Publié par Gaia - Dreuz le 14 janvier 2021

Source : Valeursactuelles

Jack Dorsey a également souligné “le pouvoir qu’une entreprise a sur une partie de la conversation publique mondiale”.

Les aveux du patron de Twitter, mercredi 13 janvier, sont pour le moins ambigus : Jack Dorsey estime que la plateforme a pris « la bonne » décision en bannissant Donald Trump après les évènements du 5 janvier à Washington, mais que cela constitue aussi un « échec » et « établit un précédent » qui lui paraît « dangereux ».

Un « échec de notre part »

« Je ne ressens aucune fierté à l’idée que nous ayons dû bannir @realDonaldTrump », a écrit le chef d’entreprise sur le média social qu’il a créé, pointant un « échec de notre part à promouvoir une conversation saine ». Pour lui, ce genre de mesures prises par la compagnie à l’oiseau bleu « nous divise. Elles limitent les possibilités d’expliquer, de se racheter, d’apprendre ». « Cela établit un précédent qui me semble dangereux : le pouvoir qu’un individu ou une entreprise a sur une partie de la conversation publique mondiale », a-t-il aussi reconnu dans ce texte.

Jack Dorsey s’est aussi laissé aller à un autre aveu : pour lui, l’équilibre des pouvoirs était respecté tant que « les gens pouvaient simplement aller sur un autre service, si nos règles et notre application des règles ne leur convenaient pas ». En revanche, « ce concept a été remis en cause la semaine dernière quand un certain nombre de fournisseurs essentiels d’outils sur Internet ont aussi décidé de ne pas héberger ce qu’ils trouvaient dangereux », a-t-il pointé, faisant probablement référence au réseau social Parler, qui a dû cesser de fonctionner. « Je ne crois pas que c’était coordonné », a-t-il poursuivi, évoquant une autre hypothèse : « Plus probablement : les sociétés sont arrivées à leurs propres conclusions ou ont été encouragées par les actions des autres ».

Une « oligarchie digitale »

Depuis les évènements de Washington, les critiques pleuvent contre Twitter, Google, Facebook, ou encore Apple, en Europe comme aux Etats-Unis. Les géants américains du Net et de la Tech sont accusés d’étaler leur toute-puissance.  Le procureur général du Texas, Ken Paxton, a ainsi ordonné, à ces grandes compagnies, mercredi, de rendre des comptes sur leurs décisions « terrifiantes pour la liberté d’expression ». De ce côté de l’Atlantique, Bruno Le Maire ou Angela Merkel, notamment, ont aussi vivement réagi aux mesures des GAFAM. Le ministre de l’Economie français a ainsi dénoncé, lundi 11 janvier, sur France Inter, une « oligarchie digitale » qui menace les démocraties.

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