours d’investiture que j’aie jamais entendu », alors que dans les médias sociaux, nombreux sont ceux qui se sont réjouis et qui ont souligné la nécessité d’unir les Américains.

Cependant, l’accent a été mis sur la partie du discours de Joe Biden qui concernait la politique intérieure.

Dans la partie du discours destinée au monde et surtout aux alliés de l’Amérique, le président a annoncé un retour au rôle de l’Amérique en tant que leader sur la scène internationale.

Le nouveau président a déclaré :

Nous allons refaire nos alliances et nous engager à nouveau avec le monde. Non pas pour relever les défis d’hier, mais pour relever les défis d’aujourd’hui et de demain.

Compte tenu de l’expérience de Joe Biden en matière d’affaires étrangères, nous devons nous méfier des appels au retour du rôle de leader des États-Unis sur la scène internationale.

Comme l’a fait remarquer l’ex-ministre de la Défense Robert Gates, M. Biden « s’est trompé sur presque toutes les grandes questions de politique étrangère et de sécurité nationale au cours des quatre dernières décennies ».

L’appel du président Biden à un retour du leadership américain dans le système international n’est pas surprenant. Avant l’élection et l’investiture qui a suivi, Joe Biden avait annoncé ses intentions.

Dans un article publié dans le magazine Foreign Affairs (numéro de mars-avril 2020), le candidat Joe Biden, déclarait :

Il incombe aux États-Unis de montrer la voie. Aucune autre nation n’a cette capacité. Aucune autre nation n’est bâtie sur cette idée. Nous devons défendre la liberté et la démocratie.

En présentant son équipe de politique étrangère et de sécurité nationale, le président Biden a dit :

…le fait que l’Amérique est de retour, prête à diriger le monde, à ne pas s’en retirer, à présider à nouveau au bout de la table, prête à affronter nos adversaires et à ne pas rejeter nos alliés, prête à défendre nos valeurs.

La question qui se pose est de savoir vers quoi l’Amérique revient-elle au juste ? Ou dans quel sens va le leadership américain ?

Si on en juge d’après l’expérience de Joe Biden en matière d’affaires étrangères, on constate que son approche est celle de l’interventionnisme.

Après tout, il a voté pour la guerre en Irak en 2003, et l’Irak est encore sous le choc des conséquences de l’intervention inutile des États-Unis et de ses alliés.

Joe Biden a joué un rôle de premier plan en tant que vice-président lorsque l’Administration du président Obama déstabilisait le Moyen-Orient au cours du printemps arabe.

La Libye, la Syrie, le Yémen, entre autres pays qui ont subi l’intervention américaine, ont eu un aperçu de ce que signifie « le leadership américain » ou « le retour de l’Amérique » sous une Administration Biden.

« L’Amérique est de retour » sous Joe Biden signifie le retour à la doctrine des affaires étrangères appelée « internationalisme libéral ». Cette doctrine stipule que les gouvernements démocratiques doivent intervenir par la voie militaire ou humanitaire dans d’autres États pour poursuivre des objectifs, tels que la démocratie et les valeurs gauchistes comme l’égalité des sexes et la tolérance pour les sexualités alternatives, comme l’illustrent les sociétés des États-Unis et de l’Europe occidentale.

Cette politique signifierait une vaine tentative de refaçonner le monde selon une vision occidentale et gauchiste du monde, en prônant des valeurs universalistes qui ne sont pas nécessairement partagées par toutes les communautés de la planète.

C’est une recette pour des conflits sans fin qui coûteront nombre de vies américaines et de l’argent qui pourrait être utilisé au profit du peuple américain.

Les membres de l’Establishment de la politique étrangère de gauche et de droite aux États-Unis sont généralement d’accord avec cette approche. De nombreux gauchistes ont critiqué Trump pour sa négligence dans la poursuite des valeurs «libérales» (gauchistes) en ce qui a trait aux affaires étrangères.

Les Républicains, quant à eux, ont critiqué l’Administration Trump pour s’être retirée de la Syrie et de l’Afghanistan.

L’unité souhaitée par M. Biden se reflétera certainement dans les affaires étrangères, car les interventionnistes de gauche et de droite se tiendront la main et soutiendront l’approche de cette nouvelle administration.

Lors de son discours, le nouveau président a déclaré qu’il voulait faire de « l’Amérique une fois de plus la première force (qui défend) le Bien dans le monde ».

Toutefois, l’expérience de Joe Biden en matière de politique étrangère et l’équipe qu’il a choisie pour diriger la Politique étrangère et la Sécurité nationale dans son Administration font craindre que le retour au rôle antérieur de l’Amérique ne conduise à des interventions qui ne sont pas dans l’intérêt des États-Unis.

* Ojel L. Rodriguez est candidat au Doctorat en Relations Internationales à l’Université de St Andrews.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Sources :

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