Publié par Gilles William Goldnadel le 25 février 2021

Pour l’avocat et essayiste, « l’islamogauchisme » s’est développé depuis de nombreuses années, au sein d’une partie des milieux médiatiques et intellectuels, à travers une posture réflexe d’idéalisation de « l’autre » et de diabolisation de l’homme blanc occidental.

Ainsi à en croire certains, l’islamo-gauchisme serait une manière de dahu, de yéti ou de monstre du Loch Ness. À lire le Monde et son éditorial du 20 février, il s’agirait d’une «notion aussi hasardeuse que fourre-tout».

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C’est fou comment ceux qui ont approché le monstre presque jusqu’à l’embrasser déclarent ne pas le connaître.

Quant à moi qui aurai passé une bonne partie de ma vie intellectuelle, professionnelle, médiatique et politique à le combattre, je le connais par cœur.

Avant que vous le décrire, qu’il me soit permis de sourire un peu à la vue de ces savants qui ne confèrent aucune valeur scientifique à un concept paraît-il forgé par une «extrême droite» dont l’étiquette a été attribuée à leurs contradicteurs minutieusement après analyse objective et contradictoire dans leur laboratoire.

Le Monde n’a sans doute jamais trouvé hasardeux de ranger ses adversaires dans une fachosphère et parfois de manier le concept de fascisme en prenant quelques libertés avec la science historique.

De même, nos savants linguistes sourcilleux n’ont jamais répugné à utiliser les vocables «racisme systémique», «privilège blanc», «islamophobie», «appropriation culturelle» «domination hétéro patriarcale blanche» sans les avoir éprouvés scientifiquement dans leurs éprouvettes.

Si l’on veut le définir simplement, il s’agit d’un a priori systématiquement indulgent envers l’Autre, l’étranger, le radicalement différent, fût-il islamiste.

L’Islamo-gauchisme existe et je l’ai rencontré. Partout, et pas seulement à l’université. Il a depuis 40 ans irrigué la société française par capillarité. Et pas seulement dans les milieux gauchistes. Certains bourgeois le pratiquent quotidiennement et sans le savoir comme M. Jourdain.

J’ai toujours envisagé l’islamo-gauchisme dans son acception la plus large, au-delà de la définition intellectuelle élaborée par mon cher Pierre-André Taguieff qui l’a vu grandir avec le palestinisme antisioniste débouchant sur l’antisémitisme. Celui-là, existe encore, et je l’ai entrevu dans un éditorial du Monde du 9/12/19 souhaitant sans état d’âme, la victoire de ce Corbyn qui fut renvoyé, quelques semaines plus tard, comme un malpropre de son parti travailliste pour cause d’antisémitisme pro-palestinien.

Mais l’Islamo-gauchisme dans sa version élargie n’a que peu de rapports avec le conflit israélo-palestinien. Il s’agit moins d’une pensée que d’une posture réflexe.

Si l’on veut le définir simplement, il s’agit d’un a priori systématiquement indulgent envers l’Autre, l’étranger, le radicalement différent, fût-il islamiste.

Et cet a priori a été l’apanage de la gauche lorsqu’elle a abandonné la classe pour la race et le prolétaire pour l’immigré. J’ai nommé ce réflexe «dilection pour l’altérité». Ce n’est pas tant, loin s’en faut, que l’homme de gauche aime particulièrement l’Autre lointain, mais il le préfère à son blanc prochain.

Dans tous mes écrits, j’ai tenté d’expliquer cette posture largement inconsciente par un antinazisme devenu fou. L’inconscient collectif post- chrétien ne parvenant pas à pardonner au blanc occidental d’avoir en commun avec l’antéchrist moderne Adolf Hitler la même couleur de peau.

Dès lors, le blanc est diabolique et celui qui ne l’est pas, quels que soient ses actes, ne peut être que sa victime angélique.

L’ennemi honni c’est cet Occidental, dans le cadre d’un racisme anti blanc qui n’existerait évidemment que dans l’imagination débridée de l’extrême droite fascisante.

Si l’on veut observer maintenant, au travers de ce prisme, l’itinéraire d’un islamo- gauchiste emblématique tel qu’Edwy Plenel, ancien rédacteur en chef du Monde, on comprend mieux les évolutions d’un Islamo-gauchisme qui n’a jamais cessé d’être profondément le même.

Lorsqu’il appartenait à un groupe trotskiste, Plenel jeune, amoureux de la cause palestinienne parce que détestant l’État-nation occidental d’Israël militarisé et le vivant de manière dépitée comme une trahison du juif en pyjama rayé, aura été jusqu’à saluer l’assassinat d’athlètes israéliens à 30 km de Dachau.

Plus tard, il embrassera naturellement la cause des migrants musulmans forcément victimes du racisme français et policier jusqu’à devenir proche de Tariq Ramadan. Et aujourd’hui, tout naturellement, Plenel l’ancien fait sien le combat contre le privilège blanc.

Car il faut bien comprendre, qu’en creux, l’ennemi honni c’est cet Occidental, dans le cadre d’un racisme anti blanc qui n’existerait évidemment que dans l’imagination débridée de l’extrême droite fascisante.

Pour montrer que l’Islamo-gauchisme n’a rien d’un fantasme et qu’il existe au cœur même de l’université, bien au-delà des camps racisés interdits aux blancs de l’UNEF, je citerai Houria Bouteldja, responsable du Parti des Indigènes de la République, adoubée non seulement comme «antiraciste» par Danielle Obono mais également par de nombreux chercheurs de l’université: «Et ce sera toi, ce seront tes enfants qui subiront ça. Celui qui n’aura rien à se reprocher devra quand même assumer son histoire depuis 1830. N’importe quel blanc, le plus antiraciste des antiracistes, le moins paternaliste des moins paternalistes, le plus sympa des sympas, devra subir comme les autres… Bientôt il sera trop tard: les blancs ne pourront plus rentrer dans un quartier comme c’est déjà le cas des organisations de gauche. Ils devront faire leurs preuves et seront toujours suspects de paternalisme. Aujourd’hui il y a encore des gens comme nous qui vous parlent encore. Mais demain, il n’est pas dit que la génération qui suit acceptera la présence des blancs.»

Et pourtant, comme elle le déclare sans mentir: «aujourd’hui, le P.I.R. rayonne dans toutes les universités». Et nul ne songe à demander sa dissolution.

Dans les campus et au sein de certains syndicats, la présence d’individus proches du PIR, est palpable autant que redoutable.

À ses côtés se tient Saïd Bouamama, de nationalité algérienne, «chercheur» auteur du livre Nique la France! La préface se présente comme une «bombe artisanale» «en voiles, keffiehs et casquettes à l’envers» au nom des «anticolonialistes, antisionistes et anticapitalistes».

En dos de couverture du livre le «sociologue» est présenté ainsi: «docteur en socio-économie, militant engagé dans les luttes de l’immigration pour l’égalité réelle des droits en France».

Il est directeur de recherche à l’IFAR situé à Villeneuve-d’Ascq. Le chercheur est payé pour ce travail par cet Institut de Formation des Agents de Recherche. Il ne fait l’objet d’aucune critique particulière et Mme Boudjema n’est pas un objet de grande contestation.

Bien au contraire, dans les campus et au sein de certains syndicats, la présence physique d’individus proches du PIR et qui n’ont pas grand chose d’autre à faire que d’impressionner, est palpable autant que redoutable.

Mais il n’y a pas qu’un islamo-gauchisme universitaire qui, s’il n’a pas perdu son pouvoir d’exclusion et de nuisance, est désormais dépourvu de tout magistère moral ou intellectuel.

Comment expliquer, que samedi matin sur l’antenne de France Inter la revue de presse de 8h45 débutait par les citations d’un article de Libération racontant les malheurs d’un Mohamed blessé à l’oeil par des policiers mais ne disait mot sur l’assassinat à Pau d’un humanitaire par un immigrant soudanais sans-papiers, sortant de prison après plusieurs condamnations pour délit de violence?

Pourtant, la presse écrite du samedi matin avait évidemment relaté le sujet, à commencer par le Figaro en première page. Pas davantage, le journal de 9h ne faisait allusion au drame tandis qu’il consacrait une chronique à des migrants Béninois.

Le meurtrier de Pau et sa victime n’avaient sans doute pas les bonnes couleurs à peindre qui en bourreau, qui en martyr.

J’affirme qu’il existe aussi un puissant islamo-gauchisme médiatique qui s’ignore.

L’islamo-gauchisme existe, je le rencontre tous les jours et à tous les carrefours.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel pour Dreuz.info.

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